19 décembre 2021

Federico Garcia Lorca (1898 – 1936) : La ballade de l’eau de mer / La balada del agua del mar

  La ballade de l’eau de mer   A Emilio Prados (chasseur de nuages)   La mer Sourit au loin. Dents d’écume Lèvres de ciel.   - Que vends-tu, ô fille trouble, Poitrine découverte ?    - Ce que je vends, c’est l’eau                De la mer.   - Que portes-tu, garçon noir, A quoi ton sang se mêle ?   - Ce que je porte, c’est l’eau ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

04 décembre 2021

Antonio Gamoneda (1931 -) : « Convoquée par les femmes... »

  Convoquée par les femmes, l’aube s’étend comme des branches fraîches : belles sœurs fertiles, mères marquées par la persécution. Il y a une frise d’orties dans le profil du matin ; linceuls tordus à l’excès par des mains brûlées dans la lessive et le désespoir.   Et le jour vint. C’était une rumeur sous les paupières, c’était le bruit du jour naissant. Eau et cristal dans les oreilles enfantines. Des gens translucides arrivent et leurs chansons humidifient le bois du rêve, humidifient le bois des ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
21 novembre 2021

Miguel D’ors (1946 -) : Ville en moi / (Saint-Jacques) / Ciudad en mí (Santiago)

  Ville en moi (Saint-Jacques) Ville étrange, belle et laide à la fois. ROSALIA DE CASTRO, En las orillas del Sar, « Santa Escolastica », III, 1.     Je n’ai pas choisi : j’ai ouvert les yeux et la pluie était la pluie, nuit et pierre, et rien que l’humide reflet d’une lanterne de gemme ; je n’y peux rien si mes rêves ont été peuplés de coups de cloche gris, de mousse, de parapluies liturgiques, de ces nuages de pierre ; et je n’y peux rien si cette mélancolie a été ma patrie de... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
07 novembre 2021

Blas de Otero (1916 – 1979) : Fidélité : Fidelidad

  Fidélité   Je crois en l’homme. J’ai vu des épaules en lambeaux par mille coups de fouet, j’ai vu des âmes aveuglées qui bondissaient (Espagne chevauché par la douleur et par la faim) et j’ai cru.   Je crois en la paix. J’ai vu de hautes étoiles, des horizons luisants porteurs d’aube, embraser les profondes rivières, la puissante force humaine aller vers une autre clarté : j’ai vu, j’ai cru.   Je crois en toi, ma patrie. Je dis ce que j’ai vu : des éclairs de rage, l’amour en berne,... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
04 octobre 2021

Claudio Rodríguez (1934 -1999) : L’embauche des gamins / « Qué estáis haciendo aquí?.. »

Claudio Rodríguez. FOTO L.O.Z   L’embauche des gamins        Que faites-vous ici ? Que faisons-nous tous au centre de la place à cette heure-ci ? Avec ce soleil, qui voudra sortir de chez lui seulement pour voir l’état du marché, pour voir s’il a bonne mine le fruit de notre vie, si ce n’est pas le trop-plein de nos années que nous vendons ? Allez, on ferme ! Courons vers une autre foire, où il y ait un beau marché, où l’on marchande, chaparde, où l’on cueille notre... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
24 septembre 2021

Carlos Edmundo de Ory (1923 – 2010) : Machine de douleur / Máquina de dolor

  Machine de douleur   Mon être est une machine de douleur qui fonctionne depuis un long temps j’ai un moteur moderne dans mes entrailles que personne ne peut entendre ni voir   Je fais un bruit énorme en me réveillant et tout le jour je rejette une horrible fumée comme un train sans freins sur une voie cachée dans un long tunnel sous la mer   Je purge ma peine d’être humain et mon destin est une locomotive qui n’épuise pas sa charge de charbon   La nuit venue je suis une baleine dans un... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

23 juillet 2021

Miguel de Unamuno (1864 – 1936) : Pour après ma mort / Para después de mi muerte

  Pour après ma mort        Vents de l’abîme, rafales d’éternel ont secoué le limon de mon âme : sa face s’est troublée de la tristesse du fond dormant, et mes idées s’écoulent troubles, terreuse ma conscience et terni le cristal où fluent et fuient les formes de la vie et tout est triste de la grande tristesse de ces lies.        Ecoute, toi, qui lis ceci après que je repose dans la terre, alors que moi, qui l’ai écrit, je ne peux plus, dans le miroir, me... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
20 juillet 2021

Antonio Machado (1875 – 1939) : Poésies de la guerre / Poesías de la guerra

Antonio Machado dessiné en 1925 par Leandro Oroz Lacalle    Poésies de la guerre   I Entre nous deux, entre deux mers, la guerre, plus profonde que la mer. En mon jardin je regarde la mer, fermée par l’horizon. Et toi, Guiomar, de ton promontoire,   tu vois une autre mer, la mer d’Espagne, ténébreuse chantée par Camoens. Peut-être, mon absence te tient-elle compagnie ; à moi, déesse, ton souvenir fait mal.   La guerre frappa l’amour d’un coup sauvage. C’est l’entière angoisse de la mort ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
10 juillet 2021

José Manuel Caballero Bonald (1926 -) : Survie / Supervivencia

   Survie   Mousse méphitique, adhérence matinale de l’inerte, jour après jour m’entraînant vers un fond d’éponges rouillées, bulles entêtées balbutiantes, tentacules guettant dans les buissons de la nuit.   A tâtons je touche la lumière, les ailes des heures, j’écoute les vitres du matin qui craquent et prennent feu au centre de mon rêve, au centre.   De lentes ondes me replacent dans l’opaque du jour, je cherche la petite boîte aux herbes, le papier occasionnel des messages. ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
18 mai 2021

Angel González (1925 – 2008) : Sonnet / Soneto

  Sonnet   Là où j’apporte la vie j’apporte aussi le feu de ma passion entière et sans issue. Si l’amour a surgi, j’en ressens la blessure. Et si je montre ma foi, je joue avec ma vie.   Je mets ma vie en jeu, je perds et je recommence, sans ma vie, la nouvelle partie. Déjà je l’ai perdue, je la reperds encore aujourd’hui, je ne m’avoue pas vaincu , je m’obstine   et je joue ce qui me reste : un lambeau d’espérance. Je joue à « toujours va ». Je maintiens mon enjeu. Si le sort dit... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :