Claude Vigée (1921 -2020) : Les noces de Capri
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Les noces de Capri
Femme, tu vis en moi, double dès l’origine,
Tes pieds contre mes mains, tes seins sous ma poitrine,
Et la douce chaleur de tes reins sous mes flancs
Se perd dans la fraîcheur de nos draps de lit blancs.
Oiseau fou, tu plonges
Plus loin que l’hiver :
Tes ailes s’allongent
Au-delà de la mer.
Dans le creux de l’exil ainsi fleurit la joie :
Autour de notre feu se rompt l’anneau des nuits.
De la maison charnelle où le matin rougeoie,
Obscures, vers la mer, les collines s’enfuient.
La mouette au vent
Trouve sa patrie :
Le soleil levant
Porte notre vie.
Eve, je dors en toi, simple dès l’origine,
Mes pieds contre les tiens, mes bras sur ta poitrine,
Et la douce chaleur de tes reins sous mes flancs
Brûle comme le jour sur la terre au printemps.
Canaan d’exil
Editions Seghers 1962
Du même auteur :
L’eau des sombres abysses (03/04/2015)
La clef de l’origine (03/04/2016)
Noyau pulsant (03/04/2017)
« Entre la terre obscure… » (03/04/2018)
Dans le défilé (27/04/2019)
Passant près d’un banc vide / Ich geh àm e läre bänkel verbéi (27/04/2020)
La fin à l’horizon / Bâll schpeetsummer (27/04/2021)
Pâque de la parole (27/04/2022)
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