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Le bar à poèmes
2 septembre 2025

Horace / Quintus Horatius Flaccus (65 av. J.-C. - 8 av. J.-C,) : « Le puant Mévius... » / « Mala soluta nauis exit alit... »

Statue d'Horace à Venose (Italie)

Statue d'Horace à Venose (Italie)

 

 

Le puant Mévius (1) s’éloigne sur un bateau


     il a levé l’ancre sous de funestes auspices.


Auster (2), n’oublie pas d’en frapper les deux flancs


     de tes lames hérissées.


Que le noir Eurus (3) disperse sur la mer retournée


     les câbles et les rames brisées ;


que l’Aquilon (4) se dresse aussi grand qu’au sommet des montagnes 


     quand il brise les yeuses tremblantes ;


que dans la nuit noire il ne paraisse aucune étoile amie


     du côté où se couche le sinistre Orion ;


que la mer qui le porte ne soit pas plus tranquille


     qu’elle le fut pour la troupe des Grecs vainqueurs,


quand , après le sac d’Hillion, Pallas tourna sa colère


     contre le vaisseau impie d’Ajax.


Que de sueurs se préparent pour tes marins


     et quelle peur jaune pour toi !


Et ces lamentations si peu viriles


     ces prières à Jupiter hostile,


quand le gouffre ionien aura brisé en mugissant


     la carène sous les cous du Notus (5)  trempé.


Si sur la courbe d’un rivage ton corps, pour eux proie


     excellente, délecte les cormorans,


j’immolerais aux Tempêtes une agnelle


     et un bouc libidineux.

 

 


(1) Nom que Virgile donne à un mauvais poète


(2) Vent du midi


(3) Vent du sud-est


(4)  Vent du nord


(5)  Vent du midi


Traduit du latin par Philippe Heuzé

In, « Anthologie bilingue de la poésie latine »

Editions Gallimard (Pléiade), 2020

Du même auteur : « Trop longtemps le Père... » / « Iam satis terris ... »  (02/09/2024)


Mala soluta nauis exit alite


     ferens olentem Meuium ;


ut horridis utrumque uerberes latus,


     Auster, memento fluctibus :


niger rudentis Eurus inuerso mari


     fractosque remos differat,


insurgat Aquilo, quanrus altis montibus


     frangit trementis ilices,


nec sidus atra nocte amicum appareat,


     quam Graia uictorum manus,


cum Pallas usto uertit iram ab Ilio


     in impiam Ajacis ratem.


O quantus instat nauitis sudor tuis


     tibique  pallor luteus


et illa non uirilis heiulatio,


     preces et auersum ad Iouem,


Ionis udo cum remugiens sinus


     Noto carinam ruperit.


Opima quodsi praeda curuo litore


     porrecta mergos iuuerit,


libidinosus immolabitur caper


     et agna Tempestatibus.


Poème précédent en latin :


Catulle / Caius Valerius Catullus  : « Perle des presqu’îles et des îles, Sirmione... » / « Paene insularum, Sirmio. » (20/02/2025)
 

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