Edith Azam (1973 -) : Bestiole-moi Pupille (4)
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Edith Azam vue par Rania Benhamouda
Bestiole-moi Pupille
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La pénombre découpe...
Perspective macabre.
Les parois ?
De Pupille à Pupille
ce sont des lames de rasoir.
Nul ne sait où :
où les choses se dérangent.
D’une balafre à l’autre
ca fait des plaies
dans le langage.
Pupille la parole :
il n’y a pas de mot
Désert.
Le sable blanc
c’est aussi dans la peau :
Pupille et l’horizon disparaissent
Le Deuxième Homme
ses sanglots...
Et tout se brise
contre la vitre.
Le Fou au centre de la pièce
se striptease à nouveau et
position branlante
se pornographie
à, souhait.
Le sexe dans la main
même la respiration s’abuse.
Il sait qu’écrire s’est perdu.
que tout est foutu pour ce crime
que le meurtre aura lieu :
dans le sexe.
Murée Pupille
et RIEN.
C’est juste un peu de mort
entre les épaules.
Un peu les mains froides du Fou
qui lui vissent les omoplates
resserrent les tendons.
Le corps se rétracte s’épuise
Impossible d’aller plus loin.
Pupille rien
voudrait que ça finisse
mais RIEN :
ne finit pas.
On ne sait plus tout recommence :
le Fou dans l’angle de son rire
ses dents lui font le tour du crâne
et ça le fait hurler.
En face :
Deuxième Homme
gangrené lui aussi.
Pupille tout l’absurde
ça fait trou dans la peau.
Pupille en vrille
fait comme si ne savait pas
que Bestiole s’agrippait.
Ferme les yeux pupille.
Flash :
les-jours-sont-bleus
le-Fou-Deuxième-Homme-qu’importe
des-lilas-dans-la-cour
la-longe-robe-blanche
mais quelque chose ne va pas ;
Pupille :
FLASH :
Intérieur :
nuit.
La fiction se resserre.
Le Deuxième Homme en Fou
miroirs-suicide qui se fracassent
et leur visage se partagent
poussant des cris sauvages
à s’arracher la bouche.
Résoudre l’ennemi
c’est toujours
lui couper la langue.
Parois effondrées sur le sol
l’illusion reste :
verticale.
Pupille pâle mais flash encore
se raconte n’importe quoi
annexe un cas particulier
des horizons sur lignes claires
un champ de fleurs
des amandiers : ...
Mais rien ne tient dans les images.
Pupille la pensée s’effondre
retour aux doutes.
Bestiole au froid.
Et toute la nuit :
dérive.
La nuit
en multiplié
et démentiel le Fou
s’est rasé la cervelle
et rampe sur le sol
tout habillé :
en Deuxième Homme.
Pupille hurle
hurle
hurle...
jusqu’à ne plus s’entendre.
Bestiole
elle
ne cède pas.
Bestiole
à coup de griffes
recoud la gorge de Pupille
qui se vide à blanc :
stupeur.
Le masque fou de Deuxième Homme
reste immobile à ses côtés
hésite à l’approcher encore
l’observe un long moment
et Pupille s’effondre
pose sa tête sur les cailloux
écrit sur ses nerfs des mots simples.
Alors s’enfoncer dans Bestiole
et devenir sa terre
pour lui offrir un creux.
Bestiole déracine et bouleverse
Bestiole sape fondations
e jusqu’à blanchir la mémoire
Bestiole
creuse encore le vide
et vide le vide du vide.
Alors enfin l’espace
juste un peu
pour écrire.
Pupille relève la tête.
Pupille cherche
comment aimer comment
aimer mourir d’aimer...
Ne sait pas l’angle
ce qu’il s’y passe
ne sait plus rien du Fou
oublie le Deuxième Homme.
Les pieds nus elle avance
va rejoindre Bestiole
s’apaise ne dit rien.
Elle sait :
écrire reste inachevé.
Bestiole-moi Pupille
Editions la tête à l’envers 58330 Crux la Ville, 2020
De la même autrice :
Tout Tom tout seul (26/04/2022)
Bestiole-moi pupille (1) (05/10/2023)
Bestiole-moi pupille (2) (05/10/2024)
Bestiole-moi pupille (3) (05/10/2025)