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Le bar à poèmes
17 décembre 2018

Roger Caillois (1913 – 1978) : Dédicace

Roger Caillois (1913 – 1978) : Dédicace
Dédicace Je parle de pierres qui ont toujours couché dehors ou qui dorment dans leur gîte et la nuit des filons. Elles n’intéressent ni l’archéologue ni l’artiste ni le diamantaire. Personne n’en fit des palais, des statues, des bijoux ; ou des digues,...
20 octobre 2018

Tristan Corbière (1845 – 1875) : Petit mort pour rire

 Tristan Corbière (1845 – 1875) : Petit mort pour rire
Petit mort pour rire Va vite, léger peigneur de comètes ! Les herbes au vent seront tes cheveux ; De ton oeil béant jailliront les feux Follets, prisonniers dans les pauvres têtes... Les fleurs de tombeau qu'on nomme Amourettes Foisonneront plein ton...
19 octobre 2018

Maodez Glanndour (1909 – 1986) : Iles bretonnes sous la neige / An erc’h war enezeg

Maodez Glanndour (1909 – 1986) : Iles bretonnes sous la neige / An erc’h war enezeg
Iles bretonnes sous la neige Serait-ce que dans la nuit sont descendus Les cygnes tout blancs du Nord Et qu’ils dorment sur la mer, engourdis, Tête pliée sous leur plumage ? Non pas des cygnes mais la neige Qui est tombée ailée sur les îles. N’y a dans...
12 décembre 2018

Gilberte H. Dallas (1918 – 1960) : « Les ancolies d’ébène... »

Gilberte H. Dallas (1918 – 1960) : « Les ancolies d’ébène... »
Y Les ancolies d’ébène guettent la mourante dévorée par la pluie Les rues la serrent l’enlacent Elle marche dans la jungle de béton Elle tend son corps comme une phrase délavée. Elle titube celle qui aurait pu être ma mère Elle titube la mère qui n’a...
11 décembre 2018

Georges Fagus (1872 – 1933) : « Pourquoi, Seigneur... »

Georges Fagus (1872 – 1933) : « Pourquoi, Seigneur... »
- Pourquoi, Seigneur, les hirondelles, Si bas, puis si haut volent-elles : Qu’en savent-elles, Qu’en sais-je ? rien. Et moi, pourquoi gai, puis morose, Pourquoi mes vers, pourquoi ma prose, Pourquoi sous mes doigts cette rose, Qu’en sais-je ? rien. (Du...
6 décembre 2018

Maurice Roche (1924 – 1997) : « La douleur qui, peut-être... »

Maurice Roche (1924 – 1997) : « La douleur qui, peut-être... »
La douleur qui, peut-être, la bosse humide à cet endroit a provoqué le cauchemar em- du plan correspond dans la pêche que l’on se rendorme. réalité à un tertre – les ser – On ne sait plus. On a la joue vices topographiques qui ont droite enflée par un...
4 décembre 2018

Antonio Gamoneda (1931 -) : « Il existait tes mains... » / « Existían tus manos... »

Antonio Gamoneda (1931 -) : « Il existait tes mains... » / « Existían tus manos... »
Il existait tes mains. Un jour le monde devint silencieux ; les arbres, là-haut, étaient profonds et majestueux, et nous sentions sous notre peau le mouvement de la terre. Tes main furent douces dans les miennes et j’ai senti en même temps la gravité...
3 décembre 2018

Jacques Lacarrière (1925 – 2005) : Mémoire fourragère

Jacques Lacarrière (1925 – 2005) : Mémoire fourragère
Mémoire fourragère Fétu d'abord dans la grossesse des vents. Puis les jeux d'une enfance herbagère. Je grandis à l'école des pailles et j'eus le premier Prix de fenaison. Après quoi, je quittai l'été. Je me souviens de deux ou trois orages sur ma tige....
2 décembre 2018

Virginia Pésémapéo – Bordeleau (1951 -) : « Je suis de promiscuité... »

