Olivier de Magny (1529 – 1561) : « Tandis que je me plains... »
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Tandis que je me plains, à l'ombre de ces bois,
De celle qui détient ma franchise égarée,
J'entends le rossignol se plaignant de Térée,
Qui son ramage accorde aux accents de ma voix.
Tous deux diversement nous plaignons toutefois :
Luy, de vengeance ayant toute l'âme altérée,
Moi, au contraire ayant la mienne énamourée
D'une pour qui cent morts en vivant je reçois.
Bien est vrai qu'en trois mois sa complainte s'achève,
Mais la mienne jamais ne prend ni fin ni trêve,
Ainsi dure tout l'an constante en mes travaux
Puis donc que mon tourment à nul autre s'égale,
Finissais-je mes jours, pour finir tant de maux,
Chantant jusqu'à la mort comme fait la cigale.
Du même auteur :
De l’absence de s’amie (18/06/2015)
Sonnet à Mesme (18/06/2016)
« Gordes, que ferons-nous ? » (18/06/2017)
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