Salvatore Quasimodo (1901 – 1968) : J'entends encore la mer / s’ode ancora il mare
Voilà plusieurs nuits déjà qu’on entend encore
Le doux bruit de la mer, dans son flux et son reflux,
Le long des grèves lisses. C’est l’écho d’une voix
Close dans la mémoire qui remonte le temps ;
Et l’on entend aussi cette plainte assidue
Des mouettes ; peut-être est-ce celle d’oiseaux
Hantant les tours, que vers la plaine pousse avril.
Déjà tu m’étais proche, ô toi, par cette voix ;
Je voudrais qu’à mon tour à présent te parvienne
Egalement de moi l’écho d’un souvenir,
Tout comme cet obscur murmure de la mer.
Traduit de l’italien par Sicca Vernier
in, « Poètes d’Italie. Anthologie, des origines à nos jours »
Editions de la Table Ronde, 1999
On entend sans cesse la mer
Depuis plusieurs nuits déjà on entend sans cesse la mer,
légère, en son va-et-vient, le long des sables lisses.
Echo d’une voix close en la pensée
qui remonte le temps ; et aussi cette
plainte assidue des mouettes : peut-être
d’oiseaux des tours, et qu’avril
pousse vers la plaine. Déjà
tu m’étais proche comme cette voix ;
et je voudrais que te parvienne de moi,
à cet instant, un écho de mémoire,
comme cet obscur murmure de la mer.
Traduit de l'italien par Roland Ladrière
in, Salvatore Quasimodo : "Oeuvres poétiques"
Editions de Corlevour, 92110 Clichy, 2021
J’entends encore la mer
Depuis plusieurs nuits, j’entends encor la mer
vaguement de-ci, de-là, le long du sable lisse.
Echo d’une voix enclose en mon esprit
qui resurgit du passé ; cette complainte
assidue des mouettes est peut-être
celle des oiseaux dans les tours, qu’avril
pousse vers la plaine. Toi, jadis,
tu étais près de moi, unie à cette voix ;
et je voudrais qu’à cette heure naisse en ton esprit
un écho de mon souvenir
égal à cet obscur murmure marin.
Traduit de l’italien par Geneviève Burckhardt
In, « Italie poétique contemporaine »
Editions du Dauphin, 1968
On entend encore la mer
Depuis plusieurs nuits déjà, on entend encore la mer,
légère, qui va et vient, le long des sables lisses.
Echo d’une voix enclose dans la mémoire
qui remonte du fond des temps ; et aussi cette
plainte régulière des mouettes : peut-être
d’oiseaux dans les tours, qu’avril
pousse vers la plaine. Jadis,
proche de moi, tu l’étais par cette voix-là ;
et moi, je voudrais que te parvint aussi
maintenant, de moi un écho du souvenir,
pareil à cette obscure rumeur de mer.
Traduit de l’italien par Jean-Yves Masson,
In, Revue « Polyphonie, N°7 printemps 1988 »,
Du même auteur :
Et c’est bientôt le soir / Ed è subito sera (01/11/2014)
Devant le gisant d’Ilaria del Carretto / Davanti al simulacro d’Ilaria Del Carretto (15/04/2019)
Anno Domini MCMXLVII (15/04/2020)
Vent à Tyndaris / Vento a Tindari (15/04/2021)
Temple de Zeus à Agrigente / Tempio di Zeus Ad Agrigento 15/04/2022)
La pie noire rit sur les orangers / Ride la gazza, nera sugli aranci. (06/10/2022)
Les retours / I Ritorni (15/04/2023)
Glendalough (06/10/2023)
: Ô mes doux animaux / O miei dolci animali (15/04/2024)
Dialogue / Dialogo (06/10/2024)
Plainte pour le Sud / Lamento per il Sud (15/04/25)
S’ode ancora il mare
Già da più notti s’ode ancora il mare,
lieve, su e giù, lungo le sable lisce.
Eco d’una voce chiusa nella mente
che risale dal tempo ; ed anche questo
lamento assiduo di gabbiani : forse
d’ucelli delle tori, che l’aprile
sospinge verso la pianura. Già
m’eri vicina tu con quella voce ;
ed io vorrei che pure a te venisse,
ora, di me un’eco di memoria,
come quel buio murmure di mare.
Giorno dopo giorno
Mondadori, Milano (Italia), 1947
Poème précédent en italien :
Michelangelo Buonarotti « Quelle mordante lime… » / « Per qual mordace lima… » (14/01/2018)
Poème suivant en italien :
Cesare Pavese: La mort viendra et elle aura tes yeux / Verrà la morte e avrà i tuoi occhi (18/04/2018)
