Anacréon / Ἀνακρέων (vers550 –vers 464 av. J. C.) : « ... Ne frappe pas du pied, ô cavale de Thrace !... »
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Anacréon par Pierre -Joseph Grootaers (vers 1818) -Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique
... Ne frappe pas du pied, ô cavale de Thrace !
Je puis par tes longs crins te saisir avec grâce,
Te monter, te conduire, et remporter le prix.
Mais superbe, paisible, et paissant à l’herbe grasse,
Tu rôdes librement à l’ombre du hallier,
Et tu ne connais pas le poids du cavalier...
Traduit du grec par Marguerite Yourcenar,
In, « La couronne et la lyre,
Anthologie de la poésie grecque ancienne »
Editions Gallimard, 1979
La jeune fille indomptée
Pourquoi me fuis-tu, cavale de Thrace,
Pourquoi ce regard oblique et sans grâce ?
Crois-tu que je sois sans adresse encor ?
Mais sache le bien, je pourrais sans peine,
Te passer au col le bride et le mors.
Te faire tourner autour de l’arène,
Et si maintenant aux prés et pastures
Tu bondis et joues d’un cœur si léger,
C’est qu’il manque encore un bon écuyer
Qui sût te serrer comme une monture.
Traduit du grec par Robert Brasillach
in, « Anthologie de la poésie grecque »
Editions Stock, 1950
Du même auteur :
Le souhait (14/04/2015)
« Oui, mes tempes déjà sont grises... » (31/05/2019)
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