Li Qingzhao / 李清照 (1084 – vers1155) : « Dans la cour déserte... »
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Créateur : Ioana Pusca
Air : « la Charmante Servante Nian. »
Dans la cour déserte et désolée
Le vent oblique fouette la bruine,
Il a fallu fermer les doubles portes.
Avec ses saules estimables et ses fleurs délicates la fête du Manger-froid
approche,
Et son cortège de climats irritants.
J’ai fini un poème aux rimes rares,
Et soutenant ma tête lourde, m’éveille de l’ivresse :
Bien singulière est la saveur des heures oisives...
Les oies sauvages ont toutes migré au Nord,
Difficile de confier les mille et mille soucis du cœur.
Dans le pavillon, plusieurs journées d’un froid printemps,
Les rideaux des chambres sont baissés de tous côtés,
Paresseusement je rechigne à m’appuyer contre la balustrade de jade.
Mais la couverture est froide, les parfums, dissipés, et je m‘éveille d’un rêve
nouveau
Qui empêche mon âme affligée de rester alitée.
La rosée limpide au matin s’écoule,
Des chênes les rameaux nouveaux commencent à poindre,
Combien d’ardeurs suscitent-ils à randonner au printemps !
Dans le soleil qui monte et la brume qui se retire,
Allons voir si ce jour sera serein ou non !
Traduit du chinois par Stéphane Feuillas
in, « Anthologie de la poésie chinoise »
Editions Gallimard (La Pléiade), 2015
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