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Le bar à poèmes
11 juin 2015

Stéphane Mallarmé (1842 – 1898) : Brise marine

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Brise marine

 

La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.

Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres

D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !

Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux

Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe

Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe

Sur le vide papier que la blancheur défend

Et ni la jeune femme allaitant son enfant.

Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,

Lève l’ancre pour une exotique nature !

 

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,

Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !

Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,

Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages

Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots …

Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots ! 

                                                                                                  1865

  

Du même auteur :  

« Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui… » (11/06/2014)

Le Tombeau d’Edgar Poe (11/06/2016)

L’Azur (28/09/2017)

Sainte (28/09/2018)

« À la nue accablante tu... » (28/09/2019)

Les fleurs (28/09/2020)

Renouveau (22/03/2023)

Apparition (22/03/2024)

 Ses purs ongles... » (22/03/2025)

« Ô si chère de loin et proche et blanche... » 04/08/2025)

Commentaires
B
un peu honteuse je me rends compte que je ne connaissais que le premier vers de ce poème ... que j'attribuais à tord à Rimbaud ( double honte !! )
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Le bar à poèmes
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