Wang Wei / 王维 (701 – 761) : En passant par le temple au Parfum-Caché
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En passant par le temple au Parfum-Caché
Qui le connaît, le temple au Parfum-Caché,
A plusieurs li d’ici, sur le pic montagneux ?
Sentier à travers la forêt ancienne : nulle trace...
Au cœur du mont, sons de cloche, venant d’où ?
Bruit de sources, sanglots de rocs dressés,
Teinte de soleil, fraîchie entre les pins.
Au soir, sur le lac désert, méditant au C’han,
Quelqu’un apprivoise le dragon venimeux.
PTraduit du chinois par François Cheng
In, « L'écriture poétique chinoise »
Editions Du Seuil, 1982
De passage au monastère des Parfums
Ne sachant où trouver
le monastère des Parfums
Je m’avançai longtemps
entre les crêtes embrumées.
Sous les troncs séculaires
aucun passant sur le sentier,
De quelque part au fond
de la montagne un son de cloche.
Une source bruissait
étouffée par la roche abrupte.
Le soleil apparut,
refroidi par les sapins verts.
A l’approche du soir,
dans l’anse calme de l’étang,
Un moine recueilli
domptait le venimeux dragon.
Traduit du chinois par Jean-Pierre Diény
In, Jean -Pierre Diény, « Jeux de montagnes et d’eaux »
Editions Michalon (encre marine), 2007
Au temple des parfums
On ignore le temple des parfums amoncelés,
Perdu si loin parmi les monts et les nuages.
Sous les vieux arbres nulle trace humaine.
Au profond des montagnes d’où vient le son des cloches ?
La source n’est qu’un murmure entre les rocs escarpés,
La lumière est froidure sur les sapins verts.
Le soleil déclinant creuse la profondeur des eaux,
La prière soumet le dragon venimeux.
Traduit du chinois par Louis Laloy
Choix de poésies chinoises
Editions Fernand Sorlot, 1944
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