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Le bar à poèmes
23 juin 2019

Johann Wolfgang von Goethe (1749 – 1832) : Présence de l’Aimé / Nähe des Geliebten

Johann Wolfgang von Goethe (1749 – 1832) : Présence de l’Aimé / Nähe des Geliebten
Présence de l’Aimé Je pense à toi quand l’éclat du soleil rayonne de la mer ; je pense à toi lorsque la lune se mire et tressaille à la source. C’est toi qui viens, quand sur la route, là-bas se lève la poussière, et dans la nuit, quand le voyageur tremble...
22 juin 2019

Paul de Roux (1937 – 2016) : Les discrets

 Paul de Roux (1937 – 2016) : Les discrets
Les discrets Peut-être sont-ils dans l’ombre comme dans la lumière, il suffit d’aimer cette lézarde dans le mur, une graine y a volé dans la poussière et tu peux voir la plante inaccessible fleurir : les dieux couvent l’obscure germination, l’attention...
14 juin 2019

Michel Dugué (1946 - 2024) : « Mais la douceur s’avoue vivace... »

Michel Dugué (1946 - 2024) : « Mais la douceur s’avoue vivace... »
..... Mais la douceur s’avoue vivace lorsqu’un subtil éclairage attendrit les eaux. Chaque pierre tressaille comme au sortir d’un malaise ou d’une période de mutisme. Le ciel déverse ses bleus, ses mauves, ses blancs. Enrobe les rives, y met de l’air...
20 juin 2019

Fernando Pessoa (1888 - 1935) : Le Gardeur de troupeaux / O Guardador de rebanhos (XI-XXX)

Fernando Pessoa (1888 - 1935) : Le Gardeur de troupeaux / O Guardador de rebanhos (XI-XXX)
Le gardeur de troupeaux XI Cette dame à un piano qui est agréable mais qui n’est pas le cours des fleuves ni le murmure que font les arbres... Pourquoi faut-il qu’on ait un piano ? Le mieux est qu’on ait des oreilles et qu’on aime la Nature. XII Les bergers...
16 juin 2019

Paul Valéry (1871 – 1945) : Narcisse parle

Paul Valéry (1871 – 1945) : Narcisse parle
Narcisse parle. Narcissæ placandis manibus. O frères ! tristes lys, je languis de beauté Pour m’être désiré dans votre nudité, Et vers vous, Nymphes, Nymphes, ô Nymphes des fontaines Je viens au pur silence offrir mes larmes vaines. Un grand calme m’écoute,...
14 juin 2019

Roger Milliot (1927 – 1868) : Qui ?

Roger Milliot (1927 – 1868) : Qui ?
Qui Qui parle en moi, qui me regarde, d’où ? Qui dit le bien, le mieux, le pire ? Qui veut l’amour, qui nie l’amour ? Qui perce des issues, qui ouvre des gouffres ? Qui se sent étranger ? Qui habite le vide Où ce grand cri résonne ? Qui tient haut les...
11 juin 2019

Abd al -ʿAziz al -Maqālih (1937 - 2022) / المقالح, عبد العزيز : Télégrammes de désir à Sanaâ

Abd al -ʿAziz al -Maqālih (1937 - 2022) / المقالح, عبد العزيز : Télégrammes de désir à Sanaâ
Télégrammes de désir à Sanaâ Premier : Chaque jour, lorsque je donne loisir à mon esprit de déposer ses soucis, quand je m’embarque sur les vaisseaux des souvenirs, je te vois montante, tel le sang dans mes veines, telle un arbre dans mon sang... et je...
3 juin 2019

Jacques Rebotier (1947 -) : Litanie du désamour

 Jacques Rebotier (1947 -) : Litanie du désamour
Litanie du désamour 42 C'est à ce moment que tu ne m'as pas vu, il faisait grand soleil, nous avons alors senti très bien que rien ne va, que rien n'allait, que rien allait nous arriver 41 tout de suite, je me suis dit : fini c'est fini, les motos roulent,...
2 juin 2019

