José Herrera Petere (1909 – 1977) : « O poètes sans terre... » / « ! Oh poetas sin tierra... »
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Foto: acerodemadridpetere.wordpress.com
O poètes sans terre comme moi condamnés
à griffer leurs mots dans les rocs
au rouge crépuscules des journées de fatigue,
durs rocs sanglants où les mains apparaissent
qui voudraient voir et se hissent et défaillent.
Poètes traqués contre le marbre noir ;
contre le mur d’une banque de glace !
L’argent bleu mugit comme les noirs taureaux
de l’hiver tapi dans les pentes nord,
murmure la gorge tremblante
de la poésie au désert
contre le vert-de-gris
des heures stagnantes,
voix sur la vase d‘eau douce
tu nous dis que l’histoire continue
de l’Arve jusqu’à la mer
et de l’Arve à Tolède.
Traduit de l’espagnol par Willy Borgeaud et Charles Mouchet
in, «Ressac, Anthologie jeune poésie »
Régis Dupont éditeur, Genève, 1980
Du même auteur :
Arbres / Arboles (23/08/2018)
Le voyage secret (15/08/2025)
! Oh Poetas sin tierra como yo condenados
A arañar sus palabras en las rocas
Del rojo anochecher de dias cansados,
Duras sangrientas rocas donde hay manos
Que quieren ver y no llegan al borde !
! Poetas perseguidos contra el muro
De marmol negro de un helado banco !
Brama el dinero azul, los toros negros
Del invierno escondido en las umbrías,
Y temblando murmuran las gargantas
De la poesia en desierto
De la poesia contra el cardenillo
De las horas paradas,
Y sobre el cieno de las aguas dulces
Nos dice que la Historia continúa
Del Arve al mar
Del Arce hasta Toledo.
Poème précédent en espagnol :
Juan de Timoneda : « Puisque le temps est venu... » / « Pues el tiempo se me pasa... » (27/08/2026)