Jean-François Roger (19 ? - : « Aveuglés de lumière... »
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Aveuglés de lumière, inutiles guetteurs égre-
nant le mirage d’un ultime soleil sur la crête
poudreuse d’une épaule, nous habitons l’espace
de très vieilles légendes. Nos murs sans re-
gard ne bâtissent plus désormais qu’une choré-
graphie incertaine, fébrile, d’insomnies et de
doute, insolence du temps révolu affutant ses
micas, ses outrages, chaque pas s’ouvre un
chemin d’hypocrites vertiges, chaque aveu dé-
noue la fatigue du méthane froid de la lune
entre nos paumes sans espoir.
L’air aigu se resserre. Une autre absence prend
Place. Epeler ce simple mot « Novembre » c’est,
soudain, s’aveugler d’impatience nouvelle, rem-
pailler une parole nue, pruinée de bleu, céder
au prestige de l’éphémère signant nos ombres...
Au bas des pluies, déjà, nos mains d’oiseaux,
surgies des encorbellements du souvenir, s’es-
saient à parfaire un profil impossible d’un visa-
ge de pierre.
Revue « Le nouvel Ecriterres, N° 4, hiver 1990/91
29720, Plonéour-Lanvern, 1991