Eugène Jolas (1894 – 1952) : Légende

Eugène Jolas (1894 – 1952) : Légende
Légende I Consternation du siècle. La ruine est dans la glace de l’armoire, et le laboureur ne reverra plus la charrette renversée des souvenirs d’une catastrophe. Je suis seul avec les antilopes qui m’épiaient dans la grande forêt de sapins où mon tombeau...
28 mai 2019

Maria Victoria Atencia (1931 -) : Une brise / Una brisa

Maria Victoria Atencia (1931 -) : Une brise / Una brisa
Une brise Avec un imprévisible accord au creux de l’été, dans la sotte torpeur du profond de la sieste, une brise parcourt ma nuque et mon dos. Je me plie au savoir de son enveloppant office et m’abandonne au sommeil, tandis que le soir brûle dans l’impassible...
27 mai 2019

Jean de La Croix / Juan de La Cruz (1542 - 1591) : Flamme vive d’amour / llama de amor viva

Jean de La Croix / Juan de La Cruz (1542 - 1591) : Flamme vive d’amour / llama de amor viva
Flamme vive d’amour Ô vive flamme, ô sainte ardeur, Qui par cette douce blessure, Perce le centre de mon cœur : Maintenant ne m’étant plus dure, Achève et brise si tu veux Le fil de ce rencontre heureux. Ô plaie d’extrême douceur, Plaie toute délicieuse,...
26 mai 2019

Patrice de La Tour du Pin (1911 – 1975) : Laurence endormie

Patrice de La Tour du Pin (1911 – 1975) : Laurence endormie
Laurence endormie Cette odeur sur les pieds, de narcisse et de menthe Parce qu’ils ont foulé dans leur course légère, Fraîches écloses, les fleurs des nuits printanières, Remplira tout mon cœur de ses vagues dormantes ; Et peut-être très loin sur ces...
25 mai 2019

Angèle Vannier (1917 – 1980) : « Je suis née de la mer... »

Angèle Vannier (1917 – 1980) : « Je suis née de la mer... »
Je suis née de la mer et ne le savais plus Trop de pavots avaient maculé mes pieds nus Les soirs où les bergers m'appelaient dans la ronde Pour passer le furet de ma main dans leurs mains Furet des bois jolis furet des vieux jardins. Je suis née de la...
29 mai 2019

Catherine Pozzi (1882 – 1934) : Maya

Catherine Pozzi (1882 – 1934) : Maya
Maya Je descends les degrés de siècles et de sable Qui retournent à vous l’instant désespéré Terre des temples d’or, j’entre dans votre fable Atlantique adoré. D’un corps qui ne m’est plus que fuie enfin la flamme L’Âme est un nom chéri détesté du destin...
18 mai 2019

Angel González (1925 - 2008) : Le vaincu / El derrotado

Angel González (1925 - 2008) : Le vaincu / El derrotado
Le vaincu Loin derrière sont les décombres : ta maison, en pans fumants, les étés incendiés, le sang séché, ta maison , et ton sang où s’abat - comme un dernier vautour – le vent. Toi tu vas de l’avant, tu t’achemines vers l’avenir, ce temps qui mérite...
16 mai 2019

Isidore Ducasse, comte de Lautréamont (1846 – 1870) : « C’était une journée de printemps... »

Isidore Ducasse, comte de Lautréamont (1846 – 1870) : « C’était une journée de printemps... »
pointe sèche gravée par Bernard Buffet C’était une journée de printemps. Les oiseaux répandaient leurs cantiques en gazouillements, et les humains, rendus à leurs différents devoirs, se baignaient dans la sainteté de la fatigue. Tout travaillait à sa...
14 mai 2019

Jean-Claude Pirotte (1939 – 2014) : Blues du déraciné

Jean-Claude Pirotte (1939 – 2014) : Blues du déraciné
Blues du déraciné mon nom je l’ai perdu donnez-moi donc le nom que vous donnez générique et banal au peuple déplacé qui va de rue en rue de taudis en taudis donnez-le-moi ce nom celui d’un père assassiné d’un frère embastillé d’une fiancé noire au corps...
13 mai 2019

