Gérard de Nerval (1808-1855) : Delfica
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Square de la Tour Sain-Jacques, Paris. 1959
Delfica
La connais-tu, Dafné, cette ancienne romance,
Au pied du sycomore, ou sous les lauriers blancs,
Sous l’olivier, le myrthe, ou les saules tremblants,
Cette chanson d’amour qui toujours recommence !
Reconnais-tu le TEMPLE, au péristyle immense,
Et les citrons amers où s’imprimaient tes dents,
Et la grotte, fatale aux hôtes imprudents,
Où du dragon vaincu dort l’antique semence ?...
Ils reviendront, ces Dieux que tu pleures toujours !
Le temps va ramener l’ordre des anciens jours ;
La terre a tressailli d’un souffle prophétique…
Cependant la sibylle au visage latin
Est endormie encor sous l’arc de Constantin
– Et rien n’a dérangé le sévère portique.
Les filles du feu
D. Giraud, Libraire éditeur, 1854
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