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Le bar à poèmes
7 novembre 2020

Blas de Otero (1916 – 1979) : Automne / Otoño

Blas de Otero (1916 – 1979) : Automne / Otoño
Automne Terre rongée par la guerre, triste et malheureuse Espagne, je te contemple en ce matin d’octobre, le ciel a la couleur de l’acier rouillé, les premiers froids coupent les feuilles jaunes, patrie de ma vie errante, coteaux rouges de Ciudad Real,...
25 octobre 2020

Allen Ginsberg (1926 – 1997) : Song

Allen Ginsberg (1926 – 1997) : Song
Song Le poids du monde est amour. Sous le fardeau de solitude, sous le fardeau d’insatisfaction le poids, le poids que nous portons est amour. Qui peu nier ? Rêvé il touche le corps, pensé construit un miracle, imaginé angoisse jusqu’à naissance dans...
31 octobre 2020

Biagio Marin (1891 – 1985) : « Mistral d’été... » / « Maistral d’istàe... »

Biagio Marin (1891 – 1985) : « Mistral d’été... » / « Maistral d’istàe... »
Mistral d’été donne-moi encore des ailes maintenant que les journées me descendent dans l’âme. Fais-moi voile tendue fais-moi son de clocher qu’une terre lointaine à sa table m’accueille. Rien peut-être que pluie tombant sur unjardin rafraîchir les parterres...
27 octobre 2020

Jean Joubert (1928 – 2015) : « Silence, chiens !.. »

 Jean Joubert (1928 – 2015) : « Silence, chiens !.. »
A Luis Bunuel I Silence, chiens ! Dans le silence de nos terres, ils sont venus, meute après meute, tout briser Et comme grêle au vent d’avril on entendait crisser leurs griffes aux vitres de l’attente. Leur haleine empuantit jusqu’à l’eau vierge des...
26 octobre 2020

Pierre Unik (1910 – 1945) : Appel

Pierre Unik (1910 – 1945) : Appel
Appel Nous marchions insensibles au décor bariolé Dans la ville inconnue livrée aux hommes d’armes Les hautes maisons noires éclaboussées de feu Muettes comme la peur Dérivaient au large La cavalerie des nuages lourdement chevauchait les crêtes Cà et...
24 octobre 2020

Raimbaut de Vaqueyras (vers 1150 – vers 1207) : « Ne me plaisent hiver ni printemps... » / « No m'agrad' iverns ni pascors... »

Raimbaut de Vaqueyras (vers 1150 – vers 1207) : « Ne me plaisent hiver ni printemps... » / « No m'agrad' iverns ni pascors... »
Extrait d'un recueil de chansons de troubadours. BNF, Manuscrits français 854. Ne me plaisent hiver ni printemps, Ni ciel clair ni feuilles de chênes, Mon succès me semble infortune, Toutes mes joies se font douleur, Et sont tourments tous mes plaisirs,...
17 octobre 2020

Jacques Lovichi (1937 – 2018) : Jardin

Jacques Lovichi (1937 – 2018) : Jardin
Jardin la fourmi qui sur le tronc se hâte ne sait jamais d’où va jaillir la mort ocre est le mur et ligneuses les herbes deux abricots pourrissent sous le feuilles un hanneton se heurte à chaque souche en vrombissant comme un hélicoptère sur le dallage...
22 octobre 2020

Jaufre Rudel (1110/1130 – 1148/1170) : « Ne sait chanter qui ne dit rien... » / « No sap chantar qui so non di... »

Jaufre Rudel (1110/1130 – 1148/1170) : « Ne sait chanter qui ne dit rien... » / « No sap chantar qui so non di... »
Ne sait chanter qui ne dit rien Ni vers trouver qui ne dit mot Nul ne sait comment il va des vers Si leur mouvement ne l’anime Ainsi commence ici mon chant Plus l’ouïrez, plus il plaira. Que nul de moi ne s’émerveille : J’aime qui jamais me verra, D’autre...
20 octobre 2020

