30 mars 2018

Eugène Guillevic (1907 – 1997) : Bergeries

  Bergeries   Suppose   Que je vienne et te verse Un peu d’eau dans la main   Et que je te demande De la laisser couler   Goutte à goutte Dans ma bouche.       Suppose   Que le vol d’un oiseau Nous invite au voyage   Et que je te demande De nous blottir en lui   Pour avec lui voler A travers ta pénombre.       Suppose   Que près de toi mes jours Aient un cours trop rapide   Et que je te demande De faire de mon temps ... [Lire la suite]
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29 mars 2018

Lorand Gaspar (1925 - 2019) : Nuits

  Nuits   Un soir devant la cheminée à Sain-Rémy-du-Val Pour Hédi   craquements épars décousus hérissés du bois de loin en loin le tracé rouge d’un tir les éclats   d’une langue oubliée ou qui sait à l’état de tessons, bris de bonds, de rumeurs et de vents stellaires ou le simple froissement de nos silences   prennent-ils feu aussi à un moment ces flammes sont-elles comme une danse qui cherche ses racines dans la nuit vécues, senties au long d’une vie   dehors la nuit est blanche,... [Lire la suite]
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24 mars 2018

Pierre Dalle Nogare (1934 -1984) : « Tu es clos dans ta chair… »

  Tu es clos dans ta chair. Les mots te lèchent Le squelette, Tu vois Loin de ton œil Des nerfs, des muscles, Des organes. Quelqu’un En toi se fracasse Et tu es déchiré Entre paupières et mémoire. Tu es debout Avec la clameur de tes Toi : Alors je te romps, Te parle de l’essaim Des neiges Et ma main touche la Nuit. * Là, en sommeil, Un corps existe A détruire la Nuit : Tu marchais en moi La grande épousée, Ta douceur était une ronce Et loin des forêts Des portes closes se levaient. Tu... [Lire la suite]
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21 mars 2018

Clément Marot (1496 – 1544) : « Lorsque Maillart… »

  « Lorsque Maillart, juge d'Enfer, menait À Monfaucon Semblançay l'âme rendre,À votre avis, lequel des deux tenait Meilleur maintien ? Pour le vous faire entendre, Maillard semblait homme qui mort va prendre Et Semblançay fut si ferme vieillard Que l'on cuidait(*), pour vrai, qu'il menât pendre    (*) pensait À Montfaucon le lieutenant Maillart. »     Du même auteur : Le Beau Tetin (21/0303/2015) « Plus ne suis… » (21/03/2016) De sa grande Amie (21/03/2017) ... [Lire la suite]
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20 mars 2018

Charles d’Orléans (1394-1465) : « Jeunes amoureux nouveaux… »

  Jeunes amoureux nouveaux, En la nouvelle saison, Par les rues, sans raison Chevauchent faisant les sauts.   Et font saillir des carreaux Le feu, comme de charbon : Jeunes amoureux nouveaux En la nouvelle saison.   Je ne sais si leurs travaux Ils emploient bien ou non ; Mais piqués de l'éperon Sont autant que leurs chevaux, Jeunes amoureux nouveaux.   Du même auteur : « Le temps a laissé son manteau… » (20/03/2015) « Ma seule amour… » (20/03/2016) « Nouvelles... [Lire la suite]
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19 mars 2018

Jeanine Baude (1946 -) : Plaisirs d’O

  Plaisirs d’O   Ne rien laisser qui ne s’écoule sans sertir du doigt     cette pâle lueur d’entre les ombres ce reflet rond     cette goutte de sueur sur les hanches.   Appelants, appelés     et jusqu’aux lèvres porter cette eau     perles odorantes qui roulent de points cardinaux en points cardinaux.   De la bouche et des yeux, le ciel se déformant dépliant son essor     Le cavalier chevauchant... [Lire la suite]
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18 mars 2018

Francis Jammes (1868 – 1938) : Prière pour avoir la foi dans la forêt

  Prière pour avoir la foi dans la forêt     Je n’espère plus rien, mon Dieu, je me résigne. Je me laisse aller comme la courbe des collines. Je sens la nuit sur moi comme elle est sur les champs, quand le soleil s’éteint, le soir, comme une lampe. Je ne vois plus en moi. Je suis comme le soir qui fait qu’on ne voit plus les faneuses d’azur à travers la prairie des pensées de mon âme. Je voudrais être pareil au joli matin où, dans la rosée rose, se peignent les lapins. Je n’espère plus rien, mon Dieu,... [Lire la suite]
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16 mars 2018

Henri de Régnier (1864 – 1936) : Le jardin mouillé

  Le jardin mouillé   La croisée est ouverte ; il pleut Comme minutieusement, À petit bruit et peu à peu, Sur le jardin frais et dormant.   Feuille à feuille la pluie éveille L'arbre poudreux qu'elle verdit ; Au mur, on dirait que la treille S'étire d'un geste engourdi.   L'herbe frémit, le gravier tiède Crépite et l'on croirait là-bas Entendre sur le sable et l'herbe Comme d'imperceptibles pas.   Le jardin chuchote et tressaille, Furtif et confidentiel ; L'averse semble maille à... [Lire la suite]
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15 mars 2018

Jean-Paul Guibbert (1942 -) : Stèle d’un mystique étranger

  Stèles d’un mystique étranger   Celui  qui  dort ne dort pas, celui qui meurt ne  meurt  pas. Passant  qui passe, ne passe pas, n’éveille pas, ne recherche pas mes trois âmes ! Observe  le  milieu  du   monde,  entrouvre délicatement  les gouttes de  ce jour, enlève les fruits en secret, garde-les dans tes mains fermées  et  garde-toi.  Fais   de   ton   doigt posé le signe de te taire et tu... [Lire la suite]
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12 mars 2018

Claude Esteban (1935 -2006) : « Dans le vide qui vient… »

  Dans le vide qui vient   là où s’offusque l’ombre intermédiaire          un autre arbre jaillit        poussière du soleil   sans branches sans échos de haches, sans brisures.        Et cet embrasement de l’air plus rude que nos feux. * Surgir plus haut que l’air.          Vos racines ont pourri dans la poussière opaque ... [Lire la suite]
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