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Le bar à poèmes

5 octobre 2018

Pierre Torreilles (1921 – 2005) : Silence...

Pierre Torreilles (1921 – 2005) : Silence...
Silence, où la voix s’enracine, de nul regard espace où je me tiens, de nul passage désormais le sentier indistinct, haute terre habitable. Maintenant dé-nommé le visible s’écrit. De ce jardin bientôt où conduit tout cheminement l’imprononçable accès,...
4 octobre 2018

Claudio Rodríguez(1934 – 1999) : Parce que nous ne possédons rien / Porque no poseemos

Claudio Rodríguez(1934 – 1999) : Parce que nous ne possédons rien / Porque no poseemos
Parce que nous ne possédons rien Le regard I Parce que nous ne possédons rien, nous voyons. L’œil, brûlant à cette heure du jour, quand la lumière, cruelle à force d’être vraie, blesse le regard, ne m’apporte plus la simplicité d’autrefois. Je ne sais...
3 octobre 2018

Jacques Josse (1953 -) : « La brume a mis la mer... »

Jacques Josse (1953 -) : « La brume a mis la mer... »
La brume a mis la mer dans son ventre. Elle a ensuite été chercher les danseurs déçus à la sortie du bal. Elle a raboté la falaise pour eux. Elle a fait taire les mouettes pour eux. Elle a décidé que le désir des sirènes valait mieux pour eux. Puis elle...
2 octobre 2018

Taha Muhammad Ali (1931 - 2011) / طه محمد علي : Quarante ans après la destruction d’un village

Taha Muhammad Ali (1931 - 2011) / طه محمد علي : Quarante ans après la destruction d’un village
Quarante ans après la destruction d’un village Le passé sommeille à côté de moi Comme le tintement Près (auprès ?) de sa grand-mère la cloche. L’amertume me poursuit Comme les poussins poursuivent Leur mère la poule. Et l’horizon... Cette paupière fermée...
1 octobre 2018

Vicente Huidobro (1893 – 1948) : L’homme triste

Vicente Huidobro (1893 – 1948) : L’homme triste
L’Homme triste Sur mon cœur il y a des voix qui pleurent Ne plus penser à rien ! Le souvenir et la douleur se dressent Prends garde aux portes mal fermées. Les choses s’ennuient Dans la chambre Derrière la fenêtre où le jardin se meurt les feuilles pleurent...
29 septembre 2018

Léon – Gontran Damas (1912 – 1978) : « Je suis né disais-tu... »

 Léon – Gontran Damas (1912 – 1978) : « Je suis né disais-tu... »
- Je suis né disais-tu au bout tout au bout du monde là-bas entre la Montagne Tigre et le Fort-Cépérou qui regarde la Mer dîner de soleil de palétuviers et d’algues à l’heure où la nuit tombe sans crier gare au crépuscule Du vieux Dégradé-des-Cannes témoin...
28 septembre 2018

Stéphane Mallarmé (1842 – 1898) : Sainte

Stéphane Mallarmé (1842 – 1898) : Sainte
Sainte À la fenêtre recélant Le santal vieux qui se dédore De sa viole étincelant Jadis avec flûte ou mandore, Est la Sainte pâle, étalant Le livre vieux qui se déplie Du Magnificat ruisselant Jadis selon vêpre et complie : À ce vitrage d’ostensoir Que...
27 septembre 2018

Richard Brautigan (1935 – 1984) : On ne me l’avait jamais fait aussi gentiment / I've never had it done so gently before

Richard Brautigan (1935 – 1984) : On ne me l’avait jamais fait aussi gentiment / I've never had it done so gently before
On ne me l’avait jamais fait aussi gentiment Pour M Les nectars sucrés de ta bouche sont comme des châteaux baignés de miel. On ne me l’avait jamais fait aussi gentiment. Tu as entouré mon pénis d’un cercle de châteaux et tu les fais tourbillonner comme...
26 septembre 2018

Ossip Emilievitch Mandelstam / О́сип Эми́льевич Мандельшта́м (1892 - 1938) : « J’écoute une musique intense... »

Ossip Emilievitch Mandelstam / О́сип Эми́льевич Мандельшта́м (1892 - 1938) : « J’écoute une musique intense... »
J’écoute une musique intense, A mes yeux s’ouvre l’Infini. Le vol des oiseaux de minuit Traverse en planant le silence... Simple comme le ciel uni, Et pauvre comme la nature, Ma liberté m’est plus obscure Que la voix des oiseaux de nuit. Là-haut, blafard...
24 septembre 2018

Amir Gilboa/ אמיר גלבע (1984 – 1917) : « Très loin à perte de vue... »

Amir Gilboa/ אמיר גלבע (1984 – 1917) : « Très loin à perte de vue... »
Très loin à perte de vue la vie bouillonne. Tout le monde habillé de fête les hommes et les femmes. Et les fleurs d’amandier fleurissent sur les cannes des hommes Et une calme brise matinale murmure aux yeux des femmes. Et la mort n’a pas de vie et la...
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