22 novembre 2015

Jiang He / 江河(1949 -) : Contre-jour

Contre-jour   Création du monde     Lové un arc antique est bandé par le temps qui s’étire à loisir des jours chaotiques, confinés et pourtant sans limites.   l’énorme abeille noire haletante bande la corde au mutisme visqueux lentement tirée elle se met à vibrer sa poitrine peu à peu s’élargit bleuit de mélancolie son âme le quitte le regard lointain s’éveille au matin plaisir lumineux vagues bleues à l’infini pulvérisant l’écume, construire des essaims d’îlots avec langueur chanter le... [Lire la suite]
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21 novembre 2015

Abdourahman Waberi (1965 - ) : Désirs

  Désirs je suis le bruissement du monde le balancement inapaisé entre ici et ailleurs la frondaison muette du cactus le bois rugueux qui recouvre le gecko les rais du caméléon jaune soleil le lit du livre-monde où les pages sont autant des vagues de la quête toujours recommencée   Les Nomades, mes frères vont boire à la Grande Ourse, Editions Pierron, 57200 Sarreguemines, 2000   Du même auteur : Fil blanc, fil noir (06/11/2016)  
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20 novembre 2015

Maurice Bourg (1918 - ) : « Quelques fumerolles couleur de feu… »

  Quelques fumerolles couleur de feu, des falaises transparentes           à force de gel le silence Un silence froid et net comme celui des neiges aucun souffle mais une lumière qui parle sans paroles.   Pour une minéralogie Guy Chambelland, éditeur 1968   Du même auteur : Que vienne la parole (20/11/2016) Lecture (20/11/2017) En venue (20/11/2018)  
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19 novembre 2015

Jean-Fernand Brierre (ou Brière) (1909 – 19992) : Me revoici, Harlem…

  Me revoici Harlem Au souvenir des lynchés de Géorgie victimes du fascisme blanc.   Frère Noire, me voici ni moins pauvre que toi, Ni moins triste ou plus grand. Je suis parmi la foule L’anonyme passant qui grossit le convoi La goutte noire solidaire de tes houles. Voici, tes mains ne sont pas moins noires que nos mains, Et nos pas à travers des siècles de misère Marquent le même glas sur le même chemin : Nos ombres s’enlaçaient aux marches des calvaires. Car nous avons déjà côte à côte lutté. Lorsque je... [Lire la suite]
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18 novembre 2015

Voltaire (1694 -1778) : Adieu à la vie

  Adieu à la vie   Adieu ; je vais dans ce pays D’où ne revint point feu mon père : Pour jamais adieu, mes amis, Qui ne me regretterez guère. Vous en rirez, mes ennemis ; C’est le requiem ordinaire. Vous en tâterez quelque jour ; Et lorsqu’aux ténébreux rivages Vous irez trouvez vos ouvrages, Vous ferez rire à votre tour.   Quand sur la scène de ce monde Chaque homme a joué son rôlet, En partant il est à la ronde Reconduit à coup de sifflet. Dans leur dernière maladie J’ai vu des... [Lire la suite]
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17 novembre 2015

Fernando Arrabal (1932 - ) : Je te salue démente !

    Je te salue démente !     Je te salue démente !   Etrangement parée pour le bal de l’asile Tu désires voler sur les rochers du sort Alors que les furies sont devenues patientes Grace aux nouveaux psychiatres, ces bergers de la haine   Je te salue démente !   Au centre du désert sans baisers, ni caresses Des sectes aux gourous feignant la différence Se disputent l’opium pour asservir l’enfant Que parfume le sang versé par l’innocence.   Je te salue... [Lire la suite]
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16 novembre 2015

Georges – Emmanuel Clancier (1914 - 2018) : A mi–voix

  A mi–voix   Camarade                Camarade Maïakovski La barque de l’amour                disais-tu                          s’est brisée contre la vie quotidienne Mais quelle barque ? ... [Lire la suite]
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15 novembre 2015

Mikhaïl Iourievitch Lermontov / Михаил Юрьевич Лермонтов (1814 - 1841 ) : « De ma geôle ouvrez-moi la grille… »

  De ma geôle ouvrez-moi la grille, L’éclat du jour, donnez-le moi, Avec les yeux noirs d’une fille, Un cheval au panache noir ! Un baiser tendre à la belle Pour commencer, puis en avant, Dès que je bondis sur la selle Dans la steppe, comme le vent !   Sur les barreaux frappe mon poing, La lourde porte reste close, La fille aux yeux noirs est si loin Et dans son palis se repose. Le bon cheval,  parmi les prés S’en va, solitaire et sans bride, Il galope et flâne à son gré, Sa crinière fendant... [Lire la suite]
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14 novembre 2015

Jean Malrieu (1915 -1976) : Saison dorée

    Saison dorée Si c’est l’automne maintenant      C’est bien celui de notre vie, Saison dorée qui permet au fruit mûr de rester intact dans           sa parure L’herbe à peine jaunit      Et le vent messager      Pousse du pied les feuilles sèches.   Gloire ! Dans l’air claquent des fouets.      Les chevaux du temps se cabrent à ma porte      Et , sur le... [Lire la suite]
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13 novembre 2015

José Emilio Pacheco (1939- 2014) : Les ruines de Mexico (Elégie du retour) / Las ruinas de México (Elegia del retorno)

  Les ruines de Mexico (Elégie du retour) « Tout à coup, la terre fut violemment secouée… » Actes des Apôtres, 16 :26   « Je retournerai à la ville que j’aime le plus après tant de malheur, mais je ne serai plus qu’un étranger dans ma ville. » Luis G. Urbina : Elegia del retorno, (1916)   1 Absurde est la matière qui s’écroule, la matière pénétrée de vide, la creuse. Non : la matière ne se détruit pas, la forme que nous lui donnons se désagrège, nos œuvres se... [Lire la suite]
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