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Le bar à poèmes
8 juillet 2026

William Blake (1757 – 1827) : Au printemps / To spring

 

 

 

 

 

Au printemps

 

 

 

 

O toi dont les boucles sont couvertes de rosée, qui regardes

 

A travers les fenêtres claires du matin, laisse tomber

 

Ton regard angélique sur notre île occidentale

 

Dont les voix saluent en chœur ton approche, ô Printemps.

 

 

 

Les collines l’ une à l’autre se le disent ; et les vallées à l’écoute

 

L’entendent ; nos yeux impatients tous se lèvent

 

Vers les oriflammes éclatantes : sors,

 

Et que tes pieds sacrés visitent nos régions.

 

 

 

Franchis les collines à l’orient, et laisse nos vents

 

Baiser tes vêtements parfumés ; laisse-nous savourer

 

Ton haleine du matin et du soir ; répand tes perles

 

Sur,notre terre défaillante d’amour, qui pleure ton absence.

 

 

 

O pare-la de tes doigts charmants ; répands

 

Tes doux baisers sur son sein ; et pose

 

Ta couronne d’or sur la tête languissante

 

De celle qui chastement noua pour toi sa chevelure.

 

 

 

 

 

Traduit de l’anglais par Madeleine L. Cazamian

 

In, William Blake : « Poèmes choisis »

 

ubier, Editions Montaigne, 1963


Du même auteur : 

 

“ L’alouette, sur son lit de terre… / The Lark, sitting upon his earthy bed…” (28/04/2015)

 

Proverbes de l’Enfer / Proverbs of Hell (09/11/2018)

 

A l’étoile du soir / To the evening star (08/07/24)

 

Au matin / To morning (08/07/2025)

 

 

 

 

To Spring

 

 

 

O thou with dewy locks, who lookest down


Thro' the clear windows of the morning, turn


Thine angel eyes upon our western isle,


Which in full choir hails thy approach, O Spring!

 



The hills tell each other, and the listening


Valleys hear; all our longing eyes are turned


Up to thy bright pavilions: issue forth,


And let thy holy feet visit our clime.

 



Come o'er the eastern hills, and let our winds


Kiss thy perfumed garments; let us taste


Thy morn and evening breath; scatter thy pearls


Upon our love-sick land that mourns for thee.

 



O deck her forth with thy fair fingers; pour


Thy soft kisses on her bosom; and put


Thy golden crown upon her languished head,


Whose modest tresses were bound up for thee !.

 

 

 

 

 

Poetical sketches,

 

London, 1783


Poème précédent en anglais :

 

Maya Angelou : La souvenance / Remembrance (02/07/2026)

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