21 novembre 2022

Miguel D’ors (1946 -) : Pluie / Lluva

  Pluie   Pluie.             Pluie qui vient de très loin.                      Son appel obscur sur mes vitres, insistant.                 Il pleut. Dans les rues diffuses et bruyantes je m’éloigne ; je me perds en d’autres pluies qui lentement tombent sur mon passé :... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

07 novembre 2022

Blas de Otero (1916 – 1979) : Au commencement / En el principio

  Au commencement   Si j’ai tout perdu, la vie, le temps, si j’ai tout jeté, comme un anneau, dans la mer, si dans les broussailles j’ai perdu la voix, il me reste la parole.   Si j’ai souffert de la soif et de la faim, de tout ce qui était mien et dont il ne reste rien, si j’ai fauché les ombres, en silence, il me reste la parole.   Si j’ai ouvert les yeux pour voir le visage pur et terrible de ma patrie, si j’ai ouvert les lèvres jusqu’à les déchirer, il me reste la parole.     ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
04 octobre 2022

Claudio Rodríguez (1934 -1999) : Comme le bruissement des feuilles du peuplier / « El dolor verdadero no hace ruido... »

  Comme le bruissement des feuilles du peuplier        La vraie douleur ne fait pas de bruit : elle laisse comme un bruissement de feuilles de peuplier agitées par le vent, une rumeur intime, d’une vibration si profonde, si sensible au moindre frôlement, qu’elle peut devenir solitude, discorde, injustice ou dépit. Je suis là à écouter ses murmures qui, loin de troubler, sont porteurs d’harmonie, si effilés et subtils, avec un tel son de spacieuse sérénité en cette fin d’après-midi, ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 02:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
24 septembre 2022

Carlos Edmundo de Ory (1923 -2010) : « Il semble que l’homme souffre... » / « Parece ser que el hombre sufre... »

  Il semble que l’homme souffre et comme il n’existe pas de balance pèse-souffrance on sait seulement que la douleur est plomb et que malgré tout elle sent le souffre   IL n’existe pas de thermomètre pour dire les degrés de la peine qui toujours vous pèse On sait seulement que la douleur est la mie d’un pain qui n’a jamais garni une table   Quand tu te sentiras mal cherche un recoin Et installe-toi pour y manger la chair crue qui, se trouve dans tes mains et dans tes pieds   Offre un banquet à ton... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
22 septembre 2022

Alfonso Costafreda (1926 – 1974) : Compagne d’aujourd’hui / Compañera de hoy

  Compagne d’aujourd’hui     Compagne d’aujourd’hui, je ne veux d’autre vérité que la tienne, vivre où tes yeux s’ouvriront, offrant ta lumière, ton flux à ce que je vois et sens...   Dénouer cette pelote obscure de la peur, retrouver l’objet perdu, briser la voix du songe...   Et lent, lentement réapprendre à vivre, encore et encore comme une matinée chargée de richesse.   Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet In, « Poésie espagnole, anthologie 1945 – 1990 » ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
09 juillet 2022

José Manuel Caballero Bonald (1926 -) : Transfiguration de la perte / Transfiguración de lo perdido

  Transfiguration de la perte   La musique convoque les images Du temps. D’où m’appellent-elles Pour me ramener Au jour implacable ?                                    Je n’ai rien à moi Sauf ce qui a fui. Fragment Libre d’hier, la mémoire afflue Sur fond de guerre et d’espoir Où tout s’alarme et se transforme En vie, où ma vérité Est en... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 23:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

06 juillet 2022

Miguel de Unamuno (1864 – 1936) : « J’entends le bruissement ... / « Oigo el susurro... »

      J’entends le bruissement de la Mort qui approche, Pas de velours, feutrés comme ceux des pieds nus, Glissement cauteleux tel celui de l’aveugle, Qui flaire en tâtonnant, d’un odorat aigu.   Et quand je sens son aile-main me nimber d’air, Je me recroqueville, en retenant mon souffle ; Puis, tranquille à l’abri du bastion du mystère, Je ferme les paupières et je me laisse aller.   Je fais ainsi le mort, comme le scarabée ; Oh, lâcheté ! car c’est mourir à deux reprises, Et à... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 08:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
02 juillet 2022

Antonio Machado (1875 – 1939) : Aveu / Confesión

  Aveu        Jamais n’ai quêté la gloire, Ni pensé laisser mes chants Dans la mémoire des hommes. J’aime les moindres fluides Et légers et gracieux Telles bulles de savon ; J’aime les voir s’iriser De carmin et de soleil Et voler dans le ciel bleu Et frémir et se briser   Traduit de l’espagnol par Mathilde Pomès in, « Antholologie de la poésie espagnole » Librairie Stock, 1957 Du même auteur :  Il y a eu crime dans Grenade / El crimen fue en Granada... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
18 mai 2022

Angel González (1925 – 2008) : Tout cela n’est rien / Esto no es nada

    Tout cela n’est rien   Si nous avions suffisamment de force pour bien serrer un morceau de bois, il ne resterait entre nos mains qu’un peu de terre. Et si nous avions plus de force encore pour écraser avec toute notre énergie cette terre, il ne nous resterait entre les mains qu’un peu d’eau. Et s’il était possible aussi de comprimer l’eau, il ne resterait alors entre nos mains rien du tout.   Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet, In « Poésie espagnole. Anthologie 1945 –... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
11 mai 2022

Francisco Brines (1932 -) : Vers épiques / Versos épicos

por Ramón Palmeral.   Vers épiques (Virgile à Trapani.)   Presque tout nu sous la flamme du jour Je regarde la mer, solide, ouverte par les bras Vigoureux de nageurs pleins de jeunesse Aux bords de Trapani. Et entourés de gens indifférents, ces deux là-bas Aux yeux ardents, A l’air heureux, à l’écart. Qui chantera l’amour si ce n’est le poète ? De son lieu solaire un jeune, un étranger Vous observe en lumière bienveillante, Et rend grâce à la vie de témoigner de vos beautés.   Ici eut lieu, sous ce... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :