Friedrich Hölderlin (1770 - 1843) : Le printemps / Der Frühling (6-9)
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Silhouette de Hölderlin, 1797.
Le Printemps
6
Le jour commence à poindre, et le ciel est splendide,
Des étoiles là-haut, la foule a disparu,
Et l’homme se ressent tel que ce qu’il contemple,
Et le début de l’an est hautement prisé.
Sublimes sont les monts où brillent les rivières,
Et les arbres en fleurs sont comme couronnés,
Le début de l’an neuf comme forgé de fêtes,
Les hommes, au plus haut, se forment au meilleur.
avec humilité
Scardanelli
24 mai
1748
Traduit de l’allemand par Bernard Pautrat
in, Hölderlin : « Poèmes 1816- 1813 »
Editions Payot et Rivages, (Rivages poche), 2001
Le jour s’éveille et c’est un faste dans le ciel,
Disparu est le fourmillement des étoiles,
L ’homme s’éprouve lui-même comme il contemple,
Les prémices de l’année sont en haute estime.
Éminents sont les monts où brillent les torrents,
Les arbres en fleurs sont comme sous des couronnes,
La jeune année commence comme avec des fêtes,
L ’homme avec le plus haut se forme, et le meilleur.
avec humilité
Scardanell
le 24 mai 1748.
Traduit de l’allemand par Bertrand Badiou et Jean-Claude Rambach
1n, Revue Po&sie, N°23
Belin éditeur, 1982
7
Quand vient, des profondeurs, le printemps dans la vie,
L’homme est tout étonné, voici que de l’esprit,
Se pressent des mots neufs, la joie est de retour,
Cependant que festifs se font chant et chansons.
La vie se trouve issue de l’harmonie des temps,
Que Nature et Esprit ne quittent pas le sens
Et une dans l’esprit est la perfection,
Tel se trouve beaucoup, surtout né de Nature.
Avec humilité
Scardanelli.
24 mai
1758
Traduit de l’allemand par Bernard Pautrat
in, Hölderlin : « Poèmes 1816- 1813 »
Editions Payot et Rivages, (Rivages poche), 2001
Quand arrive des profondeurs le printemps dans la vie,
L ’homme est émerveillé, un verbe neuf prend son essor
De la spiritualité, la joie revient encore
Et se donnent un air de fête les chants et chansons.
La vie se trouve de par l’harmonie entre les temps,
Q u’à jamais nature et esprit accompagnent le sens
E t l’accomplissement est un seul et même en l’esprit,
Ainsi beaucoup se trouve, et le plus de par la nature.
Avec humilité
Scardanelli
le 24 mai 1758
Traduit de l’allemand par Bertrand Badiou et Jean-Claude Rambach
1n, Revue Po&sie, N°23
Belin éditeur, 1982
Quand des profondeurs vient le printemps dans la vie,
L’homme s’étonne, puis des mots nouveaux se poussent,
Emanant de l’esprit, la joie revient alors,
Les chants et les chansons s’apprêtent à la fête.
La vie se trouve issue de l’harmonie des temps,
Qu’esprit toujours et nature escortent le sens,
Et la perfection est Une dans l’esprit,
Beaucoup se trouve ainsi, et le plus de nature.
Votre très humble sujet,
SCARDANELLI
Le 24 mai 1758
Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre
In, « Anthologie bilingue de la poésie allemande »
Editions Gallimard (La Pléiade), 1995
8
Le soleil est brillant, les campagnes fleurissent
Et voici que les jours sont florissants et doux,
Le soir aussi fleurit, et des hauteurs du ciel,
Là où naissent les jours, il tombe des jours clairs.
L’année se montre alors en ses quatre saisons
Come une vraie splendeur proliférant de fêtes,
L’humaine activité s’attaque à un but neuf,
Tant est le monde plein de signes, de prodiges
avec humilité
Scardanelli.
24 avril
1839.
Traduit de l’allemand par Bernard Pautrat
in, Hölderlin : « Poèmes 1816- 1813 »
Editions Payot et Rivages, (Rivages poche), 2001
Le soleil brille, la campagne est florissante,
Les jours viennent riches en fleurs et en douceur,
Le soir aussi fleurit et de clairs jours s’en vont
Descendant du ciel où les jours prennent naissance.
L ’année fait son apparition avec ses temps
Comme un faste où des fêtes à l’entour s’étendent,
L ’œuvre humaine commence avec des fins nouvelles,
Tels sont les signes au monde, tant de merveilles.
