Empereur Wu des Han ( Han wudi) / 汉武帝 (156 – 87 av. J.C.) : Chanson du vent d’automne
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Chanson du vent d’automne
Le vent d’automne se lève, les nuages blancs volent.
L’herbe jaunit, les feuilles tombent, les oies sauvages retournent vers le sud.
L’orchidée fleurit, le chrysanthème embaume,
Je songe à la beauté que jamais je n’oublie.
Mon bateau traverse la Rivière Fen.
Il franchit le courant en soulevant des vagues blanches.
La flûte et le tambour retentissent, le chant des rameurs s’élève.
Mais au plus fort de la joie vient la tristesse,
Car jeunesse dure peu et vieillesse est inéluctable.
Traduit du chinois par Patricia Guillermaz
In, « La poésie chinoise des origines à la révolution »
Editions Gérard & C° (Marabout Université), Verviers (Belgique)
Stances du vent d’automne
Le vent d’automne s’est levé.
Quel vol de blancs nuages !
L’herbe va jaunir, l’arbre va s’effeuiller ;
Au Sud fuit l’oie sauvage.
Mais reste à l’orchidée sa fleur,
L’arôme aux chrysanthèmes.
Sans pouvoir l’oublier, mon cœur
Songe à celle que j’aime.
De la Fen*, ma nef, en voguant,
Franchit l’eau tourmentée,
Et fait, en travers du courant,
Jaillir l’onde argentée.
Au son des flutes et tambours,
Les chants des rameurs naissent.
Des plaisirs épuisés, il sourd
D’autant plus de tristesse.
Jeunesse et vigueur, qu’endurent le jours ?
Quoi ! déjà la vieillesse...
* Affluent du Fleuve Jaune
Traduit du chinois
In, « Lectures chinoises N¨°1, janvier 1945 »
Centre franco-chinois d’études sinologiques, Pékin, 1945