Esther Tellermann (1947 -) : « Qui sait encore... »
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Qui sait encore
ce que le vent
soulève ?
Qui sait les abris
creusés dans le souvenir ?
Reste
avec le peuplier
la ciselure
de
ce qui n’est pas dit.
J’avais croisé
votre mélancolie
dans des plis
d’encre des
murmures.
J’avais écouté
en vous
Ophélie.
Ariane
perdues.
En vous
j’avais retrouvé
les gerbes
et la fin.
C’est vrai nous
avions ouvert
les pages
noircies sans
lire dans
les césures ni
les zones grises
l’empreinte
de l’imploration.
Les demeures
où célébrer
le retour
de ce que chacun
supplie.
C’est vrai
je
cherchais
des ombres
derrière les couchants
ceux encore que
je quitte
doucement avec
les anges les
splendeurs fondues
aux mélancolies
arrachent
un commencement.
Soudain il pleut
un jour de colère
nous avions voulu
choisir
la forme
et le songe
nous délivrer
de la faim.
On reportera
les icônes
je ne
le saurai
n’épouserai
sa fable ni
son murmure
garderai
la ciselure.
Il nous fallut encore
marcher
au long des musiques
et de seigles
égrener
les cailloux.
Il nous fallut
encore
promettre
des bords
et des sacrifices
des bouts
d’éternité
vous
que ce jour
effrite.
J’aurai voulu
effleurer
la terre
les plaintes de
dessous
là où sommes
presque
main ne pouvons
reposer.
Là entre
les pôles
avions voulu
tisser
des ciels.
Selon les sources
Editions Flammarion, 2024
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