Avec humilité
Scardanelli
le 24 avril 1839
Traduit de l’allemand par Bertrand Badiou et Jean-Claude Rambach
1n, Revue Po&sie, N°23
Belin éditeur, 1982
9
Le soleil s’en retourne à de nouvelles joies,
Le jour, comme la fleur, apparaît en rayons,
Et at cœur apparaît le décor de Nature,
Comme lorsque sont nés le chant et les chansons.
Du fin fond des vallées le nouveau monde arrive,
Et sereine au printemps est l’heure matutine,
Des hauteurs, le jour luit, et la vie du soir s’offre
A contempler aussi à notre sens intime
Avec humilité
20
janv
1758.
Scardanelli
Traduit de l’allemand par Bernard Pautrat
in, Hölderlin : « Poèmes 1816- 1813 »
Editions Payot et Rivages, (Rivages poche), 2001
Le soleil revient encore à des joies nouvelles,
Le jour apparaît en rayons comme les fleurs,
L ’ornement de la nature s’apparaît au cœur
Comme ont pris leur naissance les chants et chansons.
Le nouveau monde est sorti du fond des vallées
E t sereine est du printemps l’heure matinale,
Depuis les hauts brille le jour, la vie du soir
Se voue à contempler, aussi le sens intime.
Avec humilité
Scardanell
le 20 janvier 1758
Traduit de l’allemand par Bertrand Badiou et Jean-Claude Rambach
1n, Revue Po&sie, N°23
Belin éditeur, 1982
Du même auteur :
« Je connais quelque part un château-fort… » / « Das alte Schloss zu untergraben … » (14//02/2015)
Ainsi Ménon pleurait Diotima /Menons Klagen um diotima (14/02/2016)
Le Pays / Die Heimat (06/02/2017)
Chant du destin d’Hypérion / Hyperions Schickalslied (06/02/2018)
Fantaisie du soir / Abendphantasie (06/02/2019)
En bleu adorable / In lieblicher Bläue (06/02/2020)
« Comme, lorsqu’au jour de fête... » / « Wie wenn am Feiertage... » (06/02/21)
Fête de la paix / Friedensfeier (01/08/2021)
La moitié de la vie / Hälfte des Lebens (06/02/2022)
Pain et vin / Brot und wein (06/02/2023)
Patmos (06/02/2024)
Le printemps / Der Frühling (06/02/2026) (1-5)
Der Frühling
6
Der Tag erwacht, und prächtig ist der Himmel,
Entschwunden ist von Sternen das Gewimmel,
Der Mensch empfindet sich, wie er betrachtet,
Der Anbeginn des Jahrs wird hoch geachtet.
Erhaben sind die Berge, wo die Ströme glänzen,
Die Blütenbäume sind, als wie mit Kränzen,
Das junge Jahr beginnt, als wie mit Festen,
Die Menschen bilden mit Höchsten sich und Besten.
mit Unterthänigkeit
Scardanelli
24 Mäi
1748
7
Wenn aus der Tiefe kommt der Frühling in das Leben,
Es wundert sich der Mensch, und neue Worte streben
Aus Geistigkeit, die Freude kehret wieder
Und festlich machen sich Gesang und Lieder.
Das Leben findet sich aus Harmonie der Zeiten,
Daß immerdar den Sinn Natur und Geist geleiten,
Und die Vollkommenheit ist Eines in dem Geiste,
So findet vieles sich, und aus Natur das Meiste.
mit Unterthänigkeit
SCARDANELLI
24 Mäi 1758
8
Die Sonne glänzt, es blühen die Gefilde,
Die Tage kommen blütenreich und milde,
Der Abend blüht hinzu, und helle Tage gehen
Vom Himmel abwärts, wo die Tag' entstehen.
Das Jahr erscheint mit seinen Zeiten
Wie eine Pracht, wo Feste sich verbreiten,
Der Menschen Tätigkeit beginnt mit neuem Ziele,
So sind die Zeichen in der Welt, der Wunder viele.
mit Untertänigkeit
Scardanelli
24 April 1839.
9
Die Sonne kehrt zu neuen Freuden wieder,
Der Tag erscheint mit Stralen, wie die Blüte,
Die Zierde der Natur erscheint sich dem Gemüte,
Als wie entstanden sind Gesang und Lieder.
Die neue Welt ist aus der Tale Grunde,
Und heiter ist des Frühlings Morgenstunde,
Aus Höhen glänzt der Tag, des Abends Leben
Ist der Betrachtung auch des innern Sinns gegeben.
Mit Untertänigkeit
20
Jan.
1758
Scardanelli
Poème précédent en allemand :
Friedrich Hölderlin : Le printemps / Der Frühling (06/02/2026) (1-5)