Virginia Pésémapéo – Bordeleau (1951 -) : « Je suis de promiscuité... »
Je suis de promiscuité, de trois enfants par lit. Je suis de fierté farouche, de confort et d’indifférence. Je suis de demi-frères suicidés dans leur silence des réserves. Je suis de demi-frères criards qui veulent et la chèvre et le chou. Je suis de...
28 novembre 2018

Wolfdietrich Schnurre (1920 -1989) : Harangue du policier de banlieue pendant sa ronde du matin / Ansprache des vorortpolizisten

Wolfdietrich Schnurre (1920 -1989) : Harangue du policier de banlieue pendant sa ronde du matin / Ansprache des vorortpolizisten
Harangue du policier de banlieue pendant sa ronde du matin Tu habites dans la rosée, dans le cri de la sittelle au-dessus des jardins, dans le cauchemar du mouchard et le rail conducteur du train de banlieue. Tu souffles le brouillard dans la vallée,...
26 novembre 2018

Roberto San Geroteo (1951-) : (fin de sieste, 3)

Roberto San Geroteo (1951-) : (fin de sieste, 3)
(fin de sieste,3) sur le bord du lit comme au bord de la rivière. tu vois le sol, la poussière, leurs visa - ges changeants : tu poursuis encore un rêve, une parole, comme enterrée en toi, dans l’air qui manque déjà, qui coulerait de source dans la bouche,...
2 octobre 2018

Taha Muhammad Ali (1931 - 2011) / طه محمد علي : Quarante ans après la destruction d’un village

Taha Muhammad Ali (1931 - 2011) / طه محمد علي : Quarante ans après la destruction d’un village
Quarante ans après la destruction d’un village Le passé sommeille à côté de moi Comme le tintement Près (auprès ?) de sa grand-mère la cloche. L’amertume me poursuit Comme les poussins poursuivent Leur mère la poule. Et l’horizon... Cette paupière fermée...
24 novembre 2018

John Ashbery (1927- 2017) : Grand galop

John Ashbery (1927- 2017) : Grand galop
Grand galop Toutes les choses paraissent citations d’elles-mêmes Et les noms qui s’embranchent à elles s’affourchent à d’autres référents. En gros, le printemps, de nouveau existe. Le weigela recommence sa chose poussière Dans l’air martelé par le feu....
22 novembre 2018

Claude Vaillant (1924 – 2004) : « Pour aller plus avant ... »

Claude Vaillant (1924 – 2004) : « Pour aller plus avant ... »
Pour aller plus avant, il faut s’enténébrer d’orphidiennes racines ; vivre avec la vipère : sagesse de la pierre où le soleil s’enferme ; sagesse de la terre, de la pluie et du vent. Il faut se mélanger aux crapauds des étangs qui disent avec leurs flûtes...
21 novembre 2018

Roger Kowalski (1934 – 1975) : « Les roses eurent un flamboiement secret... »

Roger Kowalski (1934 – 1975) : « Les roses eurent un flamboiement secret... »
Les roses eurent un flamboiement secret près des cèdres – nous vous regardions mourir ; l’automne allait venir avec les grands orages, les vols d’oiseaux transparents, la voix des chiens à l’abandon, les villes au nord où longtemps avant l’aube grondent...
29 septembre 2018

Léon – Gontran Damas (1912 – 1978) : « Je suis né disais-tu... »

 Léon – Gontran Damas (1912 – 1978) : « Je suis né disais-tu... »
- Je suis né disais-tu au bout tout au bout du monde là-bas entre la Montagne Tigre et le Fort-Cépérou qui regarde la Mer dîner de soleil de palétuviers et d’algues à l’heure où la nuit tombe sans crier gare au crépuscule Du vieux Dégradé-des-Cannes témoin...
19 novembre 2018

Richard Rognet (1942 -) : Elégie pour le temps de vivre (III)

