Miguel D’ors (1946 -) : Les défenseurs
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Les défenseurs
Les défenseurs sont arrivés ! Euphorie nocturne dans les magasins et feux de
joie aux abords de la ville.
Fêtes de bienvenue. Nous protégerons vos rêves.
Le chant obscène des sentinelles. Les coups au sourd-muet. L’agneau volé.
Samedi de la deuxième semaine : les défenseurs, ivres,
rigolant dans les rues de la ville avec des grappes de filles venues de la côte.
Troisième semaine : La fillette qui portait l’écuette, violée par les soldats
derrière l’église.
Les mois. La pluie. La première année. Quelle longue opprobre.
Dans ces murailles tout le monde est devenu voleur, fornicateur, sodomite,
assassin ou racoleur
et les vieux, nous nous consumons dan l’anxiété, croyant entendre les hymnes
vengeurs
et nous mourons avec l’espoir de voir de nos greniers l’éclat lointain d’une
arme,
l’arrivée salvatrice de l’ennemi.
8-11-72
Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet
In, « Poésie espagnole, Anthologie 1945 – 1990 »
Actes Sud / Editions Unesco, 1995
Du même auteur :
« Comment appeler l’oiseau... » (21/11/2019)
Il ne faut pas te leurrer / No intentes engañarte (21/11/2020)
Ville en moi (Saint-Jacques / Ciudad en mi (Santiago) (21/11/2021)
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Un alphabet magique (21/11/2023)
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