Olivier de Magny (1529 – 1561) : « Sur le bord d’un beau fleuve... »
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Sur le bord d’un beau fleuve Amour avait tendu
Un filet d’or tissu d’un excellent ouvrage,
Et là tout seul assis il semblait qu’au passage
Il eut quelque gibier longuement attendu.
J’étais franc et dispos, mais trop mal entendu,
Et mon cœur s’égayait, mal caut (*) par le rivage,
Quand je le sentis prendre et réduire en servage,
Et tout soudain Amour l’emmener éperdu.
Cette belle clarté qui le soleil efface
Reluisait à l’entour, et la main qui surpasse
L’ivoire de blancheur, tenait ce rets ainsi.
Ainsi donc je fus pris, et rempli d’espérance,
De plaisir, de bonheur, et de persévérance :
En si belle prison je demande merci.
(*) mal avisé
Du même auteur :
De l’absence de s’amie (18/06/2015)
Sonnet à Mesme (18/06/2016)
« Gordes, que ferons-nous ? » (18/06/2017)
Au Roi (18/06/2018)
« Je cherche paix... » (18/06/2019)
« Tandis que je me plains... » (22/09/2025)