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Le bar à poèmes
3 janvier 2018

Louise Labé (1526 – 1566) : « Ne reprenez, Dames, … »

Louise Labé (1526 – 1566) : « Ne reprenez, Dames, … »
Ne reprenez, Dames, si j'ai aimé, Si j'ai senti mille torches ardentes, Mille travaux, mille douleurs mordantes, Si en pleurant j'ai mon temps consumé, Las ! que mon nom n'en soit par vous blâmé. Si j'ai failli, les peines sont présentes, N'aigrissez...
12 janvier 2018

Attila József (1905 – 1937) : Sans espoir / Reménytelenül

Attila József (1905 – 1937) : Sans espoir / Reménytelenül
Sans espoir Lentement, pensivement L’homme parvient finalement à une plaine sablonneuse, maussade et mouillée, songeant, il regarde alentour et sagement d’un signe de tête il approuve, sans espérer. Moi aussi, je m’essaye à regarder ainsi sans tricher...
11 janvier 2018

David Antin (1932 – 2016) : La mort du journalier

 David Antin (1932 – 2016) : La mort du journalier
La mort du journalier dans sa poétique aristote a des choses amusantes à dire sur la métaphore à la fin de sa poétique la partie que personne ne lit jamais parce qu’on s’intéresse alors tellement à ce qu’il dit de la tragédie qu’on oublie que c’est une...
8 janvier 2018

Mohammed Dib (1920 – 2003) : Etranger

Mohammed Dib (1920 – 2003) : Etranger
Etranger Si ce n’est pas ce froid, qu’est-ce qui me signale ? Le rêve mal dissous, l’ombre noire et la voix Qui font pleurer l’enfant, ou la brume hivernale ? C’est moi…moi, l’importun qui vous barre la voie. Je ne suis mort ni vif, ailleurs est mon domaine....
5 janvier 2018

Nikolaï Alekseïevitch Nekrassov / Николай Алексеевич Некрасов (1821 – 1877) : « Est-ce le vent au fond des bois ? …»

Nikolaï Alekseïevitch Nekrassov / Николай Алексеевич Некрасов (1821 – 1877) : « Est-ce le vent au fond des bois ? …»
Est-ce le vent au fond des bois ? Ou l'eau qui descend dans la plaine ? Non, c'est " Voïvode le Froid ", Qui vient inspecter ses domaines. La neige en tempête puissante A-t-elle effacé les chemins ? A-t-elle laissé quelques fentes, Quelque sillon sur...
5 janvier 2018

Sabine Sicaud (1913 – 1928) : Chemins du Nord

Sabine Sicaud (1913 – 1928) : Chemins du Nord
Chemins du Nord Lorsque « je pâlissais au nom de Vancouver » et que j’étais du Nord, trop de froid traversait ma pelisse d’hiver et mon bonnet de bêtes mortes. Mes frères chassaient les oursons jusqu’au fond des grottes de fées; du sang parlait sous leurs...
17 janvier 2018

Jean de La Fontaine (1621 – 1695) : Le Loup et le Chien

Jean de La Fontaine (1621 – 1695) : Le Loup et le Chien
Le Loup et le Chien Un Loup n'avait que les os et la peau, Tant les Chiens faisaient bonne garde. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau, Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde. L'attaquer, le mettre en quartiers, Sire Loup l'eût fait...
1 janvier 2018

Raoul Schrott (1964 -) : Du sublime III / Über das Erhabene III

Raoul Schrott (1964 -) : Du sublime III / Über das Erhabene III
Du sublime III l’avarie de la pluie à trois heures de l’après-midi – la mer qui tombe à la verticale – et les éventails du ranevala comme des roues à l’aube qui fouissent à vide dans les brisants – le vent baragouine encore ses ordres dans les champs...
29 décembre 2017

Jacques Brault (1933- ) : Patience

Jacques Brault (1933- ) : Patience
Patience nous ne partirons pas cette banquise neurasthénique porte l’espoir des morts qui ne sont pas nés si belle soit la terre promise ailleurs en d’autres mondes ce n’est pas ici nous gèlerons sur place comme pères et mères nous craquerons de froid...
28 décembre 2017

Maurice Maeterlinck (1862 – 1949) : Cloche à plongeur

 Maurice Maeterlinck (1862 – 1949) : Cloche à plongeur
Cloche à plongeur Ô plongeur à jamais sous sa cloche ! Toute une mer de verre éternellement chaude ! Toute une vie immobile aux lents pendules verts ! Et tant d'êtres étranges à travers les parois ! Et tout attouchement à jamais interdit ! Lorsqu'il y...
26 décembre 2017

Francine Caron (1945 -) : Jetée

Francine Caron (1945 -) : Jetée
Jetée (Le Pouliguen) Terre insolite comme héritée des eaux balayée d’incendies de glace léchée grande caresse femme à femme de l’accrue paresseuse des ondes Harem gris vert qui s’éternise et enfle et disparaît et se diffuse éventail moiré d’or qui sombre...
20 décembre 2017

Giacomo Leopardi (1798 – 1837) : L’Infini / L’Infinito

Giacomo Leopardi (1798 – 1837) : L’Infini / L’Infinito
L’Infini Toujours me fut chère cette déserte colline Et cette haie qui de toute part Cache l'horizon ultime. Mais immergé à l'infini En si profonde quiétude Je contemple ces espaces Et recrée de surhumains silences Mon choeur chavire au bruissement des...
24 décembre 2017

