Catulle / Caius Valerius Catullus (87 – vers 52 av. J.C.) : « Vivons, ma Lesbie... » / Vivamus, mea Lesbia... »
/image%2F1371599%2F20260218%2Fob_1cd4a7_250px-busto-di-catullo-1.jpg)
Le buste de Catulle à la Bibliothèque Municipale de Vérone
Vivons, ma Lesbie, et aimons,
et tout ce que diront les austères vieillards,
ne l’estimons pas plus qu’un sou.
Les soleils peuvent se coucher et revenir.
Nous, quand notre brève lumière s’est une fois couchée,
c’est une nuit éternelle qu’il nous faut dormir.
Donne-moi mille baisers, et puis cent,
puis mille autres, et puis cent encore,
puis mille autres encore, et puis cent.
Puis, quand nous serons arrivés à beaucoup de milliers,
nous les brouillerons tous, pour que nous ne sachions plus,
ou qu’un jaloux ne puisse nous faire du mal
s’il venait à savoir qu’il s’est donné tant de baisers.
Traduit du latin par Philippe Heuzé
In, « Anthologie bilingue de la poésie latine »
Editions Gallimard (Pléiade), 2020
Vivons, ma Lesbie, aimons-nous,
Et traitons comme rien tous les propos jaloux
De la trop sévère vieillesse.
Le soleil meurt er reparaît sans cesse ;
Mais quand meurt notre flamme éphémère, il faut tous
Dormir de même une nuit éternelle.
Donne-moi cent baisers, et puis mille, et puis cent,
Mille encor, que leur nombre aille toujours croissant,
Encor mille, encor cent... Que le compte s’emmêle,
Et par milliers embrouillons-le si bien
Que nous ne sachions plus nous-mêmes, maîtresse,
Et qu’aucun envieux ne sache de combien
De milliers de baiser est faite notre ivresse !
Traduit du latin par Eugène Rostand
in, « Les poésies de Catulle », Hachette, 1882
Allons viens, ma Lesbie, vivons et aimons-nous !
Quant à tout ce que disent sur nous les vieux cons,
On s’en fiche amplement, ça ne vaut pas un clou.
Alors que le soleil peut mourir et renaître,
Notre brève lueur à peine disparue,
Il nous faut reposer une nuit éternelle.
Donne-moi, je le veux, mille baisers puis cent
Et mille autres après, puis cent autres ensuite
Et mille autres encore, et puis cent à nouveau ;
Et quand nous en aurons échangé des milliers,
Nous brouillerons le compte afin de l’oublier
Et que les envieux ne nous portent pas tort
En apprenant qu’on s’est donné tant de baisers.
Traduit du latin par Nicolas Waquet
Editions Payot & Rivages (Petite bibliothèque) 2024
Du même auteur : « Perle des presqu’îles et des îles, Sirmione... » / « Paene insularum, Sirmio... » (18/02/2025)
Vivamus, mea Lesbia, atque amemus,
rumoresque senum severiorum
omnes unius aestimemus assis.
Soles occidere et redire possunt:
nobis cum semel occidit brevis lux,
nox est perpetua una dormienda.
Da mi basia mille, deinde centum,
dein mille altera, dein secunda centum,
deinde usque altera mille, deinde centum.
Dein, cum milia multa fecerimus,
conturbabimus illa, ne sciamus,
aut ne quis malus invidere possit,
cum tantum sciat esse basiorum.
Poème précédent en latin :
Ovide / Publius Ovidius Naso : Hermione à Oreste / Hermione Oresti (26/01/2026)
Poème suivant en latin :
Horace / Quintus Horatius Flaccus : « L’âpre saison a contracté le ciel... » / « Horrida tempestas caelum contraxit... » (02/09/2026)
)