Manuel Alegre (1936 - ) : Portugal à Paris / Portugal em Paris
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Lorsqu'il était étudiant à Coimbra
Portugal à Paris
Solitaire...
parmi la foule j’ai vu mon pays.
C’était un profil
de sel
et d’avril.
C’était un pur pays bleu et prolétaire.
Un anonyme passait. Et c‘était le Portugal
qui passait au sein de la foule, solitaire
dans les rues de Paris.
J’ai vu ma patrie se répandre
gare d’Austerlitz. Des paniers
des tas de paniers sur le sol. Des fragments
de mon pays.
Des morceaux.
Des bras.
Ma patrie sans rien
sans rien
qui se déverse dans les rues de Paris.
Et le blé,
Et la mer ?
Est-ce la terre qui n’a pas voulu de toi
ou quelqu’un qui a dérobé les fleurs d’avril ?
Solitaire parmi la foule j’ai marché avec toi
le regard au loin comme le blé et la mer.
Etions-nous cent deux cent mille ?
Et nous marchions. Bras et mains pour allouer
mon Portugal dans les rues de Paris.
Traduit du portugais par Michel Chandeigne
in, « Anthologie de la poésie portugaise contemporaine,1935 – 2000 »
Editions Gallimard (Poésie), 2003
Du même auteur :
Requiem (26/05/2023)
l’Armoire / O Armário (26/05/2024)
Exil / Exílio (23/05/2025)
Portugal em Paris
Solitário
por entre a gente eu vi o meu país.
Era um perfil
de sal
e abril.
Era um puro país azul e proletário.
Anónimo passava. E era Portugal
que passava por entre a gente e solitário
nas ruas de Paris.
Vi minha pátria derramada
na Gare de Austerlitz. Eram cestos
e cestos pelo chão. Pedaços
do meu país.
Restos.
Braços.
Minha pátria sem nada
sem nada
despejada nas ruas de Paris.
E o trigo?
E o mar?
Foi a terra que não te quis
ou alguém que roubou as flores de abril?
Solitário por entre a gente caminhei contigo
os olhos longe como o trigo e o mar.
Éramos cem duzentos mil?
E caminhávamos. Braços e mãos para alugar
meu Portugal nas ruas de Paris.
O canto e as armas
Editora Dom Quixote, Lisboa, 2017
Poème précédent en portugais :
Antonio Ramos : Pour l’incendie de la fête / Para o incêndio da festa (19/02/2026)