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Le bar à poèmes
11 janvier 2019

Francisco de Quevedo y Villegas (1580 – 1645) : A Rome, ensevelie sous les ruines / A Roma sepultada en sus ruinas

Francisco de Quevedo y Villegas (1580 – 1645) : A Rome, ensevelie sous les ruines / A Roma sepultada en sus ruinas
A Rome, ensevelie sous ses ruines Tu cherches Rome en Rome, ô pèlerin, Et Rome même en Rome n’aperçois : Cadavres sont les murs qu’elle montra, Et tombe de soi-même l’Aventin. Ci-gît, où il régnait, le Palatin ; Tout élimées du temps, vois les médailles,...
19 décembre 2018

Federico Garcia Lorca (1898 – 1936) : Village / Pueblo

Federico Garcia Lorca (1898 – 1936) : Village / Pueblo
En 1914 Village Sur la colline pelée, un chemin de croix, de l’eau claire et des oliviers centenaires. Dans les ruelles, des hommes au visage caché. Et sur les clochers, des girouettes qui tournent. Qui tournent éternellement. O village perdu dans une...
4 décembre 2018

Antonio Gamoneda (1931 -) : « Il existait tes mains... » / « Existían tus manos... »

Antonio Gamoneda (1931 -) : « Il existait tes mains... » / « Existían tus manos... »
Il existait tes mains. Un jour le monde devint silencieux ; les arbres, là-haut, étaient profonds et majestueux, et nous sentions sous notre peau le mouvement de la terre. Tes main furent douces dans les miennes et j’ai senti en même temps la gravité...
25 novembre 2018

Luis Cernuda (1902 – 1963) : Le nom

Luis Cernuda (1902 – 1963) : Le nom
Le nom Tranquille vienne ton pas Sur la terre, où Brille d’une ombre rouge Ce hêtre, et proche Avec son ombre d’or Ce châtaignier, sous la caresse De la lumière même. Passe Cette heure avec toi-même Seul à seul, comme si c’était La dernière heure, La...
4 octobre 2018

Claudio Rodríguez(1934 – 1999) : Parce que nous ne possédons rien / Porque no poseemos

Claudio Rodríguez(1934 – 1999) : Parce que nous ne possédons rien / Porque no poseemos
Parce que nous ne possédons rien Le regard I Parce que nous ne possédons rien, nous voyons. L’œil, brûlant à cette heure du jour, quand la lumière, cruelle à force d’être vraie, blesse le regard, ne m’apporte plus la simplicité d’autrefois. Je ne sais...
23 août 2018

José Herrera Petere (1909 – 1977) : Arbres / Arboles

José Herrera Petere (1909 – 1977) : Arbres / Arboles
Arbres Arbres drus qui descendez en flots ombres crépusculaires des montagnes colloque muet le long des flancs lustrés. Lumière tranquille ô lumière héritée d’êtres anciens et verts avec des branches, des lèvres balbutiantes. Arbres comme des moines psalmodiants...
17 août 2018

Gabriel Celaya (1911 – 1991):Méditation / Meditación

Gabriel Celaya (1911 – 1991):Méditation / Meditación
Méditation S’il est vrai que j’existe et que je m’appelle Raphaël, s’il est vrai que je suis ici et que ceci est une table ; s’il est vrai que je suis un petit peu plus qu’une pierre noire au milieu des orties, un peu plus qu’une pierre rugueuse au fonds...
10 juillet 2018

José Manuel Caballero Bonald (1926 - 2021): Tandis que j’ajuste mon âge au temps

José Manuel Caballero Bonald (1926 - 2021): Tandis que j’ajuste mon âge au temps
Tandis que j’ajuste mon âge au temps Combien de fois, en fin de journée, perdant pied dans les eaux entassées de mon âge, j’ai vu brûler, gémir la charge de ma vie qui tenait au seul fil précaire et tremblant d’une chose qui encore s’impose à mon cœur,...
28 mai 2018

Maria Victoria Atencia (1931 -) : « Que faire si soudain tu découvres... » / « Qué hacer si de repente descubres... »

Maria Victoria Atencia (1931 -) : « Que faire si soudain tu découvres... » / « Qué hacer si de repente descubres... »
Que faire si soudain tu découvres que tu es habitée de la tête aux pieds par quelqu’un qui t’est étranger et qui confond ta langue avec un verbe différent. D’un côté et de l’autre, le jour il te cherche en traînant une lampe, et la nuit il sent ses yeux...
18 mai 2018

Angel González (1925 – 2008) : Ce sont les mouettes, mon amour / Son las gaviotas, amor.

Angel González (1925 – 2008) : Ce sont les mouettes, mon amour / Son las gaviotas, amor.
Ce sont les mouettes mon amour Ce sont les mouettes, mon amour. Les lentes, les hautes mouettes. Mer hivernale. L’eau grise laisse un tâche froide sur les rochers. Tes jambes, tes douces jambes, attendrissent les vagues. Un ciel sale se vautre sur la...
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