Haizi / 海子 (1964 – 1989) : Journal
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Journal
Ce soir, ma sœur, me voilà à Delingha, le noir recouvre tout
Ce soir, ma soeur, je n'ai plus que le Gobi :
Le bout extrême de la steppe mes mains sont nues et vides
Dans la douleur, elles ne peuvent pas même retenir la goutte d’une larme
Ce soir, ma sœur, me voilà à Delingha
Une ville déserte au milieu de la pluie
En dehors de ses passants et habitants,
A Delingha, ce soir
C’est l’unique - et l’ultime - chant
C’est l’unique - et l’ultime – steppe.
Je rends la pierre à la pierre
Je laisse la victoire à sa victoire
Ce soir l’orge n’appartient qu’à elle-même
Tout est en train de croître
Ce soir je n’ai que le beau Gobi, vide et nu
Ce soir, ma sœur, je ne me soucie pas de l’humanité, je ne songe qu’à toi
Traduit du chinois par Romain Graziani et Song Gang
In, Revue « Inuits dans la jungle, N°4
Le Castor Astral, In’Hui, Phi Editions, 2011
Du même auteur :
Face à la mer (02/07/2018)
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