Amadou Lamine Sall (1951 -) : « Où es-tu fille de la nuit... »
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Où es-tu fille de la nuit
Les heures cavalent
Et tu sais que je ne suis pas un tardif de la 13ème heure
Car chez nous aux portes de la savane il est écrit que le premier
Pilon est le germe fertile
Et te voilà perdue dans l’ombre entre le toucher et la rosée
Des langues
Et le néant se rit de mes appels balafrés
Où es-tu femme
Dans quel entrepôt de silence es-tu tapie
Et qui te fait l’amour ce soir de Mai
Hier j’ai prêté serment devant ton corps
Pourtant le sachant tourmenté comme mer battue
Hier seulement mes yeux
Parcouraient éperdus ta géométrie irréelle et parfaite
Hier seulement l’amour s’étageait dans ton regard
Et ton corps s’offrait droit tendu
A la droite violence de mon désir torse-nu
Je refuse de céder à la colère au désespoir aux larmes
Car je sais que tu es partie lourde de moi
Moi au plus profond de tes songes
Le temps est venu de vouer le doute aux orties
De proclamer l’amitié de l’errante
Dans le silence porteur de vérité
Je partirai te chercher
Jusqu’aux lieux les plus reculés de l’énigme de l’étoile
Mante des aurores
Nouvelles Editions Africaines du Sénégal, Dakar, 1979,
Du même auteur : « Que je suis las maintenant... » (10/09/2025)