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Le bar à poèmes
5 janvier 2024

Guy Goffette (1947 -2024) : Tant de choses

Guy Goffette (1947 -2024) : Tant de choses
Tant de choses Tu as laissé dans l’herbe et dans la boue tout un hiver souffrir le beau parasol rouge et rouiller ses arêtes, laissé la bise abattre la maison des oiseaux sans desserrer les dents, à l’abandon laisse les parterres de roses et sans soin...
24 novembre 2025

Nicolás Guillén (1901 - 1990) : Chant pour tuer un serpent

Nicolás Guillén (1901 - 1990) : Chant pour tuer un serpent
Chant pour tuer un serpent Mayombé*-bombé- mayombé ! Mayombé-bombé- mayombé ! Mayombé-bombé- mayombé ! Le serpent a des yeux de verre ; le serpent vient et s’enroule sur une branche ; avec des yeux de verre il s’enroule sur une branche avec des yeux de...
9 janvier 2021

Paol Keineg (1944 -) : « Je souris... » / « Mousc’hoarzhin a ran... »

Paol Keineg (1944 -) : « Je souris... » / « Mousc’hoarzhin a ran... »
Je souris Je m’invente un petit rire détaché Je ne termine pas mes phrases Je souris – Pour mieux huiler mes rapports sociaux Je fais semblant d’être un autre Et je souris Je m’invente trois ou quatre visages Devant derrière sur les côtés Qui parlent...
9 janvier 2020

Paol Keineg (1944 -) : Dahut

Paol Keineg (1944 -) : Dahut
Dahut Parce qu’ils n’ont pas compris que la vie est ce lourd sac de cailloux à faire passer de l’autre côté de la montagne, parce qu’ils n’ont pas compris que la vie est le combat du blaireau dans l’argile compacte, parce qu’ils n’ont pas compris que...
8 janvier 2025

Paol Keineg (1944 -) : Mauvaises langues (1-14)

Paol Keineg (1944 -) : Mauvaises langues (1-14)
© Alan Guichaoua Mauvaises langues Journal de deux années A la mémoire de Maurice Nadeau et d’Anne Sarraute, à Serge Fauchereau et Yolande Rasle, à Jocelyne Fauchereau 1. Faire glisser sa plume sur les méchancetés du monde – il faudrait être fou de ne...
2 janvier 2025

Nelly Sachs (1891 – 1970) : Celle qui se met en quête / Die Suchende

Nelly Sachs (1891 – 1970) : Celle qui se met en quête / Die Suchende
Celle qui se met enquête I Depuis l’orchestre de danse orageux où les notes s’envolent de leur nid noir pour se suicider celle sous l’emprise de la souffrance parcourt le triangle magique de sa quête là où le feu est effeuillé l’eau atteinte pour la noyade...
16 septembre 2017

Nelly Sachs (1891 – 1970) : « Rêve surcroît du dormeur… / « Traum der den Schlafenden

Nelly Sachs (1891 – 1970) : « Rêve surcroît du dormeur… / « Traum der den Schlafenden
R êve surcroît du dormeur empaquetée de visions flotte la lettre Spirale ellipse cercle nourrissons du temps membres morts secoués dans les tortures les explosions les guerres croissant à nouveau – Je t’aime comme tous les nuages qui passent comme tous...
7 janvier 2019

Kazimierz Brakoniecki (1952 -) : Varmie

Kazimierz Brakoniecki (1952 -) : Varmie
Varmie Indicible est la joie du bouvreuil sur une petite branche de peuplier, dans la lumière de février près du lac gelé, glaçon de laine blanche, près des décombres laissés par la guerre dans les carcasses des saules, sur les scories ramollies au dégel,...
31 décembre 2020

Casimiro de Brito (1938 -) : Dimanche / Domingo

Casimiro de Brito (1938 -) : Dimanche / Domingo
Dimanche Je m’assieds au bord de la ville et j’entends La rumeur du sang l’érosion de l’argile Comme si tout ce mystère n’était rien d’autre que La mer Devant mon corps assis La musique la lumière matérielle où tout est moi où tout m’est donné Et rigoureusement...
30 décembre 2024

Casimiro de Brito (1938 -) : « A Delphes, sur la terrasse de l’hôtel... » / « Em Delfos, no teraço do hotel... »

Casimiro de Brito (1938 -) : « A Delphes, sur la terrasse de l’hôtel... » / « Em Delfos, no teraço do hotel... »
A Delphes, sur la terrasse de l'hôtel je fus un cheval aimant et je chante encore la barque aux flancs légers qui m’a fait retrouver la saveur antique, la saveur primitive. A l’ombre des oliviers la terre s’est ouverte au ciel, à la lumière des eaux que...
31 décembre 2022

Dylan Thomas (1914 – 1953) : « Reste immobile, dors dans l’accalmie... » / « Lie still, sleep becalmed...

