Yehuda Amichaï (1924 – 2000) / יהודה עמיחי : « J’ai rêvé de toi... »
/image%2F1371599%2F20251123%2Fob_209955_yehuda-amichai-squarejpeg-w627-h627-bg.jpeg)
J’ai rêvé de toi. Mon rêve était comme
une grande détresse dans le hall
d’une gare de Londres. Soudain
ton visage fut là
avec sa nuit et son sommeil lointain.
De beaux jeunes gens inscrivaient les destinations,
les trains partaient, et des câbles humides accompagnaient
ceux qui en avaient besoin pour le voyage.
Je me souviens de toi, heureuse
comme une enfant devant le magasin
en montrant du doigt les friandises.
Je ne lisais alors que le présent dans la paume de ta main
et sur ton visage ; pas d’autre temps.
Et ce qui a été sera de nouveau
et ce qui n’a pas été encore sera, oui sera.
Il n’y a que toi dont le visage ressemble maintenant
à la fenêtre d’une maison qui s’éloigne : non, jamais plus.
Traduit de l’hébreu par Michel Eckhard et Benjamin Ziffer
in, Revue « Poésie 1, N° 116, Mars-Avril 1984 »
Le Cherche-Midi éditeur, 1984
Du même auteur :
« Mon fils a un parfum de paix... » (24/11/2020)
Les mots sont des marches (24/11/2021)
Autre poème de paix (24/11/2022)
« Elle descend maintenant... » (24/11/2023)
Ensemble tous les deux et chacun pour soi (24/11/2024)