Richard Rognet (1942 -) : Elégie pour le temps de vivre (III)
Elégie pour le temps de vivre (III) .............................................................................................. Qui me dira, avec la rosée qui clignote dans le matin humide, qui me dira où se trouve l’entrée de la lumière ? Qui ? Je...
18 novembre 2018

Voltaire (1694 -1778) : A Madame Lullin

 Voltaire (1694 -1778) : A Madame Lullin
A Madame Lullin Hé quoi ! vous êtes étonnée Qu’au bout de quatre-vingts hivers, Ma muse faible et surannée Puisse encor fredonner des vers ? Quelquefois un peu de verdure Rit sous les glaçons de nos champs ; Elle console la nature, Mais elle sèche en...
24 septembre 2018

Amir Gilboa/ אמיר גלבע (1984 – 1917) : « Très loin à perte de vue... »

Amir Gilboa/ אמיר גלבע (1984 – 1917) : « Très loin à perte de vue... »
Très loin à perte de vue la vie bouillonne. Tout le monde habillé de fête les hommes et les femmes. Et les fleurs d’amandier fleurissent sur les cannes des hommes Et une calme brise matinale murmure aux yeux des femmes. Et la mort n’a pas de vie et la...
15 novembre 2018

Mikhaïl Iourievitch Lermontov / Михаил Юрьевич Лермонтов (1814 – 1841) : Monologue / Монолог

Mikhaïl Iourievitch Lermontov / Михаил Юрьевич Лермонтов (1814 – 1841) : Monologue / Монолог
Monologue Non, crois-moi, n’être rien est un bien en ce monde : A quoi bon le savoir, le désir de la gloire, Le talent ou l’ardent amour de vivre libre Si nous ne pouvons pas en faire usage ? Enfants du Nord, Comme le font nos plantes, A peine en fleur,...
14 novembre 2018

Jean Malrieu (1915 – 1976) : Le plus beau jour

 Jean Malrieu (1915 – 1976) : Le plus beau jour
Le plus beau jour S’il pouvait faire un temps à mettre un chien dehors Si je pouvais avoir un cœur à fendre pierre Si l’amour devenait plus lâche que la mort Si nous étions des morts pour parler de la vie Si nous étions heureux pour ne plus rien nous...
11 novembre 2018

Jules Supervielle (1884 – 1960) : Prière à l’inconnu

Jules Supervielle (1884 – 1960) : Prière à l’inconnu
Prière à l’inconnu Voilà que je me surprends à t'adresser la parole, Mon Dieu, moi qui ne sais encore si tu existes Et ne comprends pas la langue de tes églises chuchotantes, Je regarde les autels, la voûte de ta maison Comme qui dit simplement : « voilà...
10 novembre 2018

Rémy de Gourmont (1858 – 1915) : Les cheveux

Rémy de Gourmont (1858 – 1915) : Les cheveux
Les cheveux Simone, il y a un grand mystère Dans la forêt de tes cheveux. Tu sens le foin, tu sens la pierre Où des bêtes se sont posées ; Tu sens le cuir, tu sens le blé, Quand il vient d'être vanné ; Tu sens le bois, tu sens le pain Qu'on apporte le...
5 novembre 2018

Claire Genoux (1971 -) : Carrouge

Claire Genoux (1971 -) : Carrouge
Carrouge Le ciel vide de novembre m’a dicté cette halte d’un geste sûr j’entre et c’est à droite dans le cimetière carré la pierre dans les graviers gris les plantes en touffes calmes et sèches le nom effacé dans la pierre c’est alors que je devine votre...
3 novembre 2018

Pei Di / 裴迪 (714 - ?) : La crête de Huazi

Pei Di / 裴迪 (714 - ?) : La crête de Huazi
La crête de Huazi Au soleil couchant dans les pins le vent se lève, Séchant l’herbe humide sur le chemin du retour. Le feu des nuages glisse jusque sous mes pas, Le bleu des montagnes vient effleurer mes habits. Traduit du chinois par Jean-Pierre Diény...
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