Izi Harik (1898 – 1937) : Août
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Août
En aôut je suis venu dans le village,
Août était de fraîcheur, transparent, irisé,
S’évaporait au soir l’odorante tristesse
Le village au matin montait dans la rosée.
Tout est léger dans cet été d’aube brumeuse,
Dans la chaude clarté des lointains les plus bleus,
L’air a l’odeur des pommes claires et pulpeuses
Et le cœur à son tour devient ferme et pulpeux.
Je t’ai naguère encore invectivé, maudit,
Mon village, aujourd’hui tu es là, en silence,
J’erre dans la fumée des floraisons, des fruits,
Août verse en ces lieux fraîcheur et transparence.
Août 1925
Traduit du yiddish par Charles Dobzynski
In, « Anthologie de la poésie yiddish. Le miroir d’un peuple »
Editions Gallimard (Poésie), 2000