Luis Antonio de Villena (1951 -) : Royaume des Taifas / Reinos de TaifasTraduit de
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Royaume des Taifas
A Randal Switzer
Je jouirai de ta peau brune et du vent obscur
de ton duvet blond. Le matin nous irons
à la mer, nous chercherons des coquillages et des galets,
Et quand sortant de l’eau nous seront las,
nous mangerons couchés des raisins et la pulpe carmin
de la pastèque. Parmi l’éclat du soleil,
je promènerai ma main sur l’eau délicieuse
de tes jambes. Quand arrivera la nuit
et que l’air brûlera dans la chaude odeur des jasmins,
nous boirons du vins sur la terrasse, et tandis que
ta première jeunesse reposera sur moi, que tu me souriras,
tout prêt de t’endormir, je jouerai à fixer sur ton lobe
un grenat (qui brille dans la nuit) ou la blanche pâleur
d’une perle. L’aube nous surprendra
(je te le promets) parmi le meilleur et les délices du désir.
Les jours dont nous disposons, souviens-toi, sont comptés
Presque nul ne comprend le plaisir, trop grande est
l’insouciance. Les gens de notre espèce doivent
vivre vite. Comme si tout n’existait qu’un seul jour.
Notre royaume est éphémère ! Chrétiens ou Almoravides
finissent assez tôt par frapper à notre porte.
Traduit de l’espagnol par François-Michel Durazzo
in, Revue « Europe »
Du même auteur : Oraison aux parvis de la cité de Baal (25/02/2016)
Reinos de Taifas
A Randal Switzer
Gozaré con tu piel morena, y el viento oscuro
de tu pelo rubio. Iremos en la mañana
al mar, y buscaremos conchas y piedras lisas.
Y cuando estemos cansados, al salir del lagua,
nos tenderemos a comer uvas, y la pulpa carmesi
de la sandia. Entre el fugor del sol,
yo pasearé mi mano por el agua deliciosa
de lus piernas. Y cuando. llegue la noche
y el aire arda en el cа́lido olor de los jazmines,
beberemos vino en la terraza, y mientras
tu jovencisima belleza se reposa en mí, y me sonríes
muy cerca ya del sueño, jugaré a prenderte en el lо́bulo
un granate ( que brilla por la noche) o el blanco palor
de una perla. Y el alba nos sorprenderа́
(te lo prometo) entre el deseo mejor y la delicia.
Son, recuerda, muy pocos los días de que disponemos.
Casi nadie entiende el placer y es muy larga
la incuria. Las gentes como nosotros deben
vivir deprisa.Como si todo fuese solamente un día.
Que breve es niestro reino, y cristianos o almorа́vides,
terminan por llamar muy pronto a nuestra porta.
Poème précédent en espagnol :
Atahualpa Yupanqui: Bagualita des collines / Bagualita del cerro (10/03/2026)