Shū Ting / 舒婷 ( 1952 -) : La perle, cette larme de la mer

Shū Ting / 舒婷 ( 1952 -) : La perle, cette larme de la mer
La perle, cette larme de la mer Dans ma paume tremblante est posée une perle, telle une larme jaune pâle gouttant de la mer… quand les flots s’éloignent pleins de ressentiments, sanglotent devant la blanche poitrine de la terre, elle est larme brûlante...
23 décembre 2017

Roger-Arnould Rivière (1930 - 1959) : « La mort… »

Roger-Arnould Rivière (1930 - 1959) : « La mort… »
La mort signe moins de la création la mort ce point d’acné sur la face de la douleur la mort surprise comme le sexe dispersion comme la volupté La mort n’est au fond que ce gouffre vierge où notre verge de vie a soudain licence de pénétrer la mort est...
22 décembre 2017

André de Richaud (1909 – 1968) : La voie du sang

André de Richaud (1909 – 1968) : La voie du sang
La voie du sang A Pierre Seghers Cet amour dénoué à travers les champs Ce poignard sanglant dans les rochers Ce vent mortel traîné par de fausses hirondelles Voilà ma pauvre vie. Il faudrait pouvoir traverser le miroir Pour vous atteindre ô vous qui m'aimez...
18 décembre 2017

Czesław Miłosz (1911 – 2004) : Sur la plage

Czesław Miłosz (1911 – 2004) : Sur la plage
Sur la plage Sur le sable la mer s’étale et j’écoute sa rumeur, et je ferme les yeux. Sur ce bord européen, au cœur de l’été, après les grandes guerres du siècle. Fronts des nouvelles générations innocents, mais marqués. Souvent dans la foule un visage...
17 décembre 2017

Raymond Queneau (1903 – 1977) : Je n'ai donc pu rêver

Raymond Queneau (1903 – 1977) : Je n'ai donc pu rêver
Je n'ai donc pu rêver Je n'ai donc pu rêver que de fausses manœuvres, vaisseau que des hasards menaient de port en port, de havre en havre et de la naissance à la mort, sans connaître le fret ignorant de leur œuvre. Marins et passagers et navire qui tangue...
16 décembre 2017

Jean-Claude Renard (1922 – 2002) : L’exode annonce une rivière

Jean-Claude Renard (1922 – 2002) : L’exode annonce une rivière
L’exode annonce une rivière A Jean Grosjean 1 Entre les roseaux, les flaques d’herbe, les buissons de genévriers, L’arc du sel au bord des vins rouges, - Je marchais vers Aigues-Mortes, Un canal ridé d’air attirait le silence, le sable Et parfois des...
8 décembre 2017

Jean-Pierre Schlunegger (1925 – 1964) : Quand je me trouve seul

Jean-Pierre Schlunegger (1925 – 1964) : Quand je me trouve seul
Quand je me trouve seul Quand je me trouve seul, comme au temps de misère, Quand je fais le café pour le repas du soir, Quand tu me laisses pour un jour à mes pensées, Il me semble toujours que je ne pourrais plus, Jamais plus vivre encor ces nuits tissées...
5 décembre 2017

Jacques Roubaud (1932 - 2024) : Un jour de juin

Jacques Roubaud (1932 - 2024) : Un jour de juin
Un jour de juin d’après un épithalame de Georges Pérec Le ciel est bleu ou le sera bientôt Le soleil cille au-dessus de l’île de la Cité La terre entière écoute les sonates du Rosaire de Heinrich Biber L’encre et l’image se retrouvent solidaires et alliées...
11 décembre 2017

Hubert Juin (1926 – 1987) : « Où sont les appels de la lumière… »

 Hubert Juin (1926 – 1987) : « Où sont les appels de la lumière… »
Où sont les appels de la lumière Où les flammes lisses de jour d‘été dans son habit d’eau courante Et les marchés au village le vendredi parmi les rires les marronniers étendus à l’aise dans l’or noir du théâtre lorsque se levait narquoise la toile peinte...
1 décembre 2017

Paul Celan (1920 – 1970) : Le Menhir

Paul Celan (1920 – 1970) : Le Menhir
Le Menhir Gris de pierre qui grandit là. Silhouette grise, toi qui n’as pas d’yeux, regard de pierre, avec lequel la terre devant nous a surgi, humaine, sur des chemins de bruyère obscure, ou blanche, le soir, face a toi, gouffre du ciel. Du concubiné,...
8 décembre 2017

Charles Juliet (1934 -) : Pourquoi écrire

Charles Juliet (1934 -) : Pourquoi écrire
Pourquoi écrire Écrire. Écrire pour obéir au besoin que j'en ai. Écrire pour apprendre à écrire. Apprendre à parler. Écrire pour ne plus avoir peur. Écrire pour ne pas vivre dans l'ignorance. Écrire pour panser mes blessures. Ne pas rester prisonnier...
6 décembre 2017

Maurice Roche (1924 – 1997) : « Je suis un malade, … »

Maurice Roche (1924 – 1997) : « Je suis un malade, … »
Je suis un malade, mon père le sait. Il fait nuit et j’ effroi ! – Comment crever (l’abcès) propre – ment ? Bien que sécrétant son propre mystère, la mort (même sous sa forme pléonastique ou sa répétition) n’ayant plus de secret pour personne… je n’en...
4 décembre 2017

Antonio Gamoneda (1931 -) : « Vois / la fugacité sylvestre… »

 Antonio Gamoneda (1931 -) : « Vois / la fugacité sylvestre… »
Pour le peintre Alejandro Vargas Vois la fugacité sylvestre. Ses ramages en transit vers un espace invisible. Perçois une musique à la fois inaudible (tu sais que dans le silence la musique demeure) et tu la résous en pigments traversés par la lumière....
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