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Le bar à poèmes
30 août 2025

Myrddin (vers 540 - ?) : Les pommiers

 

Illustrations de la Chronique de Nuremberg, par Hartmann Schedel (1440-1514)

 

 

 

Les pommiers

 

 

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Doux pommier, arbre aux reflets jaunes,


toi qui croit à Talarth en dehors des enceintes,


je prédirai une guerre en Bretagne


pour défendre les marches contre les hommes d’Iwerdon.


Sept navires viendront par le grand lac


et sept cents par la mer pour nous combattre.


De ceux-là, aucun ne retournera vers Kennyn,


sauf sept,  à moitié vides, comme je le dis.

 

 

Doux pommier au riche feuillage, 


je prenais d’habitude mon repas à ton pied pour plaire à une fille,


alors que, le bouclier sur l’épaule et le glaive sur la cuisse,


je dormais seul dans la forêt de Kelyddon.


Ecoute, marcassin, raisonne-toi,


prête l’oreille aux doux chants des oiseaux.


A travers la mer, des souverains viendront lundi


et les Kymris seront bénis. 

 

 

 

Doux pommier qui croîs dans la clairière,


les seigneurs de la cour de Rydderch ne te voient pas


bien qu’ils foulent le sol à ton pied ;


à leurs yeux les visages des héros sont terribles.


Gwendydd ne m’aime plus et ne vient plus me voir, 


je suis odieux aux fidèles de Rydderch


car j’ai renié son fils et sa fille, 


puisse la mort impitoyable venir à moi !


Après Gwendoleu, aucun prince ne m’honore, 


je n’ai ni joie ni visite de mon aimée.


A la bataille d’Arderyd je portais un collier d’or,


mais maintenant je suis méprisé par celle qui est blanche comme un signe.

 

 

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Doux pommier qui croîs sur le bord du fleuve,


ton gardien te respecte trop pour profiter de tes fruits


Avant d’être privé de ma raison, je venais souvent près de toi


avec une fille charmante, gracieuse et gaie.


Mais pendant dix et quarante ans 


j’ai erré parmi les fous et les insensés.


Après avoir eu de grandes richesses et entretenu des musiciens,


maintenant je n’ai plus que malheur et folie,


et voici que je ne dors plus car je tremble pour mon maître,


mon seigneur Gwendoleu et pour ceux de mon pays.


Après les peines et les souffrances que j’ai endurées< dans la forêt de Kelyddon,


puissé-je devenir le serviteur béni du roi au splendide cortège

 

 

Doux pommier aux fleurs délicates,


toî qui croîs en un terrain rempli d’arbres,


la sorcière m’a révélé ce qui suit :


Un sceptre d’or d’un grand prix récompensera les braves.


Il sera donné aux chefs qui vaincront les dragons,


celui qui fera ce don arrêtera l’Impie.


Devant l’enfant hardi, comme un soleil en sa course,


les Saxons prendront la fuite et les bardes seront puissants.


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Traduit du gallois par Jean Markale


in, « Les grands bardes gallois »


Editions Jean Picollec, 1981
 

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