14 mars 2015

William Cliff (1940 - ) : Fellations

Fellations   On a le temps oui tout le temps de préparer du thé exactement comme le thé que t’as voulu son goût puisque dehors depuis trois jours de l’eau de l’eau de l’eau ne t’en fais pas je jetterai ce thé on a le temps c’est le wikend feux rouges auto l’amour et l’aventure à quatre murs et toit contre la pluie à toi et moi   D’ailleurs on a du luxe ici et pas une goutte d’eau ne perce le plafond et il fait chaud on a du Brahms du thé sucré toute cette soirée on a le temps on a le temps je te ferai ton lit... [Lire la suite]
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13 mars 2015

Alexandre Sergueïevitch Pouchkine / Александр Сергеевич Пушкин (1799-1837) : « L’astre du jour éteint sa flamme rougeoyante… »

L’astre du jour éteint sa flamme rougeoyante, La mer s’est assombrie sous un brouillard naissant.           Frémis, frémis, voilure obéissante, Bouillonne autour de moi, ténébreux océan.                     Je vois la rive encor lointaine, Le règne merveilleux des terres du Midi, J’y vole, bouillonnant, et je reste interdit, ... [Lire la suite]
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12 mars 2015

Alfred de Musset ( 1810 – 1957) : La nuit de mai

La nuit de mai     La Muse Poète, prends ton luth et me donne un baiser ;  La fleur de l'églantier sent ses bourgeons éclore,  Le printemps naît ce soir ; les vents vont s'embraser ;  Et la bergeronnette, en attendant l'aurore,  Aux premiers buissons verts commence à se poser.  Poète, prends ton luth, et me donne un baiser.     Le Poète Comme il fait noir dans la vallée ! J'ai cru qu'une forme voilée Flottait là-bas sur la forêt.  Elle sortait de la prairie ;  ... [Lire la suite]
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11 mars 2015

Daniel Biga (1940 - ) : Homme né en 1940

Homme né en 1940     - c’était la guerre on a toujours eu peur de tout dans la famille où j’ai grandi en sabots raison de mes pieds plats je mangeais des topinambours de la polenta et des figues séchées Mon père n’était pas grec mais électricien avec un nom du Piémont j’ai aussi le sang d’un berger des Pouilles et d’une princesse monténégresque la tignasse du corsaire maure qui séduit une Catarina Ségurana d’il y a bien longtemps Nous avons des héros morts des couards aussi la gloire nous a salué en plusieurs... [Lire la suite]
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10 mars 2015

Seydou Bâ (19 - ) : Le grand bol du repas / Ndën li

Le grand bol du repas*   Quarante ans que t’es dans la place Le peuple crie, réclame ton départ Toi, tu persistes et tu t’incrustes   A tes complices, cette racaille Tu offres des postes Tu pilles et ouvre tes coffres   Tout de même, ce bol Il est à nous aussi   * il s’agit du grand plat creux rond ou ovale, appelé Ndën li en wolof, que l’on met par terre au milieu des convives.   Traduit du Wolof par l’auteur In, Revue « Hopala, N°41, Décembre 2012- Février 2013 », Quimper   ... [Lire la suite]
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09 mars 2015

Yann-Fulub Follet (1960 - ) : « J’allais, mon ombre était la peur… »

III J’allais, mon ombre était la peur   (il nous fallait marcher par ces chemins creux des mauvaise saisons ; les ronces, prisonnières des talus et des sombres ornières tordaient les pieds dans les sabots, écorchaient le visage les mains étaient devenues bleu nuit, le givre brouillait le regard et rougissait le nez la mort nous guettait à chaque fossé, à chaque douve au détour des barrières de bois et des grillages, derrière chaque arbre était tendu ce fil qui donnait de l’élan à celui qui s’y... [Lire la suite]
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08 mars 2015

Miyazawa Kenji /宮沢 賢治 (1895-1933) : Le matin de la séparation

Le matin de la séparation   Aujourd’hui même, tu t’en vas très loin, ô ma sœur ! il tombe de la neige fondue et dehors il règne une clarté étrange.                     (Va prendre de la neige, s’il te plaît) Des nuages mornes et rougeâtres la neige fondue tombe en flocons détrempés.                     (Va prendre de la neige,... [Lire la suite]
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07 mars 2015

Jean-Paul Kermarrec : (1949 - ) : « Je ne parlerai pas de cette femme… »

Je ne parlerai pas de cette femme je ne la connais pas je sais seulement qu’elle s’apprête chaque matin au tourbillon des jupes des enfants que chaque matin elle se lève vers des soleils collés aux linges et aux murs gras des cuisines embuées chaque matin elle abandonne ses rêves ses épaules montent vers la lumière et font glisser chaque matin la couleuvre des cheveux roux le long de son dos coule une rivière sombre qui vient doucement se perdre sous la neige froissée de la nuit   Je ne parlerai plus de cette... [Lire la suite]
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06 mars 2015

Charles Péguy (1873 -1914) : « Adieu, Meuse endormeuse… »

Portrait par Jean-Pierre Laurens, 1908. Centre Pompidou - Musée national d'art moderne Adieu, Meuse endormeuse et douce à mon enfance, Qui demeures aux prés, où tu coules tout bas. Meuse, adieu : j’ai déjà commencé ma partance En des pays nouveaux où tu ne coules pas.    Voici que je m’en vais en des pays nouveaux : Je ferai la bataille et passerai les fleuves ; Je m’en vais m’essayer à de nouveaux travaux, Je m’en vais commencer là-bas des tâches neuves.    Et pendant ce temps-là, Meuse ignorante... [Lire la suite]
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05 mars 2015

Gil Jouanard (1937 – ) : « Au bout de chaque jour… »

        Au bout de chaque jour, une terrasse de silence, et le verre d’une eau semblable à la musique, cette source et ce crépuscule, soirée de pierres fraîches, et les mots comme du bon pain, circulant dans la voix des arbres. L’herbe du feu dans le fond du ciel ouvre un asile aux regards pensifs.        Il peut arriver aussi qu’au travers de frais éboulis apparaisse en lumière vive cette trace de ce qui fut un instant la forme de la vie et, plus loin, autre forme, plus simple,... [Lire la suite]
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