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Le bar à poèmes
25 mars 2022

Simonides de Kéos / Σιμωνίδης ὁ Κεῖος (556 – 467 avant J.C.) : Les morts des Thermopyles

Simonides de Kéos / Σιμωνίδης ὁ Κεῖος (556 – 467 avant J.C.) : Les morts des Thermopyles
Les morts des Thermopyles Ceux qui sont morts aux Thermopyles Connaissent et la gloire et le sort le plus beau, Car ils ont des autels et non pas des tombeaux, Non pas des larmes, mais des hymnes, Nos louanges au lieu de nos gémissements, Et la rouille...
22 mars 2022

Marceline Desbordes-Valmore (1786 – 1859) : Ma chambre

Marceline Desbordes-Valmore (1786 – 1859) : Ma chambre
Ma chambre Ma demeure est haute, Donnant sur les cieux ; La lune en est l’hôte, Pâle et sérieux : En bas que l’on sonne, Qu’importe aujourd’hui ? Ce n’est plus personne, Quand ce n’est plus lui ! Aux autres cachée, Je brode mes fleurs ; Sans être fâchée,...
21 mars 2022

André Chénier (1762 – 1794) : « Aujourd'hui qu'au tombeau... »

André Chénier (1762 – 1794) : « Aujourd'hui qu'au tombeau... »
Elégie XXV Aux frères de Pange Aujourd'hui qu'au tombeau je suis prêt à descendre, Mes amis, dans vos mains je dépose ma cendre. Je ne veux point, couvert d'un funèbre linceul, Que les pontifes saints autour de mon cercueil, Appelés aux accents de l'airain...
20 mars 2022

Charles d'Orléans, (1394 -1465) : « Las ! Mort, qui t'a fait si hardie... »

Charles d'Orléans, (1394 -1465) : « Las ! Mort, qui t'a fait si hardie... »
Las ! Mort, qui t'a fait si hardie De prendre la noble Princesse Qui était mon confort, ma vie, Mon bien, mon plaisir, ma richesse ! Puisque tu as pris ma maîtresse, Prends-moi aussi son serviteur, Car j'aime mieux prochainement Mourir que languir en...
17 mars 2022

Thibaud de Champagne (1201 – 1253) : « Je pensais me séparer... » / « Je me cuidoie partir... »

Thibaud de Champagne (1201 – 1253) : « Je pensais me séparer... » / « Je me cuidoie partir... »
I Je pensais me séparer D’Amour, mais n’en ai pas la force ; Les doux maux du souvenir, Qui nuit et jour ne me manquent, Le jour me donnent maint assaut Et la nuit je ne puis dormir, Mais je me plains, et pleure, et soupire. Dieu ! je brûle tant que je...
9 mars 2022

Claude Roy (1915 – 1997) : La Poursuivie

Claude Roy (1915 – 1997) : La Poursuivie
La Poursuivie Je te poursuis encore sur le versant des songes mais tu glisses de moi comme sable en la main et comme un coquillage invente son mensonge la courbe de ton corps esquive ton dessein Je te traque et tu fuis Je te perds et tu plonges Les forêts...
16 mars 2022

Nicolas Kurtovitch (1955 -) : Frère

Nicolas Kurtovitch (1955 -) : Frère
Frère Frère Donne-moi ton cheval Et un peu du produit de ton expédition Je veux descendre plus au Sud On m’a dit que j’y retrouverai d’autres hommes Frère Donne-moi de ton herbe Que je puisse soigner mes blessures Et voyager loin J’aborde une terre nouvelle...
15 mars 2022

Le Chatelain de Coucy (1186 – 1203) : « Lorsque l’été et la douce saison... »

Le Chatelain de Coucy (1186 – 1203) : « Lorsque l’été et la douce saison... »
Le Châtelain de Coucy, frontispice des Mémoires historiques sur Raoul de Coucy de J. B. de Laborde. Lorsque l’été et la douce saison Font feuille et fleur et les prés reverdir, Et le doux chant des menus oisillons Fait à plusieurs de joie se souvenir,...
11 mars 2022

Daniel Biga (1940 -) : Oiseaux mohicans

Daniel Biga (1940 -) : Oiseaux mohicans
Oiseaux mohicans Quand on meurt a-t-on le DROIT de radoter sa vie ? Et dans le fauteuil du car je m’assieds dans la chaleur d’un autre je découpe un article idiot dans le Niçois du Matin (à Jouy est Brigitte son bureau ouvert sur les prairies et les taureaux...
1 mars 2022

Yòrgos Sefèris / Γιώργος Σεφέρης (1900 - 1971) : « Mais que cherchent-elles, nos âmes... » / « Μα τί γυρεύουν οι ψυχές...

