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Le bar à poèmes
26 septembre 2025

Galeazzo di Tarsia (1520- 1553) : « J’ai naguère franchi les Alpes..» / « Già corsi l'Alpi... »

 

 

 

 

J’ai naguère franchi les Alpes enneigées, 


Rempart insuffisant pour tes rives chéries ;


Je hume maintenant tes brises parfumées


Et ton air bienfaisant, Italie, ma patrie.

 

 

Las ! Amour m’a navré de nombreuses blessures,


Tandis que j’évoquais votre charme fatal,


Ô vallées, ô coteaux, agréables ombrages,


Que tes enfants aveugles connaissent si mal !

 

 

Heureux celui-là qui possède parmi vous


Un lopin qu’il cultive et qui jouit encore


D’un ruisseau, d’un verger, d’un bonheur enfin sûr !

 

 

J’ai toujours méprisé la paix et ses loisirs


Dans mes folles années de trompeuse jeunesse,


Moi que voilà pleurant ces vrais biens dont je manque.

 

 

 


Traduit de l’italien par Sicca Venier


in, « Poètes d’Italie. anthologie »


Editions La table Ronde, 1999

 

 

 

J’ai traversé les Alpes froides et chenues,


Haie mal sûre pour tes rivages bien-aimés,


Et sens, mon Italie, tes brises parfumées,


Ton air empli de vie et de salubrité.

 

 

Combien de plaies, hélas ! Amour m’infligeait-il


Quand je me rappelais vos fatales beautés,


Closes vallées, hautes collines, ombres chères,


Que connaissent trop mal tes aveugles enfants !

 

 

Qu’il est heureux celui qui parmi vous possède


Un modeste jardin, qui jouis d’un ruisseau


D’un arbre, d’un abri, et qu’aime la fortune !

 

 

J’ai délaissé jadis le repos et la paix


(Fallacieux et sot désir de ma jeunesse !) ;


Et pleure maintenant où je m’en vois privé.

 

 

 


Traduit de l’italien par Danielle Boillet


in, « Anthologie bilingue de la poésie italienne »


Editions Gallimard (Pléiade), 1994

 

 

 

Già corsi l'Alpi gelide e canute,


Mal fida siepe alle tue rive amate ;


Or sento, Italia mia, l'aure odorate


E l'aere pien di vita e di salute.

 

 

Quante mi ha dato Amor, lasso, ferute


Membrando la fatal vostra beltate,


Chiuse valli, alti poggi ed ombre grate,


Da' ciechi figli tuoi mal conosciute!

 

 

Oh felice colui che un breve e colto


Terren fra voi possiede, e gode, un rivo,


Un pomo, un antro e di fortuna un volto!

 

 

Ebbi i riposi e le mie paci a schivo;


(O giovanil desìo fallace e stolto) :


Or vo piangendo che di lor son privo.

 

Poème précédent en italien :

 

Andrea Zanzotto  : Cinq sonnets / Cinque sonetti (01/08/2025

)

Poème suivant en italien

:
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