Xie Tiao / 謝朓 (464 – 499) : Je gravis le soir le mont San-Chan...
Je gravis le soir le mont San-Chan
et me retourne vers la capitale
Des berges de la Pa, je contemple Tch’ang-ngan ;
Du district de Ho-Yang, je regarde la capitale...
Un blanc soleil décore les toitures volantes ;
Et l’on distingue bien leurs formes inégales.
Les derniers nuages roses dispersent leur satin ;
Le Fleuve clair est pur comme une soie bouillie.
Des oiseaux, à grand bruit, couvrent les îles printanières ;
Des fleurs multicolores parsèment la terre parfumée.
Il faut partir... Pourtant, longuement je m’attarde ;
Mon trouble, hélas ! suspend notre joyeux banquet,
Jusqu’à l’heureux revoir, quelle inquiète attente !
Mes larmes se répandent, comme neige fondante.
Inévitable nostalgie des coeurs sensibles...
Quels sont les cheveux noirs qui ne changent jamais ?
Traduit du chinois par Wong T’ong-wen
in, « Anthologie de la poésie chinoise classique »
Editions Gallimard (Poésie),1962
Du même auteur :
« Le jour tombe... » (15/07/2020)
Complainte des degrés de jade (15/07/2021)
Tristesse des oiseaux de bronze (15/07/2022)
Celui à qui je pense (15/07/2023)
Contemplation mélancolique au coucher du soleil (15/07/2024)
Partant pour Xuancheng (15/07/2025)