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Le corps interroge l’âme

 

Te souviendras-tu de moi après ma mort ?

Te souviendras-tu du visage que tu avais

lorsque tu habitais ma chair et que j’étais

la demeure de tes nuits et de tes jours ?

 

Libérée du temps et de l’espace

à quel moment te languiras-tu de moi ?

et dans quel lieu prendras-tu le temps de te souvenir

de l’amour avec son miel et ses poisons ?

 

Âme qui te dissous dans le tout

quand perdue dans l’incommensurable

tu penseras à moi  je serai cendres

 

Tu regretteras mon cœur de boue

et désireras impudique et soumise

être de nouveau matière périssable

 

Traduit de l’espagnol par Josiane Gourinchas

Cheyne éditeur, 43400 Le Chambon-sur-Lignon, 2016

 

El cuerpo le pregunta al alma

 

¿Te acordarás de mí cuando me muera?

¿Recordarás la cara que tenías

cuando habitabas en mi carne y yo era

morada de tus noches y tus días?

 

Liberada del tiempo y del espacio

¿en qué momento me echarás de menos?

¿y en qué lugar recordarás despacio

al amor con su miel y sus venenos?

 

Alma que te disuelves en el todo

cuando perdida en lo inconmensurable

sueñes conmigo yo seré ceniza

 

Extrañarás mi corazón de lodo

y anhelarás impúdica y sumisa

ser otra vez materia deleznable

 

 

Apariciones profanas,

LOM Ediciones, Santiago (Chili), 2002 / Ediciones Hiperión, Madrid (Espagne), 2002

Poème précédent en espagnol :

Francisco Brines : « Le balcon donne sur le jardin... »  / « El balcón da al jardín... » (11/05/2020)

Poème suivant en espagnol :

Olvido Garcia Valdés (1950 -) : « Sur le point de se briser... » / « A punto de quebrarse... » (01/08/2020)