Etienne Pavillon (1632 – 1705) : L’Amour sans partage
/image%2F1371599%2F20251210%2Fob_3f228d_2828-2-1.jpg)
L’Amour sans partage
Vous demandez, Iris, pourquoi je vous évite ;
Cessez de vous en étonnez.
Vous avez mille appâts, et mon cœur va trop vite,
Quant il s’agit de se donner.
La liberté me plaît, et vous êtes aimable ;
Je crains le pouvoir de vos yeux.
Malheur à qui les voit ; on assure en tous lieux,
Qu’ils ont fait plus d’un misérable.
Quoi qu’ils semblent promettre à qui voudrait s’offrir,
Comme vous avez l’âme fière,
Il faut en vous aimant s’apprêter à souffrir.
Ce n’est point là mon fait, vous êtes meurtrière,
Et moi, j’ai grand peur de mourir.
Mourir pour vous sans doute est un sort plein de gloire,
Qui porterez mon nom à la Postérité ;
Mais enfin j’aime à vivre ailleurs que dans l’Histoire,
Et ne suis point jaloux de l’immortalité.
.................................................................
Œuvres
Chez Zacharie Chatelain (Amsterdam), 1750