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Le bar à poèmes
12 mars 2019

Henri Droguet (1944 -) : Sans paroles

Henri Droguet (1944 -) : Sans paroles
Sans paroles C’est un soir un autre le cri comme de l’or des ruelles à flaques le ciel feuillu pierraille l’étoile buissonnière les vaisseaux vagues blancs le vent inévitable il pioche aveugle il pioche il défouit défouit il ricoche écorche fouette fou...
10 mars 2019

Daniel Biga (1940 -) : Aux portes de la ville

Daniel Biga (1940 -) : Aux portes de la ville
Aux portes de la ville Il neige jusqu’aux portes de la ville Jusqu’à la rive du fleuve jusqu’à la naissance de la mer Quelque ébauche de paix de ferveur même S’est alors infiltrée jusqu’au cœur Du plus épais parmi les hommes Sur la noirceur le tintamarre...
9 mars 2019

Vera Linhartova (1938 -) : « Les années s’allient ... »

Vera Linhartova (1938 -) : « Les années s’allient ... »
Les années s’allient et s’annulent L’instant à la réflexion peut toujours revenir sur ses pas tandis que moi je serai repartie pour d’autres instants tout aussi irréfléchis Villes entières allées rues et ponts ne s’écroulent point sous la gravité de ces...
8 mars 2019

Gaston Chaissac (1910 – 1964) : Au pays de la calotte vinassouse

Gaston Chaissac (1910 – 1964) : Au pays de la calotte vinassouse
Au pays de la calotte vinassouse « La bombe atomique est une appellation assez contrôlée mais Religion est un bien grand mot pour désigner la calotte vinassouse. » Gaston CHAISSAC Avez- vous vu danser la calotte vinassouse Les bras nus et les pieds sur...
4 mars 2019

Gil Jouanard (1937 -2021) : « Fibres... »

Gil Jouanard (1937 -2021) : « Fibres... »
Fibres. Le bois descend dans ses artères, lente voix s’effaçant dans l’épaisseur des terres. Les nervures de chaque mot, et son squelette, sous le mécanisme du souffle. Brun tiède, telle, l’odeur se dicte sous la saignée des arbres dont l’écorce ne masque...
4 mars 2019

Saint-Pol-Roux (1861 – 1940) : Pour dire aux funérailles des poètes

Saint-Pol-Roux (1861 – 1940) : Pour dire aux funérailles des poètes
Pour dire aux funérailles des poètes ALLEZ BIEN DOUCEMENT, MESSIEURS LES FOSSOYEURS Allez bien doucement, car ce cercueil n’est pas comme les autres en qui se trouve un bloc d’argile enlinceulé de langes, celui-ci recèle entre ses planches un trésor magnifique,...
28 février 2019

Alphonse de Lamartine (1790 – 1869) : L’Infini dans les cieux

Alphonse de Lamartine (1790 – 1869) : L’Infini dans les cieux
L'infini dans les cieux C'est une nuit d'été ; nuit dont les vastes ailes Font jaillir dans l'azur des milliers d'étincelles ; Qui, ravivant le ciel comme un miroir terni, Permet à l'oeil charmé d'en sonder l'infini ; Nuit où le firmament, dépouillé de...
27 février 2019

Clod’Aria (1916 – 2015) : La mère de famille

Clod’Aria (1916 – 2015) : La mère de famille
La mère de famille Et quand elle eut trimé tant trimé tant gratté tant frotté tant râclé qu’elle en devint ridée Et quand elle eut cousu tant cousu tant rabattu décousu recousu qu’elle en devint bossue Et quand elle eut donné tant donné tant distribué...
24 février 2019

Philippe Desportes (1546 – 1606) : « Depuis le triste point de ma frêle naissance...

Philippe Desportes (1546 – 1606) : « Depuis le triste point de ma frêle naissance...
Depuis le triste point de ma frêle naissance Et que dans le berceau pleurant je fus posé, Quel jour marqué de blanc m’a tant favorisé Que de l’ombre d’un bien j’aie eu de la jouissance ? A peine étaient séchés les pleurs de mon enfance Qu’au froid, au...
23 février 2019

Paul – Jean Toulet (1867 – 1920) : « Voici que j’ai touché... »

Paul – Jean Toulet (1867 – 1920) : « Voici que j’ai touché... »
Voici que j’ai touché les confins de mon âge. Tandis que mes désirs sèchent sous le ciel nu, Le temps passe et m’emporte à l’abîme inconnu, Comme un grand fleuve noir, où s’engourdit la nage. (Coples, 53) Les Contrerimes Editions du Divan, 1921 Du même...
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