Horace / Quintus Horatius Flaccus (65 av. J.-C. - 8 av. J.-C,) : « Le puant Mévius... » / « Mala soluta nauis exit alit... »
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Statue d'Horace à Venose (Italie)
Le puant Mévius (1) s’éloigne sur un bateau
il a levé l’ancre sous de funestes auspices.
Auster (2), n’oublie pas d’en frapper les deux flancs
de tes lames hérissées.
Que le noir Eurus (3) disperse sur la mer retournée
les câbles et les rames brisées ;
que l’Aquilon (4) se dresse aussi grand qu’au sommet des montagnes
quand il brise les yeuses tremblantes ;
que dans la nuit noire il ne paraisse aucune étoile amie
du côté où se couche le sinistre Orion ;
que la mer qui le porte ne soit pas plus tranquille
qu’elle le fut pour la troupe des Grecs vainqueurs,
quand , après le sac d’Hillion, Pallas tourna sa colère
contre le vaisseau impie d’Ajax.
Que de sueurs se préparent pour tes marins
et quelle peur jaune pour toi !
Et ces lamentations si peu viriles
ces prières à Jupiter hostile,
quand le gouffre ionien aura brisé en mugissant
la carène sous les cous du Notus (5) trempé.
Si sur la courbe d’un rivage ton corps, pour eux proie
excellente, délecte les cormorans,
j’immolerais aux Tempêtes une agnelle
et un bouc libidineux.
(1) Nom que Virgile donne à un mauvais poète
(2) Vent du midi
(3) Vent du sud-est
(4) Vent du nord
(5) Vent du midi
Traduit du latin par Philippe Heuzé
In, « Anthologie bilingue de la poésie latine »
Editions Gallimard (Pléiade), 2020
Du même auteur : « Trop longtemps le Père... » / « Iam satis terris ... » (02/09/2024)
Mala soluta nauis exit alite
ferens olentem Meuium ;
ut horridis utrumque uerberes latus,
Auster, memento fluctibus :
niger rudentis Eurus inuerso mari
fractosque remos differat,
insurgat Aquilo, quanrus altis montibus
frangit trementis ilices,
nec sidus atra nocte amicum appareat,
quam Graia uictorum manus,
cum Pallas usto uertit iram ab Ilio
in impiam Ajacis ratem.
O quantus instat nauitis sudor tuis
tibique pallor luteus
et illa non uirilis heiulatio,
preces et auersum ad Iouem,
Ionis udo cum remugiens sinus
Noto carinam ruperit.
Opima quodsi praeda curuo litore
porrecta mergos iuuerit,
libidinosus immolabitur caper
et agna Tempestatibus.
Poème précédent en latin :
Catulle / Caius Valerius Catullus : « Perle des presqu’îles et des îles, Sirmione... » / « Paene insularum, Sirmio. » (20/02/2025)