Francisco de Quevedo y Villegas (1580 – 1645) : « Hier, un songe... / « ¡ Fue sueño ayer... »
/image%2F1371599%2F20250919%2Fob_2c249b_330px-monumento-a-quevedo-madrid-06b.jpg)
Statue de StatuQuevedo y Villegas par Agustí Querol i Subirats,, à Madrid (1902)
Hier, un songe, et demain, la poussière !
Rien, peu avant, et peu après, fumée !
Et je vis d’ambitions, et me complais,
A peine un point du cercle qui m’enserre !
Bref combattant d’une importune guerre,
A mon secours je suis péril extrême ;
Pendant que je m’épuise, en armes même,
Mon corps m’abrite moins qu’il ne m’enterre.
Hier n’est plus, Demain hésite encore ;
Aujourd’hui passe, il est, il a été,
Et vers la mort son cours me précipite,
Chaque moment, chaque heure sont des houes
Qui, moyennant ma peine et mon souci,
Me creusent au-dedans ma sépulture.
Traduit de l’espagnol par Claude Esteban
in, « Anthologie bilingue de la poésie espagnole »
Editions Gallimard (La pléiade), 1995
Du même auteur :
A Rome, ensevelie sous les ruines / A Roma sepultada en sus ruinas (11/01/2019)
« J’aurai vu les remparts... » / « Miré los muros... » (27/01/2021)
« Du dernier jour déjà le glas résonne... » / « Ya formidable y espantoso suena... (19/09/2024)
¡ Fue sueño ayer ; mañana será tierra !
¡ Poco antes, nada ; y poco después humo !
¡ Y destino ambiciones y presumo
Apenas junto al cerco que me cierra !
Breve combate de importuna guerra,
En mi defensa, soy peligro sumo ;
Y mientras con mis armas me consumo,
Menos me hospeda el cuerpo, que me entierra.
Ya no es ayer ; mañana no ha llegado ;
Hoy pasa y es, y fue, con movimiento
Que a la muerte me lleva despeñado.
Azadas son la hora y el momento
Que, a jornal de mi pena y mi cuidado,
Cavan en mi vivir mi monumento.
Poème précédent en espagnol :
Luis Mizón : Le songe du figuier en flammes / El sueño de la higuera en llamas (IV),(05/08/2025)
Poème suivant en espagnol :
Claudio Rodríguez : Don de l’ivresse / Don de la ebriedad (I, WII-IX) (04/10/2025)