Dylan Thomas (1914 – 1953) : « Reste immobile, dors dans l’accalmie... » / « Lie still, sleep becalmed...
Auustus John : huile sur toile, 1937 (Bridgeman Art Library) Reste immobile, dors dans l’accalmie, souffrant ave la blessure Dans la gorge, qui brûles et fais retour. Toute la nuit à flot Sur l’océan de silence nous avons perçu le son Qui venait de la...
30 décembre 2017

Dylan Thomas (1914-1953) : « Surtout quand le vent d’octobre… » / Especially when the October wind…”

Dylan Thomas (1914-1953) : « Surtout quand le vent d’octobre… » / Especially when the October wind…”
Surtout quand le vent d’octobre Avec ses doigts de givre flagelle mes cheveux, Pris aux griffes du soleil je marche sur le feu Et jette sur la terre la griffe de mon ombre, Par le bord de mer, j’entends bruire les oiseaux, Et tousser le corbeau dans les...
25 décembre 2024

Jean Tardieu (1903 – 1995) : L’Homme qui n’y comprend rien

Jean Tardieu (1903 – 1995) : L’Homme qui n’y comprend rien
L’Homme qui n’y comprend rien Telle chose vient Bien souvent les hommes telle autre se passe se trouvent mêlés telle autre s’en va. à leur propre vie Ne trouvez-vous pas sans avoir compris qu’on n’y comprend rien ? ce qui s’est passé Tenez une histoire...
22 novembre 2020

Giovambattista Marino (1569 – 1625) : Polyphème et Galatée

Giovambattista Marino (1569 – 1625) : Polyphème et Galatée
Polyphème et Galatée « Je suis laid, mais qu’importe ! Et même si ma barbe N’est qu’un roncier piquant qui couvre mon visage, Si ma poitrine et mon dos sont noirs et toisonnent, Si mes cheveux ne sont qu’une épaisse broussaille Ne me méprise point, mon...
8 octobre 2015

Odyssèas Elytis / Οδυσσέας Ελύτης (1911 – 1996) : Six plus un remords pour le ciel

Odyssèas Elytis / Οδυσσέας Ελύτης (1911 – 1996) : Six plus un remords pour le ciel
A Gina Politis L’ignorant et la belle Souvent, dans le Sommeil Vespéral, son âme prenait en face des montagnes une légèreté, malgré le jour pesant et le lendemain obscur. Mais, quand la nuit tombait et que la main du prêtre apparaissait au-dessus du jardinet...
23 novembre 2020

Odyssèas Elytis / Οδυσσέας Ελύτης (1911 – 1996) : Elégie de Grüningen

Odyssèas Elytis / Οδυσσέας Ελύτης (1911 – 1996) : Elégie de Grüningen
Elégie de Grüningen A la mémoire de Friedrich von Hardenberg Forêts de Rhénanie arrêtées voilà tant d’années en moi Rappelées à présent comme par le cor d’un chasseur Arbres généalogiques et blasons qu’à douze ans je découvrais sans le vouloir Es war...
23 novembre 2024

Odyssèas Elytis / Οδυσσέας Ελύτης (1911 – 1996) : A Ephèse

Odyssèas Elytis / Οδυσσέας Ελύτης (1911 – 1996) : A Ephèse
Odysseas Elytis en 1973, Archive Mario Vitti, A Ephèse Libres à côté de moi courent les vignes et le ciel demeure Débridé. Les pignes échangent des incendies et un Âne échappé grimpe là-haut pour un bout de nuage En cette Sainte-Héraclite il doit se passer...
23 novembre 2025