Jacques Dupin (1927 – 2012) : Malevitch

Jacques Dupin (1927 – 2012) : Malevitch
Malevitch Fatal / comme en un glissement pur violent / premier visage diagone percer ce rempart et jaillir / que le rouge et le blanc s’affrontent / et s’annulent que le noir coupe le blanc / et que le blanc revienne du bord / ou de l’absence de limites...
16 octobre 2020

Georges Perros (1923 – 1978) : « Cette légère envie de se saouler... »

Georges Perros (1923 – 1978) : « Cette légère envie de se saouler... »
Cette légère envie de se saouler Qui prend l’homme le soir Après une journée de travail D’où nous vient-elle Sinon de ne rien comprendre Du mouvement absurde De cette terre Dont on dit qu’elle bouge, Immortelle Alors que c’est nous qui bougeons, Nous...
14 octobre 2020

Pascal Commère (1951 -) : lointaine approche des troupeaux à vélo vers le soir

 Pascal Commère (1951 -) : lointaine approche des troupeaux à vélo vers le soir
lointaine approche des troupeaux à vélo vers le soir pour Vincent et Gwenaëlle Les prés sont des linges le soir ou de la brume les bêtes vous savez n’appuient pas elles avancent elles sont comme vous fragiles pas plus vraies une pluie les efface il faut...
12 octobre 2020

Wilhelm Karlovitch Küchelbecker / Вильге́льм Ка́рлович Кюхельбе́кер (1797 -1846) : Elégie

Wilhelm Karlovitch Küchelbecker / Вильге́льм Ка́рлович Кюхельбе́кер (1797 -1846) : Elégie
Elégie A Anton Delvig Fleur de ma vie, résiste ! ô temps de la douce tristesse, Temps du rêve enchanté, temps de l’extase – reviens ! O mon Delvig, comment faire pour le retenir, comment vivre En se disant que le cœur doit désormais se glacer, Vivre en...
11 octobre 2020

Armin Senser (1964 -) : Eglogue / Egloge

Armin Senser (1964 -) : Eglogue / Egloge
Eglogue : Borkum D’un bout à l’autre l’île est plongée dans le noir. Contrairement à la vie, au moins toutes les heures, la vérité revient à la lumière. Pour y parvenir le chemin consume tout le temps du retour. Sans cesse le vent secoue toute substantielle...
9 octobre 2020

José-Maria de Heredia (1842 – 1905) : Suivant Pétrarque

José-Maria de Heredia (1842 – 1905) : Suivant Pétrarque
Suivant Pétrarque Vous sortiez de l'église et, d'un geste pieux, Vos nobles mains faisaient l'aumône au populaire, Et sous le porche obscur votre beauté si claire Aux pauvres éblouis montrait tout l'or des cieux. Et je vous saluai d'un salut gracieux,...
8 octobre 2020

Jean-Joseph Rabéarivelo (1901 - 1937) : Danses

Jean-Joseph Rabéarivelo (1901 - 1937) : Danses
Danses Chuchotement de trois valiha, son lointain d’un tambour en bois, cinq violons pincés ensemble et des flûtes bien perforées : La femme-enfant avance avec cadence, vêtue de bleu-double matin ! Elle a un lambe rose qui traîne, et une rose sauvage...
7 octobre 2020

Auguste de Villiers de L’Isle-Adam (1838 – 1889) : Je m’envolerai

Auguste de Villiers de L’Isle-Adam (1838 – 1889) : Je m’envolerai
Je m’envolerai Je m’envolerai dans les profondeurs ! Je fuirai la vie et ses lois moroses ! Et je cueillerai d’immortelles roses Loin de vos hideurs. Je m’élancerai vers vous, ô silences ! L’oubli loin d’ici m’attend, vaste mer, - Pour mon cœur percé...
3 octobre 2020

Emile Verhaeren (1855 – 1916) : Fleur fatale

 Emile Verhaeren (1855 – 1916) : Fleur fatale
Fleur fatale L'absurdité grandit comme une fleur fatale Dans le terreau des sens, des coeurs et des cerveaux ; En vain tonnent, là-bas, les prodiges nouveaux ; Nous, nous restons croupir dans la raison natale. Je veux marcher vers la folie et ses soleils,...
5 octobre 2020

