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Le bar à poèmes
11 octobre 2026

Magtymguly Pyragy (1724- 1827) : Tu briseras

 

 

 

 

Tu briseras...

 

 

 

Quand la chance se réveille et que la fortune te sourit,

 

Si tu attaques une montagne avec tes molaires, tu briseras les rocs.

 

Mais si le sort t’est contraire  et que ton destin soit amer,

 

Tu te casseras les dents sur un morceau de gelée de fécule.

 

 

 

Si, par peur de la mort, tu te jettes dans l’océan,

 

A quoi bon cette peur, puisque la vie doit te quitter ?

 

Quand la vie a atteint son terme et que la Coupe du Trépas est emplie,

 

Un fétu de pavot suffit à te briser la tête.

 

 

 

Prête l’oreille à tous les propos de celui qui sait !

 

Finalement, le mensonge n’aboutit à rien.

 

Cela augmente les années de la vie, d’attirer sur soi les bénédictions.

 

Mais les malédictions, on ne peut s’en dégager, elles brisent même les jeunes.

 

 

 

Le cœur se réjouit des paroles des sages.

 

L’esprit se plaint des actes des imbéciles.

 

L’éhonté, quand tout va bien, se fait passer pour un sage,

 

Mais, quand surviennent les difficultés, il perd la raison, son moral se brise.

 

 

 

Magtymguly ! Tout rustre qui marche dans la steppe

 

Ne le prends pas pour un grand homme en raison de son âge avancé !

 

Si, dans un repas où l’on est serré, tu lui s un bol de porcelaine,

 

Il n’arrivera pas à en manger le contenu, mais il cassera le bol

 

 

 

 

 

 

Traduit du Turkmène par Louis Bazin et Pertev Boravav

 


in, Magtymguly Pyragy : « Poèmes turkmènes »

 


Jean Picollec Editeur, 2014

 

 

Du même auteur : « Debout ! me dirent-ils... » (11/10/2025)

 

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