Dino Campana (1885 – 1932) : Images du voyage et de la montagne / Immagini del viaggio e della mantagna
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Dino Campana par Giovanni Costelli
Images du voyage et de la montagne
... lors que dans la sourde lutte nocturne
La plus puissante âme seconde eut fracassé nos chaînes
Nous nous éveillâmes pleurant et c’était l’azuré matin :
Comme ombres de héros voguaient :
De l’aube non ombres dans les purs silences
De l’aube
Dans les pures pensées
Non ombres
De l’aube non ombres :
Pleurant ; jurant nous foi à l’azur
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Paraît la femme qui se tient assise pâle jeune encore
Au-dessus de la lampe ultime auprès de la maison antique
Au-devant elle incertaines se dénouent les vallées
Vers les solitudes hautes des horizons :
La gente dame chenue entend le coucou qui chante.
Et le simple cœur éprouvé dans les années
Aux mélodies de la terre
Ecoute paisible : les notes
Parviennent, continues ambiguës comme un voile de soie.
De forêts obscures le torrent
Sort et en torpides tourbillons le cirque des roches
Lèche et enveloppe aérien bleuté...
Et le coucou coule plus lent deux notes voilées
Dans le silence azuré
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L’ai rit : et la trompe à l’aval des monts
Sonne ; la masse des coureurs
Se défait : a de vives envolées : nos cœurs
Bondissent ; et crie et outrefranchit les ponts.
Et des hauteurs aux infinis éclats de l’aube
Vigilants, descendent frémissants par les monts,
Tremblants et indistincts dans les fontaines vives,
Les échos incertains de nos deux cœurs soumis...
Ils ont franchi en longue théorie :
Dans l’air je ne sais quel bachique chant
Ils montent : derrière eux tout le mont retentit :
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Et se distingue leur chant vert.
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Aller, des eaux aux tourbillons, par la pente
De la vallée, dans le sourd murmure effleuré :
Poursuivre une aile fatiguée par la pente
De la vallée qui bat, décale, désolé
Aller par vallées, jusqu’à ce qu’en azurée
Sérénité, par les âpres roches donné
Un Bourg en diverses et grises tours dressées
A l’alterne pensée et disparaît
Par-dessus le rêve avide rasséréné !
Ô si comme le torrent qui ruine et s’écroule
Et se repose enfin dans l’azur égal
Si pareillement à ta muraille l’encljne
Âme au néant dans son cheminement fatal
Si à ta haute muraille en paix cristalline
Je pouvais tendre aussi, en une paix égale,
Et le souvenir refléter d’une divine
Sérénité perdue ô toi immortelle
Âme ! ô toi !
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La moisson, prêtée toute au mystérieux chœur
Du vent, en allées de longues ondes tranquilles,
Et muette et glorieuse par mes pupilles
Délivre le giron des lumières d’or
Espérance ! Espérance ! par mille par mille
Resplendissent dans l’été tous les fruits ! un chœur
Qui, enchanté, est à son murmure, chantant
Qui vit par myriades d’étincelles !
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Voici la nui : et voici que me veillent
Lumières et lumières : moi lointain et seul :
Paisible est la moisson, croisant vers l’infini
(Paisible est l’esprit) s’en vont de muettes odes
Ala nuit : à la nuit : j’entends :Rien
Qu’ombres qui s’en revient, lui qui était parti...
Traduit de l’italien par Irène Gayraud et Christophe Mileschi
In, Dino Campana : « Chants orphiques et autres poèmes »,
Editions Points, 2016
Du même auteur :
Gênes / Genova (20/08/2017)
La Chimère / La Chimera (20/08/2018)
Poésie facile / Poesia facile (20/08/2019)
Jardin automnal (Florence) / Giardino autunnale (Firenze) (20/02/2020)
Bâtiment en voyage / Bastimento in viaggio (20/08/2020)
L’espérance (sur le torrent nocturne) /La speranza (sul torrente notturno) (01/02/2021)
La baie vitrée / L’invetriata (20/08/2021)
Le chant de la ténèbre / Il canto della tenebra (01/02/2022)
Le soir de la foire / La sera di fiera (20/08/2022)
Guglielma et Manfreda au balcon (XIIIème siècle) /Guglielmina e Manfreda al balcone (Secolo XIII) (01/02/2023)
Femme génoise / Donna genovese (01/02/2024)
Voyage à Montevideo / Viaggio a Montevideo (01/02/2025)
Immagini del viaggio e della mantagna
... poi che nella sorda lotta notturna
La più potente anima seconda ebbe frante le nostre catene
Noi ci svegliammo piangendo ed era l’azzurro mattino:
Come ombre d’eroi veleggiavano:
De l’alba non ombre nei puri silenzii
De l’alba
Nei puri pensieri
Non ombre
De l’alba non ombre:
Piangendo: giurando noi fede all’azzurro
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Pare la donna che siede pallida giovine ancora
Sopra dell’erta ultima presso la casa antica:
Avanti a lei incerte si snodano le valli
Verso le solitudini alte de gli orizzonti:
La gentile canuta il cuculo sente a cantare.
E il semplice cuore provato negli anni
A le melodie della terra
Ascolta quieto: le note
Giungon, continue ambigue come in un velo di seta.
Da selve oscure il torrente
Sorte ed in torpidi gorghi la chiostra di rocce
Lambe ed involge aereo cilestrino...
E il cuculo cola più lento due note velate
Nel silenzio azzurrino
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L’aria ride: la tromba a valle i monti
Squilla: la massa degli scorridori
Si scioglie: ha vivi lanci: i nostri cuori
Balzano: e grida ed oltrevarca i ponti.
E dalle altezze agli infiniti albori
Vigili, calan trepidi pei monti,
Tremuli e vaghi nelle vive fonti,
Gli echi dei nostri due sommessi cuori...
Hanno varcato in lunga teoria:
Nell’aria non so qual bacchico canto.
Salgono: e dietro a loro il monte introna:
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E si distingue il loro verde canto.
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Andar, de l’acque ai gorghi, per la china
Valle, nel sordo mormorar sfiorato:
Seguire un’ala stanca per la china
Valle che batte e volge: desolato
Andar per valli, in fin che in azzurrina
Serenità, dall’aspre rocce dato
Un Borgo in grigio e vario torreggiare
All’alterno pensier pare e dispare,
Sovra l’arido sogno, serenato!
O se come il torrente che rovina
E si riposa nell’azzurro eguale,
Se tale a le tue mura la proclina
Anima al nulla nel suo andar fatale,
Se alle tue mura in pace cristallina
Tender potessi, in una pace uguale,
E il ricordo specchiar di una divina
Serenità perduta o tu immortale
Anima! o Tu!
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La messe, intesa al misterioso coro
Del vento, in vie di lunghe onde tranquille
Muta e gloriosa per le mie pupille
Discioglie il grembo delle luci d’oro.
O Speranza! O Speranza! a mille a mille
Splendono nell’estate i frutti! un coro
Ch’è incantato, è al suo murmure, canoro
Che vive per miriadi di faville!...
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Ecco la notte: ed ecco vigilarmi
E luci e luci: ed io lontano e solo:
Quieta è la messe, verso l’infinito
(Quieto è lo spirto) vanno muti carmi
A la notte: a la notte: intendo: Solo
Ombra che torna, ch’era dipartito...
Poème précédent en italien :
Giacomo Leopardi : Sur le bas-relief antique d’un tombeau / Sopra un basso rilievo antico sepolcrale (20/12/2025)
Poème suivant en italien :
Eugenio Montale : Chrysalide / Crisalide (08/02/2026)