René Char (1907 – 1988) : « J’ai ce matin, suivi des yeux Florence …»
J’ai ce matin, suivi des yeux Florence qui retournait au Moulin du
Calavon. Le sentier volait autour d’elle : un parterre de souris se
chamaillant ! Le dos chaste et les longues jambes n’arrivaient pas à
se rapetisser dans mon regard. La gorge de jujube s’attardait au bord de
mes dents. Jusque ce que la verdure, à un tournant, me la dérobât, je
repassai, m’émouvant à chaque note, son admirable corps musicien,
inconnu du mien
Feuillets d’Hypnos,
Editions Gallimard, 1946
Du même auteur :
Congé au vent (07/05/2014)
« La contre-terreur c’est ce vallon… » (02/05/2016)
Se rencontrer. Paysage avec Joseph Sima (02/05/2017)
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Biens égaux (02/05/2022)
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