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Le bar à poèmes
1 février 2026

Dino Campana (1885 – 1932) : Images du voyage et de la montagne / Immagini del viaggio e della mantagna

Dino Campana par Giovanni Costelli

 

 

Images du voyage et de la montagne

 


... lors que dans la sourde lutte nocturne


La plus puissante âme seconde eut fracassé nos chaînes


Nous nous éveillâmes pleurant et c’était l’azuré matin :


Comme ombres de héros voguaient :


De l’aube non ombres dans les purs silences


De l’aube


Dans les pures pensées


Non ombres


De l’aube non ombres :


Pleurant ; jurant nous foi à l’azur


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Paraît la femme qui se tient assise pâle jeune encore


Au-dessus de la lampe ultime auprès de la maison antique


Au-devant elle incertaines se dénouent les vallées


Vers les solitudes hautes des horizons :


La gente dame chenue entend le coucou qui chante.


Et le simple cœur éprouvé dans les années


Aux mélodies de la terre 


Ecoute paisible : les notes


Parviennent, continues ambiguës comme un voile de soie.


De forêts obscures le torrent


Sort et en torpides tourbillons le cirque des roches


Lèche et enveloppe aérien bleuté...


Et le coucou coule plus lent deux notes voilées


Dans le silence azuré


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L’ai rit : et la trompe à l’aval des monts


Sonne ; la masse des coureurs


Se défait : a de vives envolées : nos cœurs


Bondissent ; et crie et outrefranchit les ponts.


Et des hauteurs aux infinis éclats de l’aube


Vigilants, descendent frémissants par les monts,


Tremblants et indistincts dans les fontaines vives,


Les échos incertains de nos deux cœurs soumis...


Ils ont franchi en longue théorie :


Dans l’air je ne sais quel bachique chant


Ils montent : derrière eux tout le mont retentit :


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Et se distingue leur chant vert.


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Aller, des eaux aux tourbillons, par la pente


De la vallée, dans le sourd murmure effleuré :


Poursuivre une aile fatiguée par la pente


De la vallée qui bat, décale, désolé


Aller par vallées, jusqu’à ce qu’en azurée


Sérénité, par les âpres roches donné


Un Bourg en diverses et grises tours dressées


A l’alterne pensée et disparaît


Par-dessus le rêve avide rasséréné !


Ô si comme le torrent qui ruine et s’écroule


Et se repose enfin dans l’azur égal


Si pareillement à ta muraille l’encljne


Âme au néant dans son cheminement fatal


Si à ta haute muraille en paix cristalline


Je pouvais tendre aussi, en une paix égale,


Et le souvenir refléter d’une divine


Sérénité perdue ô toi immortelle


Âme ! ô toi !


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La moisson, prêtée toute au mystérieux chœur


Du vent, en allées de longues ondes tranquilles,


Et muette et glorieuse par mes pupilles


Délivre le giron des lumières d’or


Espérance ! Espérance ! par mille par mille


Resplendissent dans l’été tous les fruits ! un chœur


Qui, enchanté, est à son murmure, chantant


Qui vit par myriades d’étincelles !


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Voici la nui : et voici que me veillent


Lumières et lumières : moi lointain et seul :


Paisible est la moisson, croisant vers l’infini


(Paisible est l’esprit) s’en vont de muettes odes


Ala nuit : à la nuit : j’entends :Rien


Qu’ombres qui s’en revient, lui qui était parti...

 

 

 

 

Traduit de l’italien par Irène Gayraud et Christophe Mileschi

 

In, Dino Campana : « Chants orphiques et autres poèmes »,

 

Editions Points, 2016
 

Du même auteur :

 

Gênes / Genova (20/08/2017)

 

La Chimère / La Chimera (20/08/2018)

 

Poésie facile / Poesia facile (20/08/2019)

 

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Femme génoise / Donna genovese (01/02/2024)

 

Voyage à Montevideo / Viaggio a Montevideo (01/02/2025)

 

 

Immagini del viaggio e della mantagna

 


... poi che nella sorda lotta notturna


La più potente anima seconda ebbe frante le nostre catene


Noi ci svegliammo piangendo ed era l’azzurro mattino:


Come ombre d’eroi veleggiavano:


De l’alba non ombre nei puri silenzii


De l’alba


Nei puri pensieri


Non ombre


De l’alba non ombre:


Piangendo: giurando noi fede all’azzurro


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Pare la donna che siede pallida giovine ancora


Sopra dell’erta ultima presso la casa antica:


Avanti a lei incerte si snodano le valli


Verso le solitudini alte de gli orizzonti:


La gentile canuta il cuculo sente a cantare.


E il semplice cuore provato negli anni


A le melodie della terra


Ascolta quieto: le note


Giungon, continue ambigue come in un velo di seta.


Da selve oscure il torrente


Sorte ed in torpidi gorghi la chiostra di rocce


Lambe ed involge aereo cilestrino...


E il cuculo cola più lento due note velate


Nel silenzio azzurrino


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L’aria ride: la tromba a valle i monti


Squilla: la massa degli scorridori


Si scioglie: ha vivi lanci: i nostri cuori


Balzano: e grida ed oltrevarca i ponti.


E dalle altezze agli infiniti albori


Vigili, calan trepidi pei monti,


Tremuli e vaghi nelle vive fonti,


Gli echi dei nostri due sommessi cuori...


Hanno varcato in lunga teoria:


Nell’aria non so qual bacchico canto.


Salgono: e dietro a loro il monte introna:


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E si distingue il loro verde canto.


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 Andar, de l’acque ai gorghi, per la china


Valle, nel sordo mormorar sfiorato:


Seguire un’ala stanca per la china


Valle che batte e volge: desolato


Andar per valli, in fin che in azzurrina


Serenità, dall’aspre rocce dato


Un Borgo in grigio e vario torreggiare


All’alterno pensier pare e dispare,


Sovra l’arido sogno, serenato!


O se come il torrente che rovina


E si riposa nell’azzurro eguale,


Se tale a le tue mura la proclina


Anima al nulla nel suo andar fatale,


Se alle tue mura in pace cristallina


Tender potessi, in una pace uguale,


E il ricordo specchiar di una divina


Serenità perduta o tu immortale


Anima! o Tu!


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La messe, intesa al misterioso coro


Del vento, in vie di lunghe onde tranquille


Muta e gloriosa per le mie pupille


Discioglie il grembo delle luci d’oro.


O Speranza! O Speranza! a mille a mille


Splendono nell’estate i frutti! un coro


Ch’è incantato, è al suo murmure, canoro


Che vive per miriadi di faville!...


_________________________________


Ecco la notte: ed ecco vigilarmi


E luci e luci: ed io lontano e solo:


Quieta è la messe, verso l’infinito


(Quieto è lo spirto) vanno muti carmi


A la notte: a la notte: intendo: Solo


Ombra che torna, ch’era dipartito...


Poème précédent en italien :


Giacomo Leopardi : Sur le bas-relief antique d’un tombeau / Sopra un basso rilievo antico sepolcrale (20/12/2025)

 

Poème suivant en italien :

 

Eugenio Montale  : Chrysalide / Crisalide (08/02/2026)
 

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