Jean-Pierre Faye (1925 -) : « Le visage qui va… »
Le visage qui va
voir, est aussi regardé
juste avant qu’il ne lève
les yeux au-devant, et ne soit traversé
- maintenant il est juste
moulé dans la lumière, modelé
du dehors, caressé
le long du cou, de la hanche
et des reins, jusqu’à la confluence
des jambes et du ventre
et jusqu’où il est ventre et corps
mais lève les yeux, ouvre
ce trou dans la distance, le long
des murs chauds ici, rouges
délabrés, marqués de joints écaillés
et jusqu’au fond et aux arbres
au chemin de son, passé et crissé
à peine prenable, ici
elle, confondue
peu à peu avec les murs
assise, fondue dans le ciment
et les grandes écailles tracées et détachées
écoutant longtemps et voyant
appuyée au revers de main, et
ne cessant pas de rester et d’être
durable et dessinée
Couleurs pliées
Editions Gallimard,1965
Du même auteur :
Al Djezaïr (14/12/2015))
Partage des eaux (14/12/2017)
Droit de suite. I (14/12/2018)
« Un peuple s’étend... » (14/12/2019)
Dessin inlassable (14/12/2020)
Sélinonte (14/12/2022)
Je voudrai te connaître (14/12/2023)
Car in – (14/12/2024)
Couleurs pliées (I-V) (14/11/2025)