Pierre Torreilles (1921 – 2005) : « Je dis / La souveraineté des choses évidentes... »

Pierre Torreilles (1921 – 2005) : « Je dis / La souveraineté des choses évidentes... »
Je dis La souveraineté des choses évidentes Je dis Qu’entre le visage et le cœur, Mêlée d’ombre et dans la lumière, Git la naissance, avec la mort. Et je dis la limpidité Des choses de la mort Je dis l’éternité de l’évidence. * Il semble que mon dire...
15 septembre 2020

Nelly Sachs (1891 – 1970) : « C’est l’heure planétaire des fugitifs... « / « Das ist der Flüchtlinge Planetenstunde... »

Nelly Sachs (1891 – 1970) : « C’est l’heure planétaire des fugitifs... « / « Das ist der Flüchtlinge Planetenstunde... »
C’est l’heure planétaire des fugitifs. C’est la fuite arracheuse des fugitifs vers le haut mal, vers la mort ! C’est la chute astrale hors de l’arrestation magique du seuil, du foyer, du pain. C’est la pomme noire de la connaissance, la peur ! Soleil...
29 septembre 2020

Léon-Gontran Damas (1912 – 1970) : Solde

Léon-Gontran Damas (1912 – 1970) : Solde
Léon-Gontran Damas vu par Emmanuel Baliyanga Pour Aimé Césaire J’ai l’impression d’être ridicule dans leurs souliers dans leur smoking dans leur plastron dans leur faux-col dans leur monocle dans leur melon J’ai l’impression d’être ridicule avec mes orteils...
1 octobre 2020

Vicente Huidobro (1893 – 1948) : Deux poèmes

Vicente Huidobro (1893 – 1948) : Deux poèmes
Portrait de Vicente Huidobro par Picasso (Crédito fotográfico: Bibliotecas Universidad Católica de Chile) Deux poèmes 1 Je garde en mes yeux La chaleur de tes larmes Les dernières Maintenant tu ne pourras pleurer Jamais plus Par les chemins L’Automne...
26 septembre 2020

Marina Tsvétaïeva / Марина Ивановна Цветаева (1892 - 1941) : « Ah ! les vains regrets de ma terre ... »

Marina Tsvétaïeva / Марина Ивановна Цветаева (1892 - 1941) : « Ah ! les vains regrets de ma terre ... »
Ah ! les vains regrets de ma terre, M’ont révélé tous leurs secrets ! Je suis, en tout lieu, solitaire, Peu m’import où je dois errer... Portant mon sac, je rentre encore Du marché le long des bâtisses, Vers une maison qui m’ignore Comme une caserne,...
25 septembre 2020

Vlada Urosevic / Влада Урошевиќ (1934 -) : Vergers sidéraux

Vlada Urosevic / Влада Урошевиќ (1934 -) : Vergers sidéraux
Vergers sidéraux Chaque fruit recèle une étoile Les prunes et les noix, les pommes, les framboises, En les pelant nous ouvrons un abîme et dévoilons Le magma interne, le chaos, les nébuleuses. Les fruits mûrs luisent de la clarté qui les habite. Leur...
24 septembre 2020

Jean-Marie Berthier (1940 – 2017) : Aime

Jean-Marie Berthier (1940 – 2017) : Aime
Aime Lutte et de toutes tes forces contre la terre quand elle devient houle et déferle en orage sur les villages des hommes Ne te bats pas contre les hommes Lutte avec ton cœur et tes bras contre la mer lorsqu’elle dévore la terre et prend la couleur...
19 septembre 2020

Guillaume, duc d’Aquitaine, comte de Poitiers (1071 – 1127) : « Tout éjoui je ressens en amour... » /«Mout jauzens me prenc en a

Guillaume, duc d’Aquitaine, comte de Poitiers (1071 – 1127) : « Tout éjoui je ressens en amour... » /«Mout jauzens me prenc en a
Chanson Tout éjoui je ressens en amour Une joie que je veux éprouver plus vive, Et puisque à cette joie je veux m’en tenir Je dois faire tout mon possible Auprès de la plus belle entre les dames Que l’on peut voir et entendre. Vous le savez, je n’ai de...
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