Odyssèas Elytis / Οδυσσέας Ελύτης (1911 – 1996) : Sept Nocturnes de Sept Vers

Odyssèas Elytis / Οδυσσέας Ελύτης (1911 – 1996) : Sept Nocturnes de Sept Vers
Odysseas Elytis chez son ami T é riade en France, 1951. Photo par Henri-Cartier Bresson. Source : Departement des Alpes Maritimes. Saint Jean Cap Ferrat. Sept Nocturnes de Sept Vers I Des rêves et des rêves encore sont venus Pour l’anniversaire des jasmins...
23 novembre 2023

Odyssèas Elytis / Οδυσσέας Ελύτης (1911 – 1996) :Le monogramme .III / Το Μονόγραμμα. III

Odyssèas Elytis / Οδυσσέας Ελύτης (1911 – 1996) :Le monogramme .III / Το Μονόγραμμα. III
Le monogramme III Ainsi je parle de toi et de moi Puisque je t’aime et dans l’amour je sais Entrer comme la Pleine Lune Pour ton petit pied dans les vastes draps Je sais effeuiller le jasmin – et j’ai le pouvoir Lorsque tu t’endors, de souffler et de...
23 novembre 2022

Odyssèas Elytis / Οδυσσέας Ελύτης (1911 – 1996) : « Je pleure le soleil... »

Odyssèas Elytis / Οδυσσέας Ελύτης (1911 – 1996) : « Je pleure le soleil... »
Odysseas Elýtis en 1974 Je pleure le soleil et pleure les années qui viennent Sans nous et je chante celles qui sont passées Si tout cela est vrai Les dialogues des corps et les barques avec douceur entrechoquées Les guitares sous les eaux éteintes et...
22 novembre 2019

Giovambattista Marino (1569 - 1625) : Ciel et mer / Tranquillita notturna

Giovambattista Marino (1569 - 1625) : Ciel et mer / Tranquillita notturna
Ciel et mer Craton, songe à la mer maintenant que son flot S’assoupit sur la grève et que le vent se tait ; Vois la nuit dans le ciel déployer son manteau Noir et bleu, fastueux, éclaboussé de gemmes. Contemple toute nue et sans la moindre nue Nager dans...
22 novembre 2024

Giovambattista Marino (1569 – 1625) : Madrigaux (5, 7, 8, 11, 12, 17, 27, 30, 32, 35, 38, 39, 42, 46)

Giovambattista Marino (1569 – 1625) : Madrigaux (5, 7, 8, 11, 12, 17, 27, 30, 32, 35, 38, 39, 42, 46)
Madrigaux (extraits de Rimes, IIe partie) V Scherzo tiré de l ’Amour fugitif de Moschus J ’ai entendu, Vénus, Que loin de ton sein, Fugitif, ton fils se cache, Et que tu promets un baiser A qui te le retrouve. Ne soupire plus belle Déesse : Si tu cherches...
6 juillet 2015

Yorgos Markopoulos / Γιώργος Μαρκόπουλος (1951 - ) : L’étranger

Yorgos Markopoulos / Γιώργος Μαρκόπουλος (1951 - ) : L’étranger
L’Etranger Car l’étranger dans la journée ne connaît pas la ville. L’étranger la connaît le soir, quand elle dort. Il repart au matin, l’air dur de qui a cherché en vain. Toi qui l’aimas un jour quand tu le verras passer devant ta porte, donne-lui un...
14 février 2019

Yorgos Markopoulos / Γιώργος Μαρκόπουλος (1951 -) : « Mer en hiver... »

Yorgos Markopoulos / Γιώργος Μαρκόπουλος (1951 -) : « Mer en hiver... »
Mer en hiver délaissée des humains. Asseyons-nous là un instant, bien sages. Comme dans l’enfance à la fête de l’école. Comme les invités dans la cour aux fiançailles de grand-mère, un dimanche de juin 1930. Comme les deux étrangers à la gare de Corinthe...
24 novembre 2021

Yehuda Amichaï (1924 – 2000) / יהודה עמיחי : Les mots sont des marches.

Yehuda Amichaï (1924 – 2000) / יהודה עמיחי : Les mots sont des marches.
Yehuda Amichaï vu par Morag Kligvasser Les mots sont des marches Quand le gravier cessera de crisser sur les chemins j’oublierai jusqu’au rappel de ma peine : les mains tendues ver le cœur d’étonnement, jardin étendu jusqu’aux limites de la nuit une bouche...
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