Giuseppe Ungaretti (1888 – 1970) : J’ai tout perdu / Tutto ho perduto

Giuseppe Ungaretti (1888 – 1970) : J’ai tout perdu / Tutto ho perduto
J’ai tout perdu J’ai tout perdu de l’enfance, Jamais plus je ne pourrai Perdre mémoire à crier. L’enfance, je l’ai enfouie Au fond des nuits. A présent, lame invisible, Elle me coupe de tout. Je me souviens comment j’exultais de t’aimer, A présent je...
10 mai 2019

Léon-Paul Fargue (1876 – 1947) : Rappel

Léon-Paul Fargue (1876 – 1947) : Rappel
Rappel Il aime à descendre dans la ville à l’heure où le ciel se ferme à l’horizon comme une vaste phalène. Il s’enfonce au cœur de la rue comme un ouvrier dans sa tranchée. La cloche a plongé devant les fenêtres et les vitrines qui s’allument. Il semble...
8 mai 2019

André Gide (1869 – 1951) : « Certes, délicieuse est la brume... »

André Gide (1869 – 1951) : « Certes, délicieuse est la brume... »
Certes, délicieuse est la brume, au soleil levant sur les plaines Et délicieux le soleil ; Délicieuse à nos pieds nus la terre humide Et le sable mouillé par la mer ; Délicieuse à nous baigner fut l’eau des sources ; A baiser les inconnues lèvres que...
20 avril 2019

Yves Broussard (1937 – 2018) : Dire vrai

Yves Broussard (1937 – 2018) : Dire vrai
Dire vrai En bout de branche l’oiseau seul Prêt à tout à l’envol à la chute à la mort soudaine Ainsi l’homme quelque part au bénéfice du doute Proche de l’instinct ------------------ Tu fus cette étoile blanche au milieu de la nuit pesante aux instants...
29 avril 2019

Joseph Brodsky / Иосиф Александрович Бродский (1940 -1996) : « Le grand Hector gît... / « Великий Гектор стрелами убит... »

Joseph Brodsky / Иосиф Александрович Бродский (1940 -1996) : « Le grand Hector gît... / « Великий Гектор стрелами убит... »
Sonnet Le grand Hector gît, percé de flèches, son âme flotte sur les eaux noires, les buissons gémissent, les nuages se meurent et là-bas, dans le silence, Andromaque pleure. Ajax traverse le crépuscule triste, les genoux ployés dans le ruisseau transparent,...
26 avril 2019

Paul Claudel (1868 – 1955) : Verlaine

Paul Claudel (1868 – 1955) : Verlaine
Verlaine I Le faible Verlaine L’enfant trop grand, l’enfant mal décidé à l’homme, plein de secrets et plein de menaces, Le vagabond à longues enjambées qui commence, Rimbaud, et qui s’en va de place en place, Avant qu’il n’ait trouvé là-bas son enfer...
25 avril 2019

José Hierro (1922 – 2002) : « J’aimerais, ce soir... / Quisiera esta tarde... »

 José Hierro (1922 – 2002) : « J’aimerais, ce soir... / Quisiera esta tarde... »
J’aimerais, ce soir, ne pas haïr ne pas charger mon front de nuages sombres. Je voudrais que mon regard fût plus clair et pouvoir le poser, calme, sur le lointain... Il doit être si beau de pouvoir dire : « Je crois à ce qui existe et même à ce qui peut-être...
24 avril 2019

Ribemont–Dessaignes (1884 – 1974) : « Ils sont revenus, les morts... »

Ribemont–Dessaignes (1884 – 1974) : « Ils sont revenus, les morts... »
Ils sont revenus, les morts, tous les morts de la vie, Ils sont revenus, je les ai vus, en grande colonne. A travers le printemps, traînant leur bagage, Et devant eux marchait le bourreau, Grand, large et gros, avec tant de chair autour de ses os, Comme...
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