Yòrgos Sefèris / Γιώργος Σεφέρης (1900 - 1971) : « Mais que cherchent-elles, nos âmes... » / « Μα τί γυρεύουν οι ψυχές...
Mais que cherchent-elles, nos âmes à voyager ainsi Sur des ponts de bateaux délabrés, Entassées parmi des femmes blêmes et des enfants qui pleurent, Que ne peuvent distraire ni les poissons volants Ni les étoiles que les mâts désignent de leur pointe...
27 février 2022

Clod’Aria (1916 – 2015) : « Depuis qu’il était gaga... »

Clod’Aria (1916 – 2015) : « Depuis qu’il était gaga... »
Depuis qu’il était gaga qu’elle le poussait dans une petite voiture son Don Juan elle était soulagée l’épouse soulagée tranquille souriante il était là bien à elle comme un bébé il n’irait plus jamais la tromper (Voir vivre, 1977) Poèmes choisis Plein...
22 novembre 2017

Claude Vaillant (1924 – 2004) : Frontière

Claude Vaillant (1924 – 2004) : Frontière
Frontière Pour Lucette et Gilles FOURNEL 1 Où veut le vent mener sa cécité : le vent la mène ; et sa voix rauque - à travers rocs et ronces – interpelle au hasard et se rie des réponses et des plaintes de l’eau qu’il lacère en hurlant. 2 Mais l’homme...
26 février 2022

Monchoachi (1946 -) : L’eau (I-V)

Monchoachi (1946 -) : L’eau (I-V)
L’eau Ecoute l’eau, Ecoute l’eau et sache écouter, Connais au rythme fondal-natal, Entends la mesure du sein même de la démesure, Entends le jaillissement, le surgissement, Entends la parole, connais la jubilation, Entends ce qui coule, s’écoule, bondit,...
17 février 2022

Yannis Ritsos / Γιάννης Ρίτσος (1909- 1990) : « Maisons blanches... »

Yannis Ritsos / Γιάννης Ρίτσος (1909- 1990) : « Maisons blanches... »
Maisons blanches, toutes blanches, les tuiles abricot, les volets bleus, les chevaux cannelle dans la cour, les blancs dans le champ vert les balcons d’or et la mer. Les mules sur la pente dans les pierres et les petits ânes dans les épines, nattes de...
14 février 2022

François Maynard (1582 – 1646) : « Déserts où j'ai vécu... »

François Maynard (1582 – 1646) : « Déserts où j'ai vécu... »
Déserts où j'ai vécu dans un calme si doux, Pins qui d'un si beau vert couvrez mon ermitage, La cour depuis un an me sépare de vous, Mais elle ne saurait m'arrêter davantage. La vertu la plus nette y fait des ennemis ; Les palais y sont pleins d'orgueil...
13 février 2022

Bernart de Ventadorn (1125 – 1200) : « Chanter ne peut guère valoir... » / « Chantars no pot gaire valer... »

Bernart de Ventadorn (1125 – 1200) : « Chanter ne peut guère valoir... » / « Chantars no pot gaire valer... »
Chanter ne peut guère valoir si du fond du cœur ne monte le chant et le chant ne peut monter du cœur si en lui il n’y a amour de cœur c’est pourquoi je chante parfaitement car en la joie d’amour j’ai engagé la bouche les yeux le cœur le sens Que jamais...
11 février 2022

Jayadeva / जयदेव (vers 1170- vers 1245) : « Si tu parles... »

Jayadeva / जयदेव (vers 1170- vers 1245) : « Si tu parles... »
L'idole de Jayadeva à Kendubilwa, Odisha (Inde) Si tu parles, - oh, si peu ! – le clair de lune de tes dents éclatantes emporte au loin l’horreur des ténèbres redoutables. Pour le nectar de tes lèvres frémissantes, ta face, telle la lune, amorce mes regards...
9 février 2022

Selma Meerbaum-Eisinger (1924 – 1942) : « Ô toi, sais-tu comment crie un corbeau ?... » / « Du, weißt du, wie ein Rabe schreit ?

