Forough Farrokhzâd / فروغ فرخزاد / (1934 – 1967) : Sur la terre
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Sur la terre
Jamais je n’ai voulu
Etre une étoile dans le mirage du ciel
Ou comme l’âme des élus
Etre la compagne silencieuse des anges
Jamais je n’ai été séparée de la terre
Ou familières des étoiles
Je me tiens debout sur la terre
Avec mon corps qui comme la tige d’une plante
Suce le vent et le soleil et l’eau
Pour vivre
Féconde
Remplie de désirs
Remplie de douleurs
Je me tiens debout sur la terre
Pour que les étoiles me célèbrent
Pour que le brises me caressent
*
Je me regarde par la lucarne
Je ne suis que l’écho d’un chant
Je ne suis pas immortelle
Je ne cherche que l’écho d’un chant
Dans le cri de ce plaisir plus pur
Que le simple silence d’un chagrin
Je ne cherche aucun autre abri
Dans un corps qui est rosée
Sur la fleur d’iris de mon corps
*
Sur le mur de la cahute qu’est ma vie
Des passants ont inscrit
A l’encre noire de l’amour
De nombreux souvenirs :
Un cœur transpercé d’une flèche
Une bougie renversée
Des points muets et décolorés
Sur les lettre emmêlées de la folie
Chaque fois que des lèvres rejoignent les miennes
Un embryon d’étoiles se forme
Dans ma nuit, se posant
Sur le fleuve de mes souvenirs
Pourquoi alors espérer des étoiles ?
*
Ceci est mon chant
- Qui se pose suave sur tous les cœurs aimants
Tel qu’il a toujours été – avant et maintenant
Traduit du persan par Leili Anvar
In, Forough Farrokhzad : « J’irai jusqu’au rivage du soleil »
Editions Galimard (Poésie)