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J’aime au linge associer la guêpe

Surtout si l’été fut clair et l’ombre striée

Par les fentes des volets. Le sang court plus vite

Dans les vaisseaux et on voit mieux les taches

Sur la peau des vipères. Même les ronces deviennent

Venimeuses, les femmes descendent vers la rive

Et regardent dans l’eau trembler leur corps

Parmi les peupliers. Le linge à cause des guêpes

Se fait ruche et guêpière, lacère les hanches,

Sur la mousse s’amoncelle et débordant des brouettes

Livre au courant ses taches, ses lunes, ses bouillons.

 

                                          *

Abandonne aux rivières le serpent et le linge

Au chariot la moisson, tes jambes aux brindilles

Laisse le feu couver et que l’oiseau s’envole

Déchire dans la croisée l’aptère qui s’y love

Plumes à l’orient fleuves au baldaquin

Tombant comme des cordes, vergers

Où les filles mûrissent et voient le jour

D’un arc à l’horizon voler comme une flèche lente

Dans le baquet des forges

Pal d’une licorne, jardin, défi,

Jeux de bague dont les mayas s’éprirent

Amour et mort balle et colombe.

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(Portrait avec des donateurs)

 

Poésie 1, N°34, Novembre-Décembre1973

Librairie Saint-Germain-des-Prés, Editeur, 1973

Du même auteur :

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