Selma Meerbaum-Eisinger (1924 – 1942) : « Ô toi, sais-tu comment crie un corbeau ?... » / « Du, weißt du, wie ein Rabe schreit ?
Zu Klampen Verlag - Selma Merbaum Ô toi, sais-tu comment crie un corbeau ? Et comment la nuit, blême, effrayée, Ne sait plus par où s’enfuir ? Sais-tu comment, anxieuse, elle ne sait plus Si c’est son règne ou si ce n’est plus son règne, Si elle appartient...
3 février 2022

José Gutiérrez (1955 -) : Miroir des jours

José Gutiérrez (1955 -) : Miroir des jours
Miroir des jours (Juan Gil-Albert) Devant le miroir tu regardes tomber le jour. La lumière peu à peu se cache, qui annonce ton abattement aux confins des heures. Car la peau s’épuise à vouloir toujours attendre une autre peau et son naufrage, et comment...
2 février 2022

Kikí Dimoulá / Κική Δημουλά (1931 - 2020) : Signe de reconnaissance / Σημείο Αναγνωρίσεως

Kikí Dimoulá / Κική Δημουλά (1931 - 2020) : Signe de reconnaissance / Σημείο Αναγνωρίσεως
Signe de reconnaissance Statue de femme aux mains liées Tout le monde t’appelle aussitôt statue et moi aussitôt je te donne le nom de femme. Tu décores un jardin public. De loin tu nous trompes. On te croirait légèrement redressée pour te souvenir d’un...
20 janvier 2022

Llywarch-Hen (vers 490 – vers 590) : Les calendes de l’hiver

Llywarch-Hen (vers 490 – vers 590) : Les calendes de l’hiver
Les calendes de l’hiver Aux calendes d’hiver, le grain est dur, les feuilles mortes frémissent, la mare est pleine dès le matin avant le réveil. Malheur à qui se fie à l’étranger. Aux calendes d’hiver voici le temps où l’on reste en sa maison, le vent...
29 janvier 2022

Clemens Brentano (1778 – 1842) : « Il y a longtemps ce me semble... » / « Es sang vor langen Jahren... »

Clemens Brentano (1778 – 1842) : « Il y a longtemps ce me semble... » / « Es sang vor langen Jahren... »
Il y a longtemps ce me semble, Le rossignol chantait aussi ; Comme il était doux de l’entendre Au temps où nous étions ensemble. Je chante et ne puis pas pleurer, Et file à mon rouet, si seule, Mon fil limpide et pur Tant que brillera la lune. Quand ensemble...
25 janvier 2022

Antonin Artaud (1896 – 1948) : La momie attachée

Antonin Artaud (1896 – 1948) : La momie attachée
Autoportrait, Décembre 1946 La momie attachée Tâtonne à la porte, l’œil mort et retourné sur ce cadavre, ce cadavre écorché que lave l’affreux silence de ton corps. L’or qui monte, le véhément silence jeté sur ton corps et l’arbre que tu portes encore...
24 janvier 2022

André Du Bouchet (1924 – 2001) : Face de la chaleur

André Du Bouchet (1924 – 2001) : Face de la chaleur
Eau-forte d' Alberto Giacometti,pour le frontispice de "Dans la chaleur vacante"1961 Face de la chaleur BATTANT L a meule de l’autre été scintille. Comme la face de la terre qu’on ne voit pas. Je reprends ce chemin qui commence avant moi. Comme un feu...
22 janvier 2022

Gibran Khalil Gibran (1883 – 1931) / جبران خليل جبران : « Une femme qui tenait un nouveau-né... »

Gibran Khalil Gibran (1883 – 1931) / جبران خليل جبران : « Une femme qui tenait un nouveau-né... »
Une femme qui tenait un nouveau-né contre son sein dit : Parle-nous des Enfants. Il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles du désir de la Vie pour elle-même. Ils passent par vous mais ne viennent pas de vous, Et bien...
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