02 juillet 2022

Antonio Machado (1875 – 1939) : Aveu / Confesión

  Aveu        Jamais n’ai quêté la gloire, Ni pensé laisser mes chants Dans la mémoire des hommes. J’aime les moindres fluides Et légers et gracieux Telles bulles de savon ; J’aime les voir s’iriser De carmin et de soleil Et voler dans le ciel bleu Et frémir et se briser   Traduit de l’espagnol par Mathilde Pomès in, « Antholologie de la poésie espagnole » Librairie Stock, 1957 Du même auteur :  Il y a eu crime dans Grenade / El crimen fue en Granada... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

18 mai 2022

Angel González (1925 – 2008) : Tout cela n’est rien / Esto no es nada

    Tout cela n’est rien   Si nous avions suffisamment de force pour bien serrer un morceau de bois, il ne resterait entre nos mains qu’un peu de terre. Et si nous avions plus de force encore pour écraser avec toute notre énergie cette terre, il ne nous resterait entre les mains qu’un peu d’eau. Et s’il était possible aussi de comprimer l’eau, il ne resterait alors entre nos mains rien du tout.   Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet, In « Poésie espagnole. Anthologie 1945 –... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
11 mai 2022

Francisco Brines (1932 -) : Vers épiques / Versos épicos

por Ramón Palmeral.   Vers épiques (Virgile à Trapani.)   Presque tout nu sous la flamme du jour Je regarde la mer, solide, ouverte par les bras Vigoureux de nageurs pleins de jeunesse Aux bords de Trapani. Et entourés de gens indifférents, ces deux là-bas Aux yeux ardents, A l’air heureux, à l’écart. Qui chantera l’amour si ce n’est le poète ? De son lieu solaire un jeune, un étranger Vous observe en lumière bienveillante, Et rend grâce à la vie de témoigner de vos beautés.   Ici eut lieu, sous ce... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
20 février 2022

Rafael Alberti (1902 – 1999) : Les enfants de l’Estrémadure / Los niños de Extremadura

  Les enfants de l’Estrémadure   Les enfants de l’Estrémadure vont nu-pieds. Qui leur a volé leurs souliers ?   La chaleur et le froid les blessent. Qui a déchiré leurs effets ?   La pluie trempe leur sommeil et leur lit. Qui a démoli la maison ?   Ils ignorent les noms que portent les étoiles. Qui a donc fermé leurs écoles ?   Les enfants de l’Estrémadure sont sérieux. Qui a dérobé leurs jeux ?   Traduit de l’espagnol par Claude Couffon, in,... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
03 février 2022

José Gutiérrez (1955 -) : Miroir des jours

  Miroir des jours   ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
19 décembre 2021

Federico Garcia Lorca (1898 – 1936) : La ballade de l’eau de mer / La balada del agua del mar

  La ballade de l’eau de mer   A Emilio Prados (chasseur de nuages)   La mer Sourit au loin. Dents d’écume Lèvres de ciel.   - Que vends-tu, ô fille trouble, Poitrine découverte ?    - Ce que je vends, c’est l’eau                De la mer.   - Que portes-tu, garçon noir, A quoi ton sang se mêle ?   - Ce que je porte, c’est l’eau ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

04 décembre 2021

Antonio Gamoneda (1931 -) : « Convoquée par les femmes... »

  Convoquée par les femmes, l’aube s’étend comme des branches fraîches : belles sœurs fertiles, mères marquées par la persécution. Il y a une frise d’orties dans le profil du matin ; linceuls tordus à l’excès par des mains brûlées dans la lessive et le désespoir.   Et le jour vint. C’était une rumeur sous les paupières, c’était le bruit du jour naissant. Eau et cristal dans les oreilles enfantines. Des gens translucides arrivent et leurs chansons humidifient le bois du rêve, humidifient le bois des ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
21 novembre 2021

Miguel D’ors (1946 -) : Ville en moi / (Saint-Jacques) / Ciudad en mí (Santiago)

  Ville en moi (Saint-Jacques) Ville étrange, belle et laide à la fois. ROSALIA DE CASTRO, En las orillas del Sar, « Santa Escolastica », III, 1.     Je n’ai pas choisi : j’ai ouvert les yeux et la pluie était la pluie, nuit et pierre, et rien que l’humide reflet d’une lanterne de gemme ; je n’y peux rien si mes rêves ont été peuplés de coups de cloche gris, de mousse, de parapluies liturgiques, de ces nuages de pierre ; et je n’y peux rien si cette mélancolie a été ma patrie de... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
07 novembre 2021

Blas de Otero (1916 – 1979) : Fidélité : Fidelidad

  Fidélité   Je crois en l’homme. J’ai vu des épaules en lambeaux par mille coups de fouet, j’ai vu des âmes aveuglées qui bondissaient (Espagne chevauché par la douleur et par la faim) et j’ai cru.   Je crois en la paix. J’ai vu de hautes étoiles, des horizons luisants porteurs d’aube, embraser les profondes rivières, la puissante force humaine aller vers une autre clarté : j’ai vu, j’ai cru.   Je crois en toi, ma patrie. Je dis ce que j’ai vu : des éclairs de rage, l’amour en berne,... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
04 octobre 2021

Claudio Rodríguez (1934 -1999) : L’embauche des gamins / « Qué estáis haciendo aquí?.. »

Claudio Rodríguez. FOTO L.O.Z   L’embauche des gamins        Que faites-vous ici ? Que faisons-nous tous au centre de la place à cette heure-ci ? Avec ce soleil, qui voudra sortir de chez lui seulement pour voir l’état du marché, pour voir s’il a bonne mine le fruit de notre vie, si ce n’est pas le trop-plein de nos années que nous vendons ? Allez, on ferme ! Courons vers une autre foire, où il y ait un beau marché, où l’on marchande, chaparde, où l